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Prostatectomie et impuissance : est-ce une fatalité ?

Prostatectomie et impuissance : est-ce une fatalité ?

La prostate est un organe masculin important. Elle joue un rôle déterminant dans la fertilité et le bon fonctionnement de l’appareil urinaire. Bien que l’on puisse vivre sans prostate, son retrait entraîne logiquement des répercussions sur le corps. D’ailleurs, prostatectomie et impuissance vont souvent de pair dans l’esprit des hommes. Est-ce vrai ? Quelles sont les conséquences du retrait de la prostate ? Charles.co vous explique tout.

C’est quoi la prostate ?

La prostate est une glande génitale masculine. Elle a la taille d’une châtaigne et pèse environ 20 grammes. Elle se situe sous la vessie, près du rectum. La prostate fait partie de l’appareil uro-génital, avec les autres organes urinaires et reproducteurs. Elle est traversée par l’urètre, le canal qui permet à l’urine d’être évacuée. Elle se compose de 3 zones distinctes :

  1. La zone périphérique : il s’agit de la plus grande partie de la prostate. On la trouve sur le bas de l’organe, tout près du rectum, permettant ainsi aux médecins de la palper lors du toucher rectal. Cela est pratique car la plupart des tumeurs malignes de la prostate se situent dans cette zone.
  2. La zone transitionnelle : elle se situe au centre de l’organe et augmente progressivement de taille à partir de 50 ans.
  3. La zone centrale : c’est une petite partie de l’organe qui entoure les canaux éjaculateurs.

La prostate est une glande exocrine. Cela signifie qu’elle fabrique un liquide destiné à être expulsé : le sperme. Plus précisément, elle fabrique le liquide prostatique, qui constitue 30 % de l’éjaculat final. En plus de contribuer, à hauteur de 30 %, à la quantité de sperme, le liquide prostatique a un rôle bien précis. Il permet aux spermatozoïdes de garder leur vitalité dans le vagin et l’utérus de la femme. En d’autres termes, il allonge leur espérance de vie, leur donnant ainsi plus de chances de parvenir à féconder l’ovocyte.

La prostate, centre de plaisir

La prostate est aussi un organe qui peut procurer un plaisir sexuel très intense. On parle alors d’orgasme prostatique. Le plaisir ressenti est très important, encore plus que lors d’une stimulation pénienne. Pour l’atteindre, il faut procéder à un massage prostatique avec les doigts, par voie anale. C’est ainsi que vous pourrez découvrir le fameux point P (à l’instar du point G chez la femme).

Prostatectomie : définition et déroulé

La prostatectomie totale, ou prostatectomie radicale, correspond à l’ablation de la prostate entière, avec les vésicules séminales. Parfois, le médecin retire aussi les ganglions lymphatiques voisins ; on parle alors de curage ganglionnaire. C'est un urologue qui réalise la prostatectomie, sous anesthésie générale. Généralement, elle est faite en traitement d’un cancer de la prostate.

Pour procéder à l’ablation de la prostate, le chirurgien peut utiliser différents chemins pour accéder à la zone ; on parle de voies d’abord. Le chirurgien choisit le chemin en fonction de l’avancement du cancer et de ses habitudes. Ainsi, il existe 2 principales voies d’abord pour ce type d’intervention :

  1. La prostatectomie par voie abdominale ouverte : cela signifie que le chirurgien effectue une grande incision sur l’abdomen, sous le nombril.
  2. La prostatectomie par voie abdominale sous cœlioscopie : cela signifie que le chirurgien n’effectue que quelques petites incisions sur l’abdomen. Il se sert de ces ouvertures pour insérer un endoscope et les instruments chirurgicaux. L’endoscope est relié à un écran ; le chirurgien opère en regardant l’écran.

Les nerfs érecteurs et les vaisseaux sanguins qui permettent l’érection se situent de part et d’autre de la prostate, plus ou moins proches selon les personnes. Ainsi, lors du retrait de la prostate, le chirurgien dispose d’une faible marge de manœuvre. Dans la mesure du possible, il préserve les nerfs érecteurs et vaisseaux sanguins, grâce à des techniques de conservation des nerfs. Toutefois, il peut arriver que les nerfs soient lésés ou détruits, notamment si les cellules cancéreuses sont trop proches des nerfs ou si les saignements sont trop importants et qu’ils gênent la vision du chirurgien (il est alors moins précis dans ses gestes).

Et après l’intervention ?

Après l’intervention, une sonde urinaire introduite dans l’urètre permet d’évacuer l’urine pendant environ une semaine. Des drains sont également mis en place au niveau de zone opérée. Cela permet d’absorber les liquides (sang ou lymphe) pendant le début de la cicatrisation.

Le personnel médical peut également vous demander de porter des bas de contention dans les jours, voire semaines, suivants l’opération afin d’éviter une phlébite (thrombose).

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Prostatectomie et impuissance : pourquoi enlever la prostate ?

La prostatectomie est le traitement de référence du cancer de la prostate chez les hommes de moins de 70 ans.

Le cancer de la prostate est le plus fréquent chez l’homme. On compte entre 50 000 et 70 000 cas diagnostiqués chaque année. Le risque de développer cette maladie augmente avec l’âge.

Le dépistage du cancer de la prostate repose sur le dosage des PSA ainsi que sur un toucher rectal régulier dès 50 ans. Le dosage des PSA correspond au dosage d’une protéine produite par la prostate ; un taux élevé révèle la présence d’une anomalie au niveau de la prostate.

Si le dosage des PSA ou le toucher rectal révèle une anomalie, alors le médecin peut réaliser une biopsie de la prostate afin de déterminer s’il y a un cancer ou s’il s’agit d’un autre souci. En effet, la prostate est sujette à d’autres pathologies telles que la prostatite (inflammation de la prostate) ou plus fréquemment l’hypertrophie bénigne de la prostate. Aussi appelé adénome prostatique, il s’agit d’un gonflement bénin de l’organe chez les hommes de plus de 50 ans. Toutefois, si la prostate devient si grosse qu’elle comprime l’urètre, alors une intervention chirurgicale peut être nécessaire.

Enfin, la prostatectomie permet souvent la guérison lorsque le cancer est localisé, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de métastase et qu’il ne s’étend pas à d’autres organes.

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Prostatectomie : impuissance et autres conséquences

La prostatectomie est une chirurgie dont le suivi post-opératoire est assez long. Le retrait de la prostate impacte les organes reproducteurs mais aussi l'appareil urinaire. La prostatectomie cause-t-elle l'impuissance ?

L’incontinence urinaire

Des troubles urinaires sont à prévoir dans les semaines qui suivent l’intervention. Il s’agit notamment de fuites urinaires qui, souvent, sont temporaires. Ces fuites se manifestent principalement lors d’efforts physiques. Elles s’expliquent par une altération momentanée du fonctionnement du muscle de la vessie et du sphincter.

Pour retrouver une continence normale, une rééducation urinaire peut s'avérer nécessaire. Elle consiste en un renforcement du muscle périnéal à travers différents exercices. Par exemple, contracter le périnée, tenir quelques secondes puis relâcher et répéter l’exercice. Le périnée soutient les sphincters de la vessie et joue donc un rôle important dans la continence. Par ailleurs, cette rééducation périnéale sera également bénéfique pour les troubles de l’érection dont nous parlerons plus bas.

Généralement, l’incontinence urinaire ne dure que quelques semaines. Si, toutefois, elle persiste au-delà, alors un traitement spécifique devra être mis en place. Celui-ci peut se baser sur les nouvelles techniques de bandelettes sous urétrales. Il s’agit d’un renfort pelvien qui permet le plus souvent de stopper les fuites urinaires.

Prostatectomie et impuissance sexuelle

Une intervention chirurgicale de la prostate entraîne souvent une dysfonction érectile. Généralement, la qualité de l’érection est moindre par rapport à celle que vous aviez avant l’opération. Le délai pour retrouver une érection convenable dépend de l’état des nerfs érecteurs : s’ils ont été bien préservés ou s’ils ont été lésés voire détruits.

Les nerfs érecteurs sont préservés ou légèrement lésés

Si les nerfs érecteurs ont été préservés, la prostatectomie cause une impuissance temporaire. La fonction érectile revient après plusieurs mois. S’ils ont été légèrement lésés, cela peut prendre jusqu’à 2 ans, délai moyen de la cicatrisation neurologique. De plus, plus l’homme est en forme avant l’opération, plus sa fonction érectile reviendra vite.

En cas de problème d'érection à 45 ans que faire ? En attendant, quel que soit votre âge, il faudra mettre en place des “érections assistées”. En cela, vous pouvez utiliser des traitements médicamenteux. Par exemple, vous pouvez effectuer des injections intra-caverneuses, dès la fin de la cicatrisation, pendant 6 à 12 mois puis passer à des médicaments oraux jusqu’à la récupération d’érections naturelles. Vous pourrez acheter du Viagra ou du Cialis par exemple. Ces “érections assistées” permettent de conserver la fonction érectile et d’éviter une fibrose.

En effet, si le pénis n’est pas en érection pendant longtemps, il subit une privation d'oxygène. On parle alors d’hypoxie, et cela peut entraîner une fibrose des tissus. En cela, la rééducation pénienne permet de stimuler les mécanismes de l’érection afin de parvenir à des érections naturelles par la suite. Jusqu’alors, nous vous recommandons d’avoir un suivi avec un médecin sexologue afin d’être accompagné sur cette thématique en particulier.

Les nerfs érecteurs sont détruits

Parfois, lorsque les nerfs érecteurs sont trop proches des cellules cancéreuses, le chirurgien n’a pas d’autre choix que de les détruire afin d’espérer une guérison.

Lorsque les nerfs érecteurs sont détruits, la prostatectomie cause une impuissance définitive. L’érection naturelle n’est définitivement plus possible. Une solution réside alors dans la pose d’un implant pénien qui permet de simuler une érection.

Il existe deux types de prothèse pénienne : l’implant gonflable (l’homme le gonfle à la demande ; en dehors de cela son pénis est au repos) et l’implant malléable (les prothèses sont toujours en place ; le pénis n’est jamais vraiment au repos). L’homme peut choisir le type d’implant qu’il préfère en fonction de ses habitudes. Quoi qu’il en soit, la pose de la prothèse dans le corps caverneux du pénis nécessite une chirurgie suivie d’une hospitalisation de 1 à 2 jours. Il s’agit d’une solution durable puisque les implants peuvent rester en place entre 10 et 20 ans

L’impossibilité définitive d’éjaculer

Le retrait de la prostate entraîne un arrêt de la production de liquide prostatique. De plus, lors de l’intervention, le chirurgien sectionne et ligature les canaux déférents qui normalement amènent les spermatozoïdes depuis les testicules jusqu’à l’urètre. En cela, l’éjaculation n’est plus possible et on parle alors d’anéjaculation.

Toutefois, l’orgasme, lui, est toujours possible. Le mécanisme est toujours le même, il n’y a simplement pas de liquide expulsé. Le plaisir sexuel ressenti lors des rapports est intact.

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