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Test IST : comment dépister les infections sexuellement transmissibles ?

Test IST : comment dépister les infections sexuellement transmissibles ?

Entre 2012 et 2016, le nombre d’infections génitales a été multiplié par 3 en France ! C’est dire si les IST continuent de circuler sur notre territoire, malgré les moyens que nous avons de nous en protéger, par exemple la réalisation d’un test IST. Ainsi, face à ce phénomène, il est important de procéder à un dépistage régulier de ces infections hautement transmissibles.

Alors où réaliser un test IST ? Combien cela coûte ? Faut-il une ordonnance ? On répond à toutes vos questions.

Quelles sont les IST les plus fréquentes ?

Un IST est une infection sexuellement transmissible. Cela signifie qu’elle se transmet par voie sexuelle, lors d’un rapport sexuel non protégé (vaginal, anal ou oral). Il existe une trentaine d’IST en circulation. Elles se décomposent en 2 catégories :

  1. Les IST d’origine bactérienne ou parasitaire. Diagnostiquées et traitées, il est possible d’en guérir.
  2. Les IST d’origine virale. Celles-ci sont difficiles voire impossibles à guérir.

Découvrez les 4 IST les plus fréquentes de chaque catégorie, ainsi que leurs symptômes afin de pouvoir les reconnaître.

Les 4 IST les plus courantes d’origine bactérienne ou parasitaire

  1. La syphilis : cette infection se manifeste d’abord par une petite plaie non douloureuse, 2 à 4 semaines après le rapport contaminant. Ensuite, ce sont des éruptions cutanées et sur les muqueuses qui apparaissent.
  2. La gonorrhée : les symptômes apparaissent 2 à 7 jours après le rapport contaminant. Chez l’homme, on constate un écoulement purulent au niveau du pénis et des brûlures intenses lors de la miction. Chez la femme, l’infection est asymptomatique dans 70 % des cas, sinon ce sont des douleurs lors des rapports et lors de la miction.
  3. La chlamydia : 1 fois sur 2, la chlamydia n'entraîne pas de symptôme. Toutefois, lorsqu’il y en a, ils apparaissent 1 à 2 semaines après le rapport contaminant. Chez l’homme, c’est une urétrite avec un écoulement venant du pénis. Chez la femme, ce sont des brûlures urinaires, des douleurs lors des rapports et des pertes vaginales.
  4. La trichomonase : c’est 1 semaine après le rapport contaminant que les symptômes apparaissent. On retrouve des écoulements au niveau du vagin ou du pénis, des démangeaisons et des sensations de brûlure.

Les 4 IST les plus courantes d’origine virale

  1. L’herpès génital : il se manifeste par des petits boutons sur le pénis ou les organes génitaux.
  2. L’hépatite B (VHB) : lorsqu’il y a des symptômes, ils apparaissent 2 à 8 semaines après le rapport contaminant. Il s’agit alors d’une fatigue, de douleurs musculaires et d’une fièvre.
  3. Le papillomavirus : 1 à 8 semaines après le rapport contaminant, des symptômes peuvent apparaître, même si cela n’est pas obligatoire. Ce sont alors des condylomes (verrues génitales) qui poussent sur la vulve, la verge ou l’anus.
  4. Le VIH : cette infection est souvent asymptomatique dans sa phase aiguë. Toutefois, il est possible de ressentir les symptômes d’un syndrome grippal 15 jours après le rapport contaminant.

Pourquoi dépister les IST ?

Les IST sont souvent silencieuses, il est donc très facile de passer à côté d’une infection ! C’est pourquoi les médecins recommandent de ne pas attendre d’avoir des symptômes pour agir. Le dépistage, dès que celui-ci s’avère nécessaire ou de manière régulière, en fonction de votre situation, est alors indispensable. Il permet un diagnostic précoce et une meilleure prise en charge afin d’éviter les séquelles et complications liées à ces infections génitales (infertilité masculine ou féminine, grossesse extra-utérine, cancers, etc).

De même, les IST se transmettant très facilement, le dépistage permet une diminution du risque de transmission. Eh oui, il est difficile de prendre les précautions nécessaires quand on ignore qu’on est porteur d’une infection transmissible.

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Quels sont les différents tests IST ?

En fonction de l’IST suspectée, le test ne sera pas le même. Il existe plusieurs manières de dépister une infection génitale :

  • L’examen clinique des organes génitaux : l’herpès génital et le papillomavirus peuvent être dépistés de cette manière, grâce à leurs manifestations cutanées singulières (boutons et condylomes).
  • Le prélèvement local ou l’analyse d’urines avec mise en culture : de nombreuses IST sont dépistées grâce à un prélèvement dans la zone génitale. La chlamydia nécessite un prélèvement sur l’endocol de l’utérus chez la femme et un prélèvement sur l’urètre chez l’homme. Un jet d’urine peut aussi suffire, chez l’un comme chez l’autre. La gonorrhée, elle, nécessite un prélèvement urinaire chez l’homme et vaginal chez la femme. Pour la trichomonase, c’est un prélèvement local de l’écoulement qui est réalisé.
  • La prise de sang : le prélèvement sanguin permet de dépister des IST d’origine virale comme l’hépatite B ou le VIH, mais aussi la syphilis (réalisation d'une sérologie TPHA VDRL).

Bon à savoir : pour certains prélèvements génitaux, les laboratoires fournissent des kits d’auto-prélèvement. N'hésitez pas à vous renseigner si cela vous intéresse.

Les cas particuliers du VIH et du papillomavirus

Le VIH et le papillomavirus disposent de moyens de dépistage qui leur sont propres.

Pour le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), il existe un test rapide et efficace : le TROD (Test Rapide d’Orientation Diagnostique). Il ne nécessite qu’une goutte de sang, prélevée à l’aide d’un autopiqueur, pour donner un résultat en 15 minutes. Ce test peut aussi être réalisé chez soi, on parle alors d’autotest VIH. À la portée de tous, on trouve ce test VIH en pharmacie, sans ordonnance.

Pour le papillomavirus, les femmes disposent d’un moyen très efficace de dépister la présence du virus : le frottis du col de l’utérus. Un gynécologue ou une sage-femme réalise un prélèvement au niveau du col de l’utérus et celui-ci est ensuite analysé à la recherche du HPV (Human Papilloma Virus). Cela permet ainsi de ne pas passer à côté des lésions cancéreuses parfois provoquées par cette infection.

À quelle fréquence réaliser un test IST ?

Il est nécessaire de réaliser un test IST ponctuellement, dans les situations suivantes :

  • Après un rapport sexuel non protégé (sexe oral y compris) ;
  • Avant d’arrêter le port du préservatif avec un nouveau partenaire ;
  • En cas de doutes ou de symptômes évoquant une IST ;
  • Si un partenaire récent est porteur d’une IST.

Par ailleurs, les professionnels recommandent un dépistage régulier, à raison d’une fois tous les 3 mois, si vous avez plusieurs partenaires sexuels, et particulièrement si vous êtes un homme qui a des rapports avec d’autres hommes.

Bon à savoir : le dépistage de la syphilis est obligatoire en début de grossesse.

Enfin, le papillomavirus est un cas particulier. Pour les femmes, les professionnels recommandent un dépistage régulier et systématique, même en l'absence de prise de risque connue. En effet, cette IST est à l’origine de la quasi-totalité des cancers du col de l’utérus. Ainsi, le frotti cervico-utérin doit être réalisé à 25 ans, puis à 26 ans, puis tous les 3 ans jusqu’à 65 ans afin d’écarter tout risque de pré-cancer.

À quel moment se faire dépister ?

Après un rapport à risque, il est important d’être vigilant au délai d’incubation. Cela correspond à la période pendant laquelle vous pouvez transmettre le virus mais celui-ci n’est pas encore détectable lors des tests. Autrement dit, un test IST effectué trop tôt peut donner un faux négatif.

Pour le VIH, il convient d’attendre 6 semaines après le rapport à risque si le test est réalisé en laboratoire et 3 mois si le test est un TROD. Ensuite, pour les autres IST, le délai d'incubation varie entre 2 jours et 3 semaines, en fonction de l’infection. Voici donc quelques uns des délais d’incubation par IST, à titre indicatif :

ISTDélai d’incubation
Gonorrhée2 à 7 jours
Hépatite B1 à 2 mois
Herpès génital1 à 2 semaines
Syphilis2 à 4 semaines
Trichomonase4 à 28 jours
Délai d’incubation par IST.

Faut-il une ordonnance pour un test IST ?

Eh bien, oui et non. Si vous souhaitez réaliser un prélèvement local ou une prise de sang en laboratoire, privé ou public, vous aurez besoin d’une ordonnance de dépistage IST pour être remboursé par la sécurité sociale. Sans quoi, vous devrez payer les tests de votre poche, sauf pour le bilan sanguin VIH. Le virus du sida peut en effet être dépisté gratuitement et sans ordonnance en laboratoire.

Toutefois, il existe d’autres endroits où il est possible de dépister les IST gratuitement, sans ordonnance et parfois même de manière anonyme.

Où peut-on réaliser un test IST gratuitement et sans ordonnance ?

Il existe différentes structures où vous pouvez vous rendre pour réaliser un dépistage des IST gratuitement, sans ordonnance et parfois même anonymement et sans rendez-vous. Cela permet de rendre le dépistage plus facile et plus accessible. L’idée est de supprimer un maximum de contraintes afin de pousser les personnes à prendre soin de leur santé.

  • Les CeGIDD (Centres Gratuits d’Information, de Dépistage et de Diagnostic) : vous pouvez vous y faire dépister de manière anonyme et gratuite pour le VIH, les hépatites et les autres IST.
  • Les CPEF (Centres de Planification et d’Education Familiale) : le dépistage de toutes les IST y est gratuit et sans ordonnance.
  • Les centres PMI (Protection Maternelle et Infantile) : ils proposent un dépistage gratuit du virus du sida, des hépatites et parfois d’autres IST.
  • Les associations de lutte contre le sida : elles proposent la réalisation d’un TROD gratuitement.

Souvent, ces structures distribuent également des préservatifs gratuitement. Là aussi, l’objectif est d’offrir à tous l’opportunité de se protéger face aux infections génitales. Rappelons en effet que seul le préservatif, qu’il soit masculin ou féminin, forme une barrière contre les IST, à la condition qu’il soit porté du début à la fin de la relation sexuelle (pénétration vaginale, anale et sexe oral).

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