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Prostatectomie : explications et conséquences

Prostatectomie : explications et conséquences

La prostatectomie correspond au retrait de la prostate, une glande masculine. Cette intervention est parfois nécessaire en cas de cancer, de douleur à la prostate ou de gonflement extrême de l’organe. Alors, comment se déroule une prostatectomie ? Quelles sont ses conséquences sur la continence et les fonctions sexuelles ? On vous explique.

Qu’est-ce qu’une prostatectomie ?

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La prostatectomie consiste simplement à retirer l’entièreté de la prostate. Cette opération chirurgicale n’est réalisée qu’en cas de nécessité absolue. En effet, elle n’est pas sans conséquence. Elle impacte l’érection, l’éjaculation et la continence urinaire.

Elle peut même causer une infertilité masculine puisqu’elle participe à la fabrication du sperme. Plus précisément, elle fabrique le liquide prostatique, qui constitue 30 % du liquide séminal. Le rôle de la prostate est donc très important dans la fertilité de l’homme.

Pour procéder à l’ablation de la prostate, le chirurgien peut utiliser différents chemins pour accéder à la zone ; on parle de voies d’abord. Le chirurgien choisit le chemin en fonction de l’avancement du cancer et de ses habitudes. Ainsi, il existe 2 principales voies d’abord pour ce type d’intervention :

  1. La prostatectomie par voie abdominale ouverte : cela signifie que le chirurgien effectue une grande incision sur l’abdomen, sous le nombril.
  2. La prostatectomie par voie abdominale sous cœlioscopie : cela signifie que le chirurgien n’effectue que quelques petites incisions sur l’abdomen. Il se sert de ces ouvertures pour insérer un endoscope et les instruments chirurgicaux. L’endoscope est relié à un écran ; le chirurgien procède à la résection de la prostate en regardant l’écran.

Les nerfs érecteurs et les vaisseaux sanguins qui permettent l’érection se situent de part et d’autre de la prostate, plus ou moins proches selon les personnes. Ainsi, lors du retrait de la prostate, le chirurgien dispose d’une faible marge de manœuvre.

Dans la mesure du possible, il préserve les nerfs érecteurs et vaisseaux sanguins, grâce à des techniques de conservation des nerfs. Toutefois, il peut arriver que les nerfs soient lésés ou détruits, notamment si les cellules cancéreuses sont trop proches des nerfs ou si les saignements sont trop importants.

Comment se passe la marche après une prostatectomie ?

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Après l’intervention, une sonde urinaire introduite dans l’urètre permet d’évacuer l’urine pendant environ une semaine. Des drains sont également mis en place au niveau de zone opérée. Cela permet d’absorber les liquides (sang ou lymphe) pendant le début de la cicatrisation.

Ces dispositifs peuvent rendre plus compliqué les déplacements, mais il n’est pas interdit de marcher doucement, de temps en temps. Cela peut être douloureux les premiers temps. De plus, il faut éviter les efforts le premier mois.

Le personnel médical peut également vous demander de porter des bas de contention dans les jours, voire semaines, suivants l’opération afin d’éviter une phlébite (thrombose).

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Dans quels cas réalise-t-on une prostatectomie radicale ?

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La prostatectomie totale, ou prostatectomie radicale, correspond à l’ablation de la prostate entière, avec les vésicules séminales. Parfois, le médecin retire aussi les ganglions lymphatiques voisins ; on parle alors de curage ganglionnaire.

C'est un urologue qui réalise la prostatectomie, sous anesthésie générale. Généralement, elle est faite en traitement d’un cancer de la prostate.

En effet, la prostatectomie est le principal traitement du cancer de la prostate chez les hommes de moins de 70 ans.

Le cancer de la prostate est le plus fréquent chez l’homme. On compte entre 50 000 et 70 000 cas diagnostiqués chaque année. Le risque de développer cette maladie augmente avec l’âge.

Le dépistage du cancer de la prostate repose sur le dosage des PSA de la prostate ainsi que sur un toucher rectal régulier dès 50 ans. Le dosage des PSA correspond au dosage d’une protéine produite par la prostate ; un taux élevé révèle la présence d’une anomalie au niveau de la prostate.

Si le dosage des PSA ou le toucher rectal révèle une anomalie, alors le médecin peut réaliser une biopsie de la prostate afin de déterminer s’il y a un cancer ou s’il s’agit d’un autre problème de prostate. En effet, la prostate est sujette à d’autres pathologies telles que la prostatite (inflammation de la prostate) ou plus fréquemment l’hypertrophie prostatique

Aussi appelé adénome prostatique, il s’agit d’un gonflement bénin de l’organe chez les hommes de plus de 50 ans. Toutefois, si la prostate devient si grosse qu’elle comprime l’urètre, alors une intervention chirurgicale peut être nécessaire.

Enfin, la prostatectomie permet souvent la guérison lorsque le cancer est localisé, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de métastase et qu’il ne s’étend pas à d’autres organes.

Peut-on utiliser une pompe vacuum après une prostatectomie ?

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Une intervention chirurgicale de la prostate entraîne souvent une dysfonction érectile. Généralement, la qualité de l’érection est moindre par rapport à celle que vous aviez avant l’opération. Le délai pour avoir une bonne érection à nouveau dépend de l’état des nerfs érecteurs : s’ils ont été bien préservés ou s’ils ont été lésés, voire détruits.

Les nerfs érecteurs sont préservés ou légèrement lésés

Si les nerfs érecteurs ont été préservés, la prostatectomie cause des problèmes d’érection temporaires. La fonction érectile revient après plusieurs mois. S’ils ont été légèrement lésés, cela peut prendre jusqu’à 2 ans, délai moyen de la cicatrisation neurologique. De plus, plus l’homme est en forme avant l’opération, plus sa fonction érectile reviendra vite.

En cas de problème d'érection à 40 ans, que faire ? En attendant, quel que soit votre âge, il faudra mettre en place des “érections assistées”.

Vous pouvez en cela utiliser des traitements médicamenteux. Par exemple, vous pouvez effectuer des injections intra-caverneuses, dès la fin de la cicatrisation, pendant 6 à 12 mois puis passer à des médicaments de l’érection oraux (Viagra, Cialis, Tadalafil, Sildénafil…) jusqu’à la récupération d’érections naturelles.

L’utilisation d’une pompe à pénis peut aussi convenir. N’hésitez pas à en discuter avec un médecin sexologue.

Ces “érections assistées” permettent de conserver la fonction érectile et d’éviter une fibrose.

En effet, si le pénis n’est pas en érection pendant longtemps, il subit une privation d'oxygène. On parle alors d’hypoxie, et cela peut entraîner une fibrose des tissus. En cela, la rééducation pénienne permet de stimuler les mécanismes de l’érection afin de parvenir à des érections naturelles par la suite. Jusqu’alors, nous vous recommandons d’avoir un suivi avec un médecin sexologue afin d’être accompagné sur cette thématique en particulier.

Les nerfs érecteurs sont détruits

Parfois, lorsque les nerfs érecteurs sont trop proches des cellules cancéreuses, le chirurgien n’a pas d’autre choix que de les détruire afin d’espérer une guérison.

Lorsque les nerfs érecteurs sont détruits, la prostatectomie cause une impuissance définitive. L’érection naturelle n’est définitivement plus possible. Une solution réside alors dans la pose d’un implant pénien qui permet de simuler une érection.

Il existe deux types de prothèse pénienne : l’implant gonflable (l’homme le gonfle à la demande ; en dehors de cela son pénis est au repos) et l’implant malléable (les prothèses sont toujours en place ; le pénis n’est jamais vraiment au repos).

L’homme peut choisir le type d’implant qu’il préfère en fonction de ses habitudes. Quoi qu’il en soit, la pose de la prothèse dans le corps caverneux du pénis nécessite une chirurgie suivie d’une hospitalisation de 1 à 2 jours. Il s’agit d’une solution durable puisque les implants peuvent rester en place entre 10 et 20 ans. 

Quelle est la durée de l’incontinence urinaire après une prostatectomie ?

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Des troubles urinaires sont à prévoir dans les semaines qui suivent l’intervention. Il s’agit notamment de fuites urinaires qui, souvent, sont temporaires. Ces fuites se manifestent principalement lors d’efforts physiques. Elles s’expliquent par une altération momentanée du fonctionnement du muscle de la vessie et du sphincter.

Pour retrouver une continence normale, une rééducation urinaire peut s'avérer nécessaire. Elle consiste en un renforcement du muscle périnéal à travers différents exercices (exercices de Kegel). Par exemple, contracter le périnée, tenir quelques secondes puis relâcher et répéter l’exercice. Le périnée soutient les sphincters de la vessie et joue donc un rôle important dans la continence.

Par ailleurs, cette rééducation périnéale sera également bénéfique pour les troubles de l’érection dont souffrent de nombreux hommes ayant subi une opération de la prostate.

Généralement, l’incontinence urinaire ne dure que quelques semaines. Si, toutefois, elle persiste au-delà, alors un traitement spécifique devra être mis en place. Celui-ci peut se baser sur les nouvelles techniques de bandelettes sous urétrales. Il s’agit d’un renfort pelvien qui permet le plus souvent de stopper les fuites urinaires.

Vous en savez désormais davantage sur la prostatectomie. Vous avez des questions ? N’hésitez pas à consulter un médecin sexologue en ligne sur Charles.

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