PrEP : qu’est-ce que c’est ?

Consultation médecin sexologue

La PrEP est l’abréviation de ProphylaxiePré-Exposition; littéralement, prophylaxie signifie l’ensemble des mesures à prendre pour prévenir une maladie et pré-exposition que le traitement doit être pris avant (ou après) une prise de risque.

Ce traitement est uniquement prescrit dans le cadre d’une stratégie de réduction de risque de contamination par le VIH.

La PrEP est un médicament antirétroviral et son utilisation doit être périodique, si vous vous exposez à des risques de contamination.

Ce traitement nécessite un suivi médical en matière de santé sexuelle.

Son efficacité fut démontrée à travers plusieurs recherches aux Etats-Unis (Iprex ole), au Kenya et en Ouganda (Partners Prep), en France et au Canada (ANRS-Ipergay) ou encore au Royaume-Uni (Proud).

La PrEP est recommandée en France depuis 2015.

La PrEP : comment ça fonctionne ?

La PrEP est un traitement préventif adressé aux personnes non-infectées par le VIH. Le médicament à prendre peut être adressé aux hommes et femmes à partir de l’âge de 15 ans.

Il est particulièrement recommandé pour les personnes exposées à cause de leurs pratiques à risque. Ce traitement doit réduire le risque d’infection mais le préservatif reste encore la meilleure protection contre le VIH.

Un risque de contamination est donc toujours présent, même avec ce traitement, et contrairement au préservatif, la PrEP ne protège pas des autres IST (syphilis, chlamydiae, herpès génital…). Les autres infections par le sang sont également toujours possible, telle que l’hépatite C.

La PrEP est donc un traitement complémentaire à but préventif ; il ne faut absolument pas remplacer le préservatif par ce traitement, au contraire, il doit être associé.

De plus le préservatif protège également d’une éventuelle grossesse indésirée.

La PrEP : sur quoi repose sa stratégie ?

Elle repose sur sa complémentarité avec les autres stratégies visant à réduire les risques de contamination par le virus du VIH. Notamment :

  • Un dépistage régulier du VIH et des autres IST (et leur traitement)
  • Une sensibilisation en matière de pratiques sexuelles
  • Le traitement post-exposition (après une prise de risque) et le traitement des personnes infectées
  • Le risque de transmission à une personne non-infectée
  • En cas de prise de drogue : un matériel à usage unique

La PrEP doit être impérativement prescrite par un médecin qui évalue les risques de contamination et les éventuelles contre-indications chez le patient.

Conseils et soutien sont indispensables pendant le traitement, en plus de la démarche de santé sexuelle globale.

Ne pas confondre la PrEP avec le TPE ou le TASP

En effet, la PrEP n’est pas le traitement post-exposition (TPE).

Le TPE doit être pris dans les 48 heures maximum après une prise de risque, puis tous les jours pendant un mois.

Concernant le TASP ou « treatment as prevention », il s’agit des traitements des personnes infectées par le VIH.

Si ces personnes suivent correctement leur traitement, la quantité de virus dans le corps devient si faible qu’on parle de « charge virale indétectable ».

Aucune transmission du VIH n’a été détectée si la personne présente une charge virale indétectable depuis au moins 6 mois, même lors de rapports sexuels sans préservatif.

La PrEP : quel est le public concerné ?

La PrEP s’adresse à toute personne de plus de 15 ans exposée à un risque de contamination par le VIH à cause de ses pratiques.

Les principales personnes exposées sont les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes ou des personnes transgenres, présentant ces différents critères :

  • notamment en cas de rapports anaux sans préservatif avec des partenaires sexuels différents au cours des 6 derniers mois
  • Une personne infectée sexuellement au cours des 12 derniers mois
  • Si une personne a eu recours au TPE du VIH dans les 12 derniers mois
  • En cas de prise de drogues récréatives pendant un rapport sexuel

D’autres personnes sont exposées au cas par cas :

  • Un échange de seringue et l’usage de drogue
  • Les travailleurs du sexe et les prostitués avec rapports sexuels non-protégés
  • Personne vulnérable ayant des rapports sexuels non-protégés

Comment avoir recours à la PrEP ?

Ce traitement doit être prescrit par un médecin expérimenté dans le traitement du VIH, dans un hôpital ou un CeGIDD (centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic) dans le cadre d’une première prescription.

Le traitement peut ensuite être renouvelé par n’importe quel médecin, avec un suivi trimestriel (statut du VIH, éventuels effets indésirables, grossesse ou IST).

La prescription est cependant à refaire chaque année en hôpital ou dans une CeGIDD.

Il est surtout impératif de ne pas débuter ce traitement sans consultation médicale et de bannir les pratiques à risque comme l’achat de médicament sur le net ou l’échange de médicaments entre individus.

Comme tout traitement, la PrEP comporte des contre-indications. Il est donc important qu’un professionnel de la santé évalue les potentiels risques.

La PrEP est maintenant entièrement remboursée par la sécurité sociale pour les personnes de plus de 15 ans à haut risque d’infection par le VIH.

La première consultation

Lors de la première consultation, un médecin évaluera si le patient peut bénéficier de la PrEP.

Le patient devra ensuite réaliser un bilan biologique afin de s’assurer qu’il ne présente aucune contre-indication (séropositivité au VIH, problèmes rénaux…) et aucune IST.

Un bilan trimestriel devra être également réalisé, et en fonction des cas, rechercher des infections à chlamydia ou gonocoques sur les régions génitales (pénis et vagin), rectales (anus) et pharyngées (gorge).

La deuxième consultation  

Lors de la deuxième consultation (entre 2 à 4 semaines après la première), le médecin vérifiera les résultats du bilan biologique. Il pourra prescrire la première ordonnance de la PrEP si tout est en ordre.

Plusieurs vaccins devront être proposés : hépatite A et B et du papillomavirus notamment.

Délivrance de la PrEP en pharmacie

Avec l’ordonnance, la PrEP est disponible dans n’importe quelle pharmacie et est entièrement remboursée par la sécurité sociale.

Si vous ne disposez pas de mutuelle ou de sécurité sociale, consultez dans un CeGIDD ; une assistante ou un assistant social pourra vous aider à réaliser vos démarches.

Comment prendre la PrEP ?

En France, il n’existe qu’un seul médicament autorisé : le TRUVADA® . Il associe deux antiviraux : le ténofovir disoproxil et l’emtricitabine.

Il existe maintenant un test du VIH (ELISA) fiable dès 6 semaines après la dernière prise de risque.

Il est impératif que la personne utilisant TRUVADA soit négative à ce test.

Les schémas de prévention

Il existe deux méthodes : une prise continue ou une prise discontinue.

S’agissant de la prise continue, il faut prendre un comprimé par jour. Le traitement est efficace au bout de 7 jours pour les hommes et 21 jours pour les femmes. Après un rapport sexuel, il faut continuer le traitement pendant 2 jours.

Pour la prise discontinue, c’est un peu plus compliqué et les hommes infectés de l’hépatite B ne doivent pas suivre ce schéma.

Par ailleurs, ce schéma n’a été validé que pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes.

  • La première prise : prendre 2 comprimés en même temps entre 2h et 24 heures avant le rapport sexuel
  • La deuxième prise : un comprimé à prendre 24 heures après la première prise
  • La troisième prise : un comprimé à prendre 24 heures après la deuxième prise

Si les rapports sexuels sont répétés, il faut continuer à prendre un comprimé par jour jusqu’à 2 jours après le dernier rapport sexuel.

TRUVADA doit être pris à heure fixe et pendant le repas, afin de réduire les effets secondaires et faciliter son absorption.

Si ces deux schémas ne sont pas respectés, il y a un risque d’infection par le VIH.

Par ailleurs, les études ont montré que le risque de contamination est infime si ces schémas sont respectés.

Décalage horaire

Il est important d’anticiper un décalage horaire en cas de voyage, afin de prévoir la prise de son médicament.

Vous pouvez simplement programmer une minuterie qui vous rappelle toutes les 24 heures votre médicament à prendre, pour une prise en continue.

Un suivi trimestriel

Le traitement par PrEp nécessite une surveillance clinique et biologique à chaque trimestre (sérologie du VIH, recherche d’IST, fonction rénale).

Ce bilan trimestriel peut être réalisé par un médecin traitant mais un bilan annuel est obligatoire en hôpital ou dans un CeGIDD.

La PrEP pour les femmes

Pour les femmes, seul le schéma de prise en continue doit être adopté (1 comprimé par jour donc) ; le traitement discontinu n’est pas assez efficace.

Si une femme désire un enfant, elle doit alors en parler à son médecin.

Par ailleurs, la PrEP n’est pas un moyen de contraception ; il convient donc de prendre des mesures contraceptives. Le traitement de la PrEP ne gêne pas les moyens de contraception.

Risques et effets secondaires de la PrEP

Dans la majeure partie des cas, les effets indésirables sont légers : diarrhées, douleurs abdominales, maux de tête…).

Il peut cependant y avoir des effets secondaires plus graves, comme une insuffisance rénale ou une fragilité osseuse.

La fonction rénale doit donc être observée avant et pendant le traitement ; par ailleurs, ces effets secondaires disparaissent avec l’arrêt du traitement.

Il y a également le risque pour une personne infectée par le VIH, qui prendrait ce traitement, de rendre le virus plus résistant aux médicaments du VIH. Il est donc important de se faire dépister régulièrement.

Le risque de transmission d’IST persiste sous traitement de la PrEP lors de rapports sexuels non-protégés, tout comme les infections qui se transmettent par le sang, notamment lors d’échange de seringues.

Si un patient est infecté par l’hépatite B, des problèmes hépatiques peuvent se déclarer à l’arrêt de la PrEP. Seul le schéma continu doit être alors adopté et un vaccin proposé si le patient n’est pas immunisé contre l’hépatite B.

Les interactions

TRUVADA  ne comporte pas d’interaction particulière avec l’alcool, les drogues récréatives, la plupart des antidépresseurs ou encore les traitements contraceptifs ou hormonaux.

Par contre, notamment lors d’une utilisation prolongée, il est fortement déconseillé d’utiliser des anti-inflammatoires (ibuprofène, voltarène, indocid, etc).

D’autres aliments sont également à éviter 2 heures avant ou 2 heures après le traitement, comme le charbon actif, le psyllium ou les pansements gastriques.

Les contre-indications médicales de la PrEP

TRUVADA  est contre-indiqué en cas de :

  • Séropositivité au VIH ou sérologie VIH inconnue
  • Symptômes du VIH (proche d’une grippe)
  • D’infections rénales
  • Hypersensibilité à l’un des principes actifs de TRUVADA

L’impact de la PrEP

La PrEP est maintenant recommandée par de nombreuses instances de santé : l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Haute Autorité de santé (HAS) ou encore le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS).

Commercialisée aux Etats-Unis en 2012, on enregistre une baisse de 49% des nouveaux cas infecté par le VIH entre 2012 et 2016.

Au Royaume-Uni, le nombre de nouveaux cas a également chuté de 18% entre 2015 et 2016.

Pour autant, on ne peut pas affirmer à 100% que ces baisses soient en lien avec la mise en circulation de la PrEP ; mais c’est un fait historique dans l’épidémie de VIH.

Il faut aussi souligner que les dépistages sont de plus en plus efficaces, ainsi que les traitements qui empêchent la contamination par une personne infectée.

La PrEP : quel suivi ?

En plus des bilans trimestriels, un accompagnement personnalisé est proposé, notamment pour mieux comprendre comment fonctionne la PrEP et bénéficier des conseils en cas d’oubli.

Il est également important de savoir comme interagit la PrEP avec d’autres moyens de prévention.

A cet effet, il existe de nombreux militants, notamment chez AIDES.

Des entretiens peuvent être réalisés avec des psychologues ou des infirmier.es ; ces échanges sont anonymes et confidentiels.

Le patient peut aussi échanger ses coordonnées avec l’accompagnateur ou l’accompagnatrice, afin de pouvoir communiquer facilement sur des sujets de santé sexuelle.

En conclusion

La PrEP est un moyen efficace de prévenir une prise de risque de contamination par le VIH.

Ce traitement ne doit pas, par ailleurs, remplacer le préservatif mais servir d’appui ; notamment car la PrEP ne protège pas des IST ou des infections par le sang.

La contamination par VIH reste elle infime si le schéma de prise est bien respecté, ce qui est rassurant pour les personnes exposées à des hauts risques (hommes ayant des rapports avec des hommes notamment).

Pour tout conseil sur la PrEP, consultez un médecin spécialiste du VIH en hôpital ou dans un CeGIDD.

Vous pouvez également consulter ces différents sites :

  • Les sites de CeGIDD

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