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Tout savoir sur les IST : causes, symptômes, dépistage et traitements

Tout savoir sur les IST : causes, symptômes, dépistage et traitements

Le terme IST est l’abréviation d'infection sexuellement transmissible. Les IST se transmettent au cours des rapports sexuels. Elles sont nombreuses et variées : petit tour d’horizon des plus fréquentes.

MST vs IST : pourquoi a-t-on changé de définition ?

L’OMS recommande désormais l’emploi de l’expression "infection sexuellement transmissible" plutôt que "maladie sexuellement transmissible".

Le terme de “maladie” sous-entend l’existence de symptômes. Or, il n’est pas rare de contracter une infection sans avoir de symptôme, au moins au début, voire tout au long de l’infection. L’infection n’en reste pas moins transmissible.

L’objectif est d’encourager le public à se faire dépister même en l’absence de symptôme, suite à des expositions ou des prises de risque.

IST : Définition des infections sexuellement transmissibles

Les infections sexuellement transmissibles sont, comme leur nom l’indique, des infections qui peuvent se transmettre lors de rapports sexuels. Certaines de ces infections peuvent être également transmises par d’autres voies. Précisons que les IST sont transmissibles par n’importe quelle pratique sexuelle (pénétration anale, vaginale ou sexe oral).

Quels sont les facteurs de risque ?

S’agissant d’infections sexuellement transmissibles, le principal facteur de risque est le rapport sexuel non protégé.

Bien sûr, la multiplication des rapports non protégés augmente le risque. Par exemple, si l'on a 2 % de chance d’être infecté par une IST lors d’un rapport non protégé avec un individu porteur (chiffre fictif qui varie selon les IST) le fait d’avoir 10 rapports non protégés porte la probabilité à 20 %.

On peut également préciser que la multiplication des partenaires avec lesquels un individu à des rapports non protégés augmente également le risque.

Quelles sont les principales protections contre les IST ?

La seule réelle protection reste à ce jour le préservatif. Le préservatif masculin est le plus répandu, mais le préservatif féminin est tout aussi efficace. La technique du retrait n’est pas du tout efficace puisque les IST sont transmissibles par beaucoup d’autres fluides que le sperme (sécrétions vaginales, liquide pré-séminal...).

IST n°1 : la syphilis

La syphilis est une infection sexuellement transmissible causée par une bactérie appelée Treponema pallidum.

Elle était très répandue avant le XXe siècle. Fort heureusement, la découverte des antibiotiques a considérablement fait reculer cette infection au cours du siècle dernier. On observe cependant, comme pour la plupart des IST, une recrudescence de la syphilis depuis le début des années 2000.

La syphilis se développe en 3 phases. Les symptômes évoluent au cours de ces 3 phases. Il existe également des cas de syphilis latente, c’est-à-dire d’infection sans symptôme.

Les différentes phases de la syphilis

La syphilis est précoce dans la première année de l’infection. On peut donc avoir une syphilis latente précoce, c’est-à-dire une syphilis sans symptôme dont l’infection est de moins d’un an. La catégorie syphilis précoce inclut également les syphilis avec symptôme en phase primaire et secondaire.

La syphilis primaire survient entre 3 semaines et 3 mois après le rapport contaminant. Le symptôme principal est l’apparition d’un ou plusieurs chancres (une ulcération de la peau ou d’une muqueuse). Le chancre est un bouton présentant une lésion indolore qui s’ulcère et disparaît en quelques semaines.

Dans la plupart des cas, il n’y a qu’un seul chancre. Ce dernier peut se situer sur les zones génitales (organes génitaux, pénis, gland, testicules, grandes lèvres, muqueuse vaginale, clitoris, col utérin) mais il peut également apparaître ailleurs (dans la bouche en particulier sur les amygdales ou la langue, sur l’anus).

La phase secondaire survient entre un mois et un an après le rapport contaminant. Lors de la phase secondaire, la maladie cause de nombreuses lésions cutanées et sur les muqueuses dont certaines peuvent être contagieuses. On peut également observer : des ganglions gonflés mais indolores, une fatigue anormale, de la température et des maux de tête.

Lorsque cette phase n’entraîne toujours pas de consultation et donc de traitement, les symptômes finissent par disparaître. Après quelques mois ou années d’inactivité, la maladie se réveille pour passer en phase tertiaire. Les atteintes sont alors variées : neurologiques, hépatiques, cardiaques, digestives, rénales, buccales et psychiatriques.

Le dépistage de la syphilis se fait par une sérologie TPHA VDRL (analyse sanguine) et le traitement par antibiotique est très efficace.

IST n°2 : la chlamydia

La chlamydia est une infection sexuellement transmissible causée par des bactéries : les Chlamydiae trachomatis. La chlamydia est en première place des 4 IST les plus fréquentes en France et en Europe. En 2016, on recense plus de 316 000 cas, un chiffre en forte augmentation (3 fois plus de cas en 2016 qu’en 2012).

Une des principales particularités de l’infection à chlamydia est qu’elle est très souvent asymptomatique. En effet, chez 70 % des femmes et 50 % des hommes infectés, il n’y a pas de symptôme. Les personnes ne savent donc pas qu’elles sont infectées et contagieuses.

C’est pourquoi des dépistages réguliers sont vivement recommandés pour les personnes sexuellement actives.

Les jeunes représentent la population la plus touchée, probablement en raison de la multiplicité des partenaires et d’une baisse de l’utilisation du préservatif.

Voici cependant la liste des principaux symptômes.

Chez la femme :

  • Douleur dans le bas-ventre.
  • Des écoulements vaginaux inhabituels et éventuellement malodorants.
  • Sentiment de brûlure lors de la miction (en urinant).
  • Des saignements du vagin sans rapport avec les menstruations.
  • Des écoulements anormaux de l’anus.

Chez l’homme :

  • Sensation de brûlure en urinant.
  • Gonflement et douleurs au niveau des testicules.
  • Démangeaisons au niveau de l’urètre.

Le dépistage de l’infection à chlamydia se fait par prélèvement local chez la femme et par analyse d’urine chez l’homme.

Le traitement se fait par administration d'antibiotiques, soit en prise unique soit par un traitement de 7 jours. Le traitement est très efficace. Dans de rares cas, l’infection persiste ; c’est pourquoi il est recommandé de refaire un dépistage quelques mois après le traitement.

IST n°3 : l'herpès génital

Contrairement aux deux infections précédemment mentionnées, l’herpès génital n’est pas causé par une bactérie, mais par un virus. Une fois ce virus contracté, il est impossible de s’en débarrasser. Le sujet en reste porteur à vie.

S’il n’existe pas de traitement permettant de supprimer le virus de l’organisme, il existe en revanche des traitements permettant de réduire considérablement les manifestations de l’herpès génital chez la femme ou de l’herpès génital chez l'homme.

L’herpès génital est une maladie chronique qui fonctionne par “poussées. Les symptômes apparaissent et finissent par disparaître. C’est au cours de ces poussées que le sujet est contagieux. Il faut noter qu’il existe des cas de poussée asymptomatique. Dans ces cas, le virus se multiplie dans l’organisme, mais il n’y a pas d’herpès apparent. Le sujet est tout aussi contagieux au cours des rapports sexuels. La majorité des contagions se font d’ailleurs au cours de ces poussées asymptomatiques.

Le virus de l’herpès survit très peu de temps en dehors du corps humain, les transmissions par linge souillé ou siège des toilettes ne sont donc pas possibles.

On estime que 20 % de la population française est porteuse du virus de l’herpès génital et que 80 % des personnes infectées ignorent l’être. Parmi les personnes infectées qui ignorent l’être, 20 % n’ont pas de symptôme apparent, 60 % ont eu des symptômes sans donner lieu à un diagnostic.

Il existe un traitement par voie orale. Il est recommandé de consulter un médecin et ne pas tenter de se soigner soi-même avec les produits disponibles en vente libre. En effet, il y a de nombreuses contre-indications et un mauvais usage peut faire empirer la maladie.

IST n°4 : le VIH

Le VIH est un virus. VIH est l’abréviation de virus d’immunodéficience humaine. Il s’agit plus précisément d’un rétrovirus et il est responsable de la maladie du sida (stade final de l’infection).

Un rétrovirus est un virus qui a la capacité d’intégrer son génome à celui de sa cellule hôte. Ces mutations génétiques en font un virus contre lequel il est particulièrement difficile de mettre au point un vaccin.

Le VIH détruit le système immunitaire de la personne infectée. Les modes de transmission de VIH sont de 3 types : transmission sanguine, voie sexuelle, et materno-infantile.

En ce qui concerne la transmission sexuelle, les rapports anaux avec éjaculation sont les plus à risque suivi des rapports anaux sans éjaculation.

En France, il existe une prévalence chez les hommes homosexuels qui sont une population particulièrement à risque, mais le risque de transmission hétérosexuel est bien existant.

Le dépistage du virus se fait par une sérologie VIH. Le test de dépistage peut se faire dans :

  • Un laboratoire d’analyses médicales ;
  • les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic du VIH, des hépatites virales et autres IST (CeGIDD) ;
  • des centres associatifs contre le VIH et l’hépatite C (VHC) ;
  • chez soi, avec un autotest VIH que l’on peut se procurer en pharmacie ou dans des associations.

Depuis la découverte du VIH dans les années 80, la recherche a considérablement progressé. On ne sait toujours pas annihiler totalement le rétrovirus, mais le traitement par trithérapie a considérablement augmenté l’espérance de vie des patients. On considère aujourd’hui que l’espérance de vie d’une personne infectée et traitée dépasse les 70 ans.

Le traitement du VIH diminue également considérablement la contagiosité des patients.

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Prévention du VIH : comment fonctionne la PrEP ?

Outre le port du préservatif, il existe un autre moyen de prévention contre le VIH : la Prophylaxie Pré-Exposition ou traitement PrEP

La PrEP consiste en la prise d’un traitement antirétroviral. La présence d’antirétroviraux dans l’organisme permet d’empêcher l’installation du rétrovirus en cas d’exposition. Ainsi, vous gardez un résultat de sérologie HIV1 et HIV2 négatif, même en cas de contact avec le virus.

Ce traitement est recommandé pour les populations particulièrement à risque de contracter le virus. En France, il n’est disponible que sur ordonnance. La prescription de la PrEP peut se faire par n’importe quel médecin, généraliste ou hospitalier. Le traitement s’accompagne d’un suivi médical renforcé : test IST, bilan rénal, dialogue autour des effets secondaires de la PrEP, etc. Par ailleurs, le prix de la PrEP est remboursé à 100 % par la sécurité sociale. 

IST n°5 : la gonorrhée

On parle aussi de gonococcie, il s’agit d’une infection causée par une bactérie appelée Neisseria gonorrhoeae ou Gonocoque. Dans le langage populaire, on parle de “chaude-pisse”.

Les femmes ne présentent pas de symptôme dans 70 % des cas. Sinon, les symptômes sont les suivants :

  • Écoulement vaginal jaunâtre, parfois saignement.
  • Douleur pelvienne.
  • Douleur pendant les relations sexuelles.
  • Sensation de brûlure pendant la miction et difficulté à uriner.

Chez les hommes, les symptômes sont plus évidents :

  • Écoulement purulent par l’urètre.
  • Sensation de brûlure en urinant.
  • Douleur et gonflement des testicules.
  • Douleur et écoulement du rectum.

La gonorrhée se transmet à l’occasion des rapports sexuels, oraux, vaginaux ou anaux. Les vecteurs de la transmission sont donc les sérums biologiques et les muqueuses. La gonorrhée, à l’instar de la chlamydia, est rarement transmise par cunnilingus.

La gonorrhée peut également être ano-rectale en cas de rapports anaux. Les symptômes sont alors :

  • Démangeaisons au niveau anal.
  • Écoulement au niveau de l’anus.
  • Gonflement de l’anus.
  • Diarrhée.
  • Saignement de l’anus.
  • Gêne lors de la défécation.

Le dépistage de la gonorrhée se fait par prélèvement local. Le prélèvement n’est pas douloureux. Une fois dépistée, la gonorrhée est traitée par antibiotiques.

IST n°6 : l’hépatite B

L’hépatite B (VHB) est une infection virale qui touche le foie. Le virus de l’hépatite B est transmissible par le sang et les fluides sexuels. Il est capable de survivre au moins 7 jours en dehors du corps humain.

L’hépatite B est une maladie très largement asymptomatique. Après une période d’incubation de 2 à 6 mois, l’individu infecté entre dans une phase dite aiguë de développement de la maladie qui est dans 90 % des cas sans aucun symptôme. Dans les cas où des symptômes apparaissent, les individus présentent d’abord des symptômes grippaux suivis quelques jours plus tard d’une jaunisse. Les urines deviennent alors foncées et on note une grande fatigue et des démangeaisons.

Évolution de l’hépatite B

Dans une grande partie des cas, l’organisme réussit à se débarrasser tout seul du virus et l’individu est guéri.

Toutefois, il est possible (1 % des cas) que lors de sa défense contre le virus, l’organisme soit trop agressif. En tentant de détruire le virus, il détruit également le foie en lui-même. On parle alors d’hépatite fulminante. Une greffe de foie en urgence est la seule issue viable pour le patient.

Dans 10 % des cas, la guérison de l’hépatite B n’est pas totale. L’organisme a combattu le virus, mais n’a pas réussi à l’éliminer complètement. La maladie évolue alors en hépatite chronique.

Par ailleurs, dans le cas de l’hépatite chronique, la maladie revient régulièrement. Un tiers des porteurs chroniques sont asymptomatiques ; le virus est présent dans leur organisme, mais inactif. Pour les deux tiers restants, la maladie peut évoluer en cirrhose, ce qui peut amener à terme à un cancer du foie.

Le dépistage de l’hépatite B se fait par une sérologie.

Il existe des traitements pour l’hépatite chronique qui permettent de bloquer certains mécanismes de reproduction du virus. On cherche alors à ralentir au maximum la progression du virus.

Les cas de transmission sexuelle représentent 5 % des transmissions.

Dépister les IST : comment et où se faire dépister ?

Le dépistage des IST peut se faire de plusieurs manières :

  • En centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic du VIH, des hépatites virales et autres IST (CeGIDD). Il est possible d’y faire un dépistage anonyme.
  • Dans un laboratoire d’analyses médicales, après consultation chez un médecin (médecin traitant, sexologue, gynécologue, urologue ou dermatologue selon les cas).
  • Pour le dépistage du VIH, il existe des tests VIH en pharmacie que l’on peut faire chez soi.

Les infections sont nombreuses et les cas asymptomatiques ne sont pas rares, c’est pourquoi un dépistage régulier est conseillé. Le dépistage des IST peut aussi se faire à l'occasion d'un examen médical complet de l'homme régulier.

De plus, il existe d’autres IST dont nous n’avons pas parlé : la trichomonase, la mycose du pénis, etc. Parmi elles, on retrouve le papillomavirus. Il s’agit d’une infection due au HPV, le Human Papilloma Virus, qui cause souvent l’apparition de verrues génitales ou condylomes. Cette infection génitale est la principale cause de cancer du col de l’utérus chez la femme.

De même, la chlamydia mal soignée peut entraîner une stérilité.

On comprend donc que les IST peuvent avoir des conséquences dramatiques. Il est alors très important d’effectuer des dépistages réguliers pour permettre un diagnostic précoce et une meilleure prise en charge.

Quand consulter un médecin ?

Il est recommandé de consulter un médecin le plus rapidement possible après un rapport à risque. Pour certaines infections génitales, il existe des traitements préventifs et leur efficacité dépend directement du délai entre la contamination et la prise du traitement. C’est le cas du VIH : en cas d’exposition récente au virus (jusqu’à moins de 48h avant, mais moins 4h dans l’idéal), il est possible de recevoir un TPE, Traitement Post-Exposition. Il permet ainsi de bloquer l’infection et la séroconversion.

Les personnes ayant une multiplicité de partenaires sont aussi encouragées à effectuer régulièrement des dépistages.

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