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Sérologie TPHA VDRL : comment dépister la syphilis ?

Sérologie TPHA VDRL : comment dépister la syphilis ?

La sérologie TPHA VDRL permet de dépister la syphilis, une infection sexuellement transmissible. Elle est généralement faite lors d’un bilan IST, en cas de symptômes ou durant une grossesse. Alors en quoi consiste ce test ? En cas de résultat positif, existe-t-il un traitement ? On vous dit tout.

Sérologie TPHA VDRL : quels sont les symptômes et complications de la syphilis ?

La syphilis est une infection sexuellement transmissible. En cela, elle se transmet lors de rapports sexuels non protégés, par voie vaginale, anale ou bucco-génitale. Cette infection génitale est due à la bactérie Treponema pallidum. Elle est en recrudescence dans de nombreux pays développés, y compris la France.

La syphilis touche principalement les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Pour près de la moitié d’entre eux, ils sont également porteurs du VIH, virus de l’immunodéficience humaine. Toutefois, cette catégorie de la population n’est pas la seule à devoir craindre la bactérie ! Toute personne sexuellement active peut attraper la syphilis.

L’évolution de la syphilis

Concernant les symptômes, l’infection évolue et passe par différents stades :

  • La phase primaire : environ 3 semaines après la contamination, le premier symptôme apparaît. Il s’agit d’un chancre, c’est-à-dire une petite lésion indolore. L’idéal est de diagnostiquer l’infection durant cette première phase mais malheureusement le chancre passe souvent inaperçu. 
  • La phase secondaire : une fois le chancre disparu spontanément, d’autres symptômes peuvent apparaître. Cela peut être un pseudo syndrome grippal (fièvre, courbatures, etc), une méningite, une perte de cheveux, des troubles neurologiques, des problèmes au niveau des yeux (uvéite)...
  • La phase de latence : au bout de 2 ans d’infection, les symptômes s'arrêtent et commence alors la phase de latence. La bactérie reste dans l’organisme, silencieuse. Cette phase peut durer de très longues années ! Par ailleurs, sachez qu’après 3 ans d’infection, le virus cesse d’être transmis même en cas de rapports non protégés.
  • Le stade tertiaire : sans traitement adéquat, il peut y avoir des complications graves pour 40 % des personnes en phase de latence ; c’est le stade tertiaire. Celui-ci arrive après 10 à 30 ans d’infection. On constate alors des atteintes oculaires, des atteintes de la moelle épinière, des nerfs crâniens, etc. L’évolution vers le stade tertiaire est plus rapide chez une personne séropositive.

Bon à savoir : lorsque vous êtes infecté par la bactérie de la syphilis, vous avez un risque 3 à 5 fois plus élevé de contracter le VIH, le virus du sida. En effet, le chancre, souvent présent sur les parties génitales (pénis, anus, vulve, etc), offre une porte d’accès privilégiée pour le VIH, favorisant la séroconversion.

Sérologie TPHA VDRL : en quoi ça consiste ?

Si un examen clinique peut déjà orienter le médecin (en présence d’un chancre), le seul moyen de dépister la syphilis est d’effectuer une sérologie, c’est-à-dire une analyse sanguine. Il convient donc de réaliser une prise de sang. Sur le prélèvement sanguin, c’est le test TPHA (Treponema Pallidum Hemagglutinations Assay) qui sera réalisé pour mettre en évidence la présence de la bactérie. Il s’agit d’un test biologique quantitatif dont on peut généralement attendre les résultats sous 1 à 2 jours.

Le test TPHA remplace le test TPHA/VDRL, anciennement utilisé pour dépister la syphilis en première intention. Le test TPHA/VDRL permet un dépistage manuel de la syphilis. De nos jours, grâce aux avancées technologiques, il est possible de dépister la bactérie de manière plus efficace. C’est pourquoi l’HAS (Haute Autorité de Santé) recommande désormais la réalisation d’un test tréponémique automatisé (un test TPHA), plus performant et plus précoce que le TPHA/VDRL. Le test VDRL, lui, se fait en seconde intention, en cas de test TPHA positif, pour déterminer le caractère actif de la maladie.

Bon à savoir : malgré cette évolution des procédures, il arrive que certains médecins continuent de prescrire le test TPHA/VDRL. Ne vous inquiétez pas, cela ne posera pas problème et votre test de dépistage sera tout de même fait correctement.

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Quand faire une sérologie TPHA VDRL ?

Globalement, il y a trois situations dans lesquelles la syphilis fait l’objet d’un dépistage :

  1. Lors d’un test IST complet : en plus de la chlamydia, la gonorrhée, le papillomavirus, l’hépatite B ou encore le VIH, la syphilis sera également dépistée.
  2. En cas de symptômes éloquents : par exemple si vous repérez la présence d’un chancre sur vos parties génitales.
  3. Pendant la grossesse : la sérologie de dépistage de la syphilis est obligatoire chez la femme enceinte pour éviter la réapparition de formes néonatales de la maladie. Le test est réalisé lors du premier examen prénatal puis renouvelé à 28 SA s’il y a un comportement à risque de la maman. Cette obligation s’explique aussi par le fait que la syphilis néonatale est très grave, avec un taux de mortalité infantile de 40 %.

Pour réaliser la sérologie, vous pouvez vous rendre dans un laboratoire d’analyses médicales, muni d’une prescription médicale afin d’être remboursé des frais engendrés. Toutefois, si vous n’avez pas d’ordonnance dépistage IST, vous pouvez le faire gratuitement et sans RDV au sein d’un CeGIDD ou d’un CPEF, communément appelé planning familial. Ces structures proposent des dépistages de toutes les IST ainsi que des consultations et ateliers de prévention autour de la sexualité. Souvent, le parcours de soin y est anonyme ce qui permet de baisser certaines barrières liées à la honte ou à la confidentialité.

Comment interpréter le résultat d’une sérologie TPHA VDRL ?

Si votre test TPHA est positif, il sera alors à confirmer par un second test, le test VDRL. Si le test de confirmation ressort également positif, alors vous pouvez considérer que vous avez la syphilis. Il convient alors de consulter un médecin, en emmenant vos sérologies positives, afin de mettre en place un traitement. Il s’agit généralement d’antibiotiques simples et bien connus.

Le traitement consiste ainsi en des injections de Benzathine pénicilline G, avec un suivi trimestriel pendant 1 an. Plus on administre le traitement tôt (idéalement durant la phase primaire), plus il sera efficace. Une infection récente a donc plus de chances de guérir correctement qu’une infection déjà bien avancée.

Naturellement, durant toute la durée du traitement et jusqu’à guérison complète attestée par un médecin, il convient de prendre toutes les mesures nécessaires pour ne pas transmettre la bactérie à vos partenaires sexuels. Le port rigoureux du préservatif est donc indispensable.

Une fois guéri, restez vigilant. Les anticorps fabriqués durant l’infection ne vous protègent pas. Vous pouvez donc attraper de nouveau la syphilis ! Préservatif et dépistages réguliers sont toujours de rigueur pour éviter une réinfection.

Enfin, si votre test TPHA est négatif, alors vous n’avez pas la syphilis. Vous pouvez continuer à avoir des rapports sexuels protégés pour ne prendre aucun risque et éviter une éventuelle contamination.

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Pourquoi le dépistage de la syphilis est-il important ?

Si on peut guérir de la syphilis, il ne faut pas non plus oublier que l’évolution de la maladie lorsqu’elle n’est pas traitée peut avoir des conséquences désastreuses. Ainsi, un diagnostic précoce de l’infection permet de mettre en place le traitement rapidement, avant que la bactérie ne fasse de dégâts dans votre organisme.

Vous l’avez compris, tout l’enjeu est de dépister la bactérie le plus tôt possible. En cela, n’attendez pas d’avoir des symptômes avant d’agir ; parfois l’infection passe totalement inaperçue et seul un dépistage inopiné permet de poser le diagnostic.

De plus, comme nous vous le disions, l’infection est en recrudescence depuis les années 2000 en France. Il est donc important de freiner cette montée des cas de syphilis. Pour ce faire, le dépistage est une arme très efficace. Il est évident qu’en ignorant votre infection, vous allez davantage la transmettre autour de vous.

En cela, les professionnels recommandent un dépistage tous les 3 mois pour les personnes les plus exposées à la syphilis et aux autres IST les plus fréquentes : les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes et les personnes multipartenaires notamment. Pour les autres, le dépistage peut se faire à certains moments de la vie qui se prêtent particulièrement à un check-up complet : nouveau partenaire, arrêt du préservatif avec votre partenaire, rapport sans protection, doutes…

Comment se protéger de la syphilis et des autres IST ?

Le meilleur moyen pour se protéger de la syphilis et des IST en général est le préservatif. En prime, il protège même d’une grossesse non désirée.

Les préservatifs masculins et féminins permettent donc de se protéger efficacement, mais à condition de les utiliser correctement ! Il faut le porter du début à la fin de la relation sexuelle, sexe oral et rapports anaux compris. Si le préservatif craque ou glisse durant les ébats, il faut considérer cela comme un rapport sexuel non protégé. En effet, le risque de contamination existe dans cette situation.

Certains hommes n'apprécient pas le port du préservatif, notamment car cela peut faire retomber l’érection pendant l’acte. Sachez que des solutions existent pour mieux appréhender ce souci, par exemple le port du préservatif féminin quand cela est possible. Quoi qu’il en soit, la protection n’est pas une option. Cela ne doit pas vous empêcher de vous protéger durant chacun de vos rapports.

En couple, la décision d’arrêter le préservatif doit s’accompagner d’un bilan IST pour chacun des partenaires. L’idée est de partir sur de bonnes bases !

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