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Antidépresseur et libido : comment raviver la flamme sous médicament ?

Antidépresseur et libido : comment raviver la flamme sous médicament ?

Antidépresseur et libido sont-ils liés ? Par définition, la dépression est un trouble mental, une maladie caractérisée par un état de tristesse profond, la perte de motivation, le manque de plaisir, etc. Généralement associés aux symptômes de la maladie, les troubles sexuels figurent également parmi les effets secondaires de certains médicaments antidépresseurs. Quelle est la relation de cause à effet entre ce trouble psychologique et la sexualité ? Comment raviver sa libido sous antidépresseur ? On fait le point.

Antidépresseur et libido : existe-t-il une relation entre la dépression et les dysfonctionnements sexuels ?

L’une des principales caractéristiques de la dépression est l’inhibition ou la perte de la capacité à ressentir du plaisir. À cela s’ajoute la baisse progressive de l’énergie en général, la libido en particulier. En outre, la dépression va de pair avec le manque d’estime ou une mauvaise image de soi. Elle s’accompagne également du repli sur soi et de problèmes relationnels. 

Dans de telles conditions, il est évident et compréhensible qu’une personne dépressive ne trouve aucun intérêt à faire l’amour. Par ailleurs, on observe la prévalence des cas de dépressions chez les personnes qui consultent pour un trouble de la sexualité.

Quelles sont les particularités chez l’homme ?

Sur un plan purement biologique, la dépression s’accompagne de la baisse modérée du taux de sécrétion de testostérone, l’hormone sexuelle sécrétée par les testicules. Dans les cas extrêmes, la dépression provoque une hausse significative du taux de sécrétion du cortisol, une hormone surrénalienne qui entrave la production de testostérone par les testicules. Il en résulte l’hypogonadisme.

L’hypogonadisme correspond à une synthèse insuffisante de testostérone ou au dérèglement des hormones sexuelles chez l’homme. Il est généralement associé à l’augmentation du niveau de la dépression. L’anxiété et la crainte de la baisse des performances sexuelles sont les causes premières des troubles érectiles chez l’homme.

Quelles sont les spécificités chez la femme ?

Le mécanisme ci-dessus décrit est aussi présent chez la femme. Plus précisément, on parle d’hypogonadisme secondaire ou central. Il se déroule au niveau des ovaires et concerne le dérèglement des œstrogènes et de la progestérone. La dépression peut provoquer chez la femme une aménorrhée, c’est-à-dire l’absence de menstruation.

Antidépresseur et libido : quels sont les dysfonctionnements sexuels liés à la dépression ?

De manière générale, les troubles sexuels chez l’homme peuvent aller de la baisse de l’appétit sexuel à la baisse des capacités érectiles (éjaculation précoce, incapacité à tenir une érection) en passant par la perte du plaisir. 

Chez la femme, ils se manifestent par la baisse du désir, la baisse de l’intérêt pour la sexualité, des problèmes de réceptivité à l’excitation et à la stimulation. Les dysfonctions sexuelles incluent aussi les difficultés à ressentir du plaisir et à atteindre l’orgasme.

Quel est le degré de gravité des dysfonctionnements sexuels liés à la dépression ?

Le niveau de gravité des problèmes sexuels varie d’un patient à un autre. Il est proportionnel :

  • à la sévérité de la dépression ;
  • à l’existence de maladies concomitantes psychologiques ou métaboliques ;
  • au cadre du traitement et aux facteurs psychosociaux (problèmes de couple, surmenage, stress professionnel). 

Il faut également prendre en compte les pathologies liées à l’âge du patient, à savoir : la ménopause, le diabète, les maladies cardiovasculaires, l’athérosclérose, l’hypertension artérielle, le surpoids, etc. L’usage de toxiques (tabac et alcool) peut être à l’origine de dysfonctions sexuelles.

Chez l’homme, le degré de gravité des dysfonctions sexuelles est aussi tributaire de la prostatectomie (chirurgie de la prostate). En effet, les patients ayant subi ce type d’intervention chirurgicale développent très souvent des problèmes d’érection

Quel est l’impact d'un médicament antidépresseur sur la libido ?

Les statistiques apparaissent alarmantes : 40 à 50 % des personnes sous traitements médicamenteux antidépresseurs souffrent de troubles sexuels. 25 % d’entre eux présentent des troubles de l’érection. 66 % des patients sous sérotonine souffrent de troubles de l’éjaculation. Les médicaments antidépresseurs accentuent ou font apparaître des troubles sexuels. 

Les effets secondaires varient d’un médicament à un autre, d’un patient à un autre et à de divers degrés. Chez la femme, on constate généralement la baisse de la lubrification, la sécheresse vaginale, l’anorgasmie (incapacité totale à atteindre l’orgasme), l’anesthésie vaginale, les douleurs pendant les rapports sexuels, etc.

Chez l’homme, les troubles érectiles deviennent plus prononcés. Certains patients sous antidépresseurs souffrent d’impuissance sexuelle.

Quels sont les médicaments antidépresseurs responsables de dysfonctions sexuelles ?

Les antidépresseurs tricycliques cholinergiques que sont la clomipramine (Anafranil), l’imipramine (Tofranil) et l'amitriptyline (Laroxyl) sont les principales causes des troubles de l’érection. Les antidépresseurs tricycliques agissants sur la sérotonine tels que la clomipramine, la paroxétine (Deroxat) ou encore la venlafaxine sont quant à eux à l’origine des troubles liés à l’éjaculation. De manière générale, les troubles sexuels sont à mettre en relation avec la sérotonine.

Comment raviver sa libido en étant sous médicaments de type antidépresseur ?

Les troubles sexuels causés par les antidépresseurs sont réversibles. La première recommandation pour y remédier consiste à réduire la posologie de votre médicament au strict minimum

Changer de classe thérapeutique

L’utilisation des antidépresseurs ci-dessus cités présente de lourdes conséquences sur la capacité sexuelle. Si vous utilisez l’un ou autre de ces médicaments, vous devriez envisager de le remplacer par un antidépresseur présentant moins d’inconvénients comme le buspirone, le tadalafil ou le sildénafil

Certains antidépresseurs présentent de faibles effets secondaires sur le plan sexuel. Il s’agit du burpropion, du mirtazapine, du trazodone, etc. Cependant, ces médicaments peuvent entraîner des prises de poids et des troubles de l’insomnie. L’efficacité de ces médicaments pour la correction des dysfonctions sexuelles n’est plus à démontrer.

Faire des fenêtres thérapeutiques

La technique des fenêtres thérapeutiques consiste à faire des arrêts momentanés du traitement. Concrètement, vous pouvez par exemple suspendre la prise de votre médicament antidépresseur pendant un intervalle régulier de deux à trois jours. Attention : cela ne signifie en aucun cas l’arrêt définitif du traitement. 

Réduire progressivement la prise du médicament

De concert avec votre médecin prescripteur ou votre urologue, vous pouvez réduire progressivement et prudemment la prise de l’antidépresseur. À noter que la réduction ne doit se faire que si vous commencez à vous sentir mieux. 

Utiliser un stimulateur de la fonction érectile

Un inducteur de la fonction érectile permet de prolonger ou de maintenir une érection. Il en existe une pléthore sur le marché : le Viagra, le Cialis, le Tadalafil, etc. Ils ne présentent pratiquement pas d’effets secondaires sur la santé. Toutefois, il est essentiel de prendre l’avis d’un professionnel avant toute utilisation. En règle générale, les experts recommandent une prise par jour, de préférence une heure avant le rapport sexuel.

Chez la femme, il est possible d’avoir recours à un gel orgasmique. Il s’agit d’un produit qui permet de ressentir plus facilement du plaisir et d’atteindre l’orgasme.

Antidépresseur et libido : quelles sont les solutions naturelles pour raviver sa libido ?

On prête volontiers à différentes herbes ancestrales et agents naturels des propriétés aphrodisiaques. Certaines plantes seraient capables de booster la libido et de corriger les dysfonctions sexuelles. Parmi ces solutions naturelles figurent la déhydroépiandrostérone (DHEA), le ginseng et l’Horny Goat Weed (herbe de bouc). 

Quel que soit le produit aphrodisiaque auquel vous avez recours, il est fondamental qu’il soit autorisé ou qu’il ait fait l’objet d’essai clinique. En effet, il existe des risques avérés quant à l’utilisation d’une substance non autorisée. En outre, il est aussi possible de consommer des aliments tels que le céleri, le safran, l’artichaut, le gingembre, etc. 

La déhydroépiandrostérone

Outre la baisse progressive de la testostérone, les troubles sexuels chez l’homme s’accompagnent également de la diminution modérée du taux de sécrétion de la DHEA. Il est possible de combler ce déficit par la consommation d’hormones sous forme de gélules. L’achat de cette substance est subordonné à la présentation d’une ordonnance. 

Le ginseng

Le ginseng est une plante herbacée, originaire d’Asie, dont la racine possède des qualités toniques. Il permet d’augmenter le pourcentage de testostérone dans le corps. Ce faisant, le ginseng contribue à corriger le déséquilibre hormonal engendré par la dépression. Les effets du ginseng sur les fonctions psychomotrices, les fonctions cognitives ainsi que sur le fonctionnement érectile sont documentés.

L’Horny Goat Weed

L’horny Goat Weed contient de l’icariine, un principe actif reconnu pour son efficacité dans le traitement des troubles de l’érection. Elle agit en bloquant les effets de phosphodiestérase de type 5, une enzyme responsable des troubles érectiles. De ce fait, elle favorise la biosynthèse d’oxyde nitrique dans le pénis.

Quelles sont les autres techniques naturelles à essayer ?

Les médicaments antidépresseurs sont faciles à prendre. Toutefois, il existe diverses techniques pour essayer de lutter contre la dépression. On recommande par exemple la pratique régulière d’exercice de relaxation ou de méditation, le yoga, la psychothérapie ou encore l’hypnose. Ces moyens agissent non seulement sur l’état d’esprit, mais aussi sur la perception du corps. Ce faisant, ils permettent de corriger les causes psychologiques qui sont responsables de la baisse du désir sexuel.

Ce qu’il faut retenir de l'antidépresseur et de la libido

Les troubles sexuels font partie des symptômes liés à la dépression. Ils peuvent être aggravés par la prise de médicaments antidépresseurs. Tiraillées entre vie sociale acceptable et vie de couple, certaines personnes préfèrent arrêter le traitement. Cependant, elles font très rapidement des rechutes.

Tous les antidépresseurs ne présentent pas d’effets secondaires sur la sexualité. Certains médicaments permettent même de corriger l’éjaculation précoce. Il existe des techniques éprouvées pour réduire les effets des psychotropes sur la sexualité. Il s’agit essentiellement de la réduction de la dose, du remplacement des antidépresseurs aux effets néfastes par du buspirone, de l’arrêt momentané du traitement ou encore l’usage d’inducteurs érectiles. 

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