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Éjaculation douloureuse : causes, symptômes, traitements

Éjaculation douloureuse : causes, symptômes, traitements

Une douleur pelvienne chronique (avec une éjaculation douloureuse) est l’un des motifs de consultations les plus fréquents en urologie chez les hommes de moins de 50 ans.

Pour autant, c’est encore un phénomène assez méconnu, dont le diagnostic est difficile ; les médecins parlent de prostatite chronique ou de « Syndrome Douloureux Pelvien Chronique ». 

Parmi les symptômes, on retrouve : des douleurs lors de la miction, une éjaculation douloureuse, un problème d'érection (souvent secondaire aux douleurs) et d’autres symptômes de sensations désagréables de la zone pelvienne.

Si la prostatite aiguë est une maladie infectieuse bien connue, la prostatite chronique reste plus mystérieuse. Par exemple, on estime que la prostatite chronique est infectieuse dans seulement 5 à 10 % des cas.

Essayons de dégager les principales causes d’une éjaculation douloureuse chronique et quels sont les traitements possibles.

Pourquoi mon gland est-il douloureux après l'éjaculation ?

Les causes de douleurs pendant ou après l’éjaculation peuvent être diverses. Parfois, il peut s'agir d'une simple irritation due au rapport sexuel : une mauvaise lubrification, des pratiques sexuelles trop brusques ou trop intenses...

Mais cela peut aussi être le signe d'une IST ou d'une infection, comme une mycose du gland (balanite du gland) ou encore des suites d'une intervention chirurgicale.

Dans tous les cas, si le gland est douloureux après chaque rapport ou après chaque éjaculation, c'est qu'il y a un problème quelque part : il faut alors consulter en cabinet ou consulter un médecin sexologue.

En effet, il peut s'agir d'un problème d'éjaculation dont il faudra déterminer les causes.

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Il s'agit très probablement d'un trouble de l'éjaculation masculine. Hormis des causes infectieuses (IST, mycose, prostatite...), les causes peuvent être :

  • L'hypertrophie bénigne de la prostate ;
  • Un syndrome pelvien chronique ;
  • Les suites d'une prostatectomie ;
  • L’absence d’hormones suite à un cancer de la prostate ;
  • Une obstruction des canaux éjaculateurs par des calculs ;
  • Ou encore la réaction à certains traitements, comme les antidépresseurs.

Il est important de consulter un médecin sexologue ; une éjaculation douloureuse n'est pas forcément grave mais il faut en écarter des causes organiques. Le plus souvent, il peut s'agir d'une inflammation ou d'une infection, pas nécessairement d'une IST (Infection Sexuellement Transmissible).

Ejaculation douloureuse : quels sont les signes d'un problème de prostate ?

La prostate est une glande qui se situe à la sortie de la vessie et qui entoure le canal urinaire. Elle est responsable du phénomène éjaculatoire. Les signes et les symptômes les plus courants d'un problème de prostate sont :

  • Le besoin d'uriner fréquemment, particulièrement la nuit ;
  • Des besoins d'uriner pressants ou soudains ;
  • Une sensation de brûlure ou des douleurs pendant la miction ;
  • Jet urinaire qui manque de force ;
  • Une éjaculation douloureuse : il peut s’agir d’une douleur flash mais aussi d’une douleur rémanente (qui persiste après l’éjaculation) ;
  • Une dysfonction érectile ;
  • De la fièvre, des courbatures, une prostate douloureuse lors d'un toucher rectal ;

Afin de diagnostiquer la prostatite, il est important de faire le lien entre les douleurs lors de l’éjaculation et les symptômes urinaires.

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Qu'est-ce qu'une prostatite ?

Une prostatite est une inflammation de la prostate : lorsqu’elle est d’origine bactérienne, dans la majeure partie des cas, on parle de prostatite aiguë. Dans ce cas de figure, les douleurs et symptômes urinaires sont associés à de la fièvre et des frissons. Par ailleurs, la prostatite aiguë peut être causée par une IST telle que la chlamydia.

L’apparition d’une prostatite aiguë peut être favorisée par différents facteurs :

  • Des malformations urogénitales (de l'urètre, des testicules, etc) ;
  • La position assise prolongée, en avion ou en voiture par exemple ;
  • La pratique intensive du vélo.

C’est une entité infectieuse bien connue des médecins, dont le diagnostic et le traitement sont bien codifiés (comme une infection urinaire, cela se traite par antibiotiques).

Le terme de prostatite chronique est par contre remis en question depuis plusieurs années, notamment car elle est rarement d’origine infectieuse (5 à 10 % des cas) et que la prostate, bien que fragile, ne présente pas d’inflammation.

Prostatite chronique et Syndrome Douloureux Pelvien Chronique : quelle différence ?

On définit la prostatite chronique par les troubles et les douleurs qu’elle provoque : douleurs pelviennes (région du pelvis, du bassin, de la zone génitale, etc.) associées à des symptômes urinaires et sexuels dont les douleurs à l’éjaculation.

D’origine infectieuse dans seulement 5 à 10 % des cas, le Syndrome Douloureux Pelvien Chronique ou Chronic Pelvic Pain Syndrome (CPPS) concerne toutes les autres situations non-infectieuses.

L’implication de la prostate dans ce syndrome est donc remise en cause.

Par ailleurs, certains chercheurs ont émis l’hypothèse que la prostatite chronique soit causée par d’anciennes infections sexuellement transmissibles, non connues ou mal traitées. Toutefois, cette hypothèse n’a pas été vérifiée.

Il existe des facteurs de risque qui favorisent l’apparition d’une prostatite chronique. Ce sont par exemple les infections urinaires à répétition et les adénomes prostatiques.

Enfin, on estime que les prostatites touchent entre 2 à 10 % des hommes.

La classification des prostatites

En 1995, le National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney/National Institute of Health (NIDDK/NIH) a proposé une classification des prostatites, depuis largement adoptée dans le monde entier.

Il existe donc 4 catégories répertoriées à ce jour :

  • La première catégorie : elle concerne les prostatites aigües bactériennes. Les symptômes sont assez aigus et sévères (infection urinaire). 
  • La seconde catégorie : elle concerne les prostatites chroniques bactériennes avec infection asymptomatique de la prostate. Ces épisodes sont récidivants, liés au même pathogène. En pratique, les patients ont un premier épisode de prostatite aiguë et ensuite des épisodes de récidives plus ou moins ressentis.
  • Une troisième catégorie : il s’agit des prostatites chroniques non-bactériennes ou Syndrome Douloureux Pelvien Chronique. Les symptômes sont : des douleurs pelviennes chroniques, des troubles urinaires ou sexuels (en l’absence d’infection urinaire).
  • Enfin, une quatrième catégorie : ce sont les prostatites inflammatoires asymptomatiques.

Pourquoi la prostate gonfle ?

On parle d'hypertrophie bénigne de la prostate et ses causes sont encore incertaines.

Le vieillissement, des prédispositions génétiques ou les hormones sexuelles (testostérone et œstrogènes) semblent impliquées dans cette hypertrophie bénigne de la prostate.

Toutefois, l'hypothèse la plus probable est qu'avec l'âge, la prostate devient plus sensible aux hormones, ou réagit mal aux changements hormonaux.

Peut-on faire l'amour avec une prostatite ?

Une infection bactérienne, virale ou fongique peut être à l'origine d'une prostatite. Si l’inflammation est causée par une IST, alors faire l’amour sans se protéger est risqué pour votre partenaire qui peut attraper à son tour l’infection.

Ensuite, plusieurs interventions chirurgicales (comme une biopsie de la prostate ou la pose d'un cathéter) peuvent également exposer la prostate ou l'appareil génital à une infection. Dans ce cas, avoir des rapports sexuels non protégés peut exposer la prostate et être à l'origine d'une prostatite, même si la prostatite n'est pas contagieuse en tant que telle.

Ejaculation douloureuse : quels sont les traitements de la prostatite ?

Les prostatites chroniques sont les plus fréquentes. Elles peuvent être à l’origine d’un trouble sexuel ; pour autant, les douleurs peuvent se situer dans toute la zone urogénitale (périnée, pubis, urètre, testicules, bas du dos…).

Parmi les principaux symptômes, on retrouve notamment des symptômes urinaires et sexuels :

  • Une pollakiurie (le fait de devoir uriner souvent) ;
  • Une nycturie (le fait de se réveiller la nuit pour uriner de manière excessive) ;
  • La diminution de la force du jet urinaire ;
  • Des brûlures urétrales (brûlures dès le début de la miction ou au cours de la miction) :
  • Une dysfonction érectile :
  • Une éjaculation précoce ;
  • Des douleurs à l’éjaculation.

Le diagnostic se fait avec un examen clinique, notamment un toucher rectal afin de palper la prostate. D’autres examens tels que qu’un bilan bactériologique urinaire ou une échographie de l’appareil urinaire peuvent aussi être prescrit pour plus de certitude et de précision.

La prise en charge reste encore assez compliquée, notamment parce que ces prostatites posent souvent des problèmes d’évaluation et de traitements ; tant pour les médecins que pour les patients.

Il existe donc différents traitements, recommandés et contre-indiqués.

Éjaculation douloureuse dans le cas d’une prostatite non-bactérienne : les traitements 

Parmi les traitements recommandés, nous retrouvons :

  • Les alpha-bloquants pour les patients dont le diagnostic est nouveau (qui n’ont pas encore reçu de traitement) ;
  • Les antibiotiques si les analyses urinaires retrouvent une bactérie ;
  • Ou encore les traitements combinés : des exercices du périnée, voire de la kinésithérapie pour le périnée, aide psychologique, traitement antidépresseur (à double visée : antidouleurs et psychologique).

Parmi les traitements déconseillés :

  • Les antibiotiques lorsqu’il n’y a pas de signes de présence de bactéries ;
  • La 5 Alpha réductase en monothérapie ;
  • Les traitements anti-inflammatoires ;
  • Les traitements mini-invasifs (comme le TUNA), les applications de laser sur la prostate ;
  • Des traitements tels que la prostatectomie ou la résection de la prostate.

Nous ne détaillerons pas davantage la liste des traitements en cours d’évaluation ou d’études.

Éjaculation douloureuse : prévenir l’apparition d’une prostatite

Pour prévenir l’apparition d’une prostatite, aiguë ou chronique, de bonnes habitudes peuvent être mises en place dans la vie quotidienne. Ainsi, nous vous recommandons de :

  • Bien s’hydrater tous les jours ;
  • Ne pas se retenir d’uriner ;
  • Uriner de manière régulière et fréquente ;
  • Éviter d’avoir des rapports sexuels non protégés à risque ;
  • Avoir une hygiène intime correcte ;
  • Éviter le tabac qui affaiblit les défenses immunitaires.

Les complications possibles d’une prostatite

Une prostatite aiguë peut se compliquer dans certains cas. Exceptionnellement, le passage de la bactérie dans le sang peut causer un choc septique. De plus, ce type de prostatite peut également entraîner une rétention d’urine nécessitant une vidange de la vessie via un cathéter sus pubien posé sous anesthésie locale. Une prise en charge rapide de la prostatite aiguë est alors nécessaire afin d’éviter les complications.

Si cela reste rare, une prostatite chronique peut tout de même évoluer après plusieurs années vers un cancer de la prostate. Il s’agit d'ailleurs de l’un des cancers les plus courants chez les hommes.

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En conclusion : que faut-il retenir ?

La prostatite non-bactérienne chronique (ou Syndrome Douloureux Pelvien Chronique) est encore mal définie.

Le diagnostic et les traitements sont donc compliqués.

Il s’agit de situations souvent bénignes mais très gênantes pour les patients qui en souffrent à cause des symptômes.

Par ailleurs, la dégénérescence en cancer de la prostate est une hypothèse qui a été évoquée par certains articles. Mais actuellement, l’existence d’un syndrome douloureux pelvien (ou une éjaculation douloureuse chronique) n’est pas considéré comme un facteur qui augmente le risque de cancer de prostate ; qui semble plutôt lié à des facteurs génétiques, et essentiellement hormonaux.

En cela, des études doivent encore analyser les anomalies et les modifications géniques entre un tissu prostatique sain et un tissu prostatique inflammatoire.

Dans tous les cas, si vous souffrez de symptômes urinaires ou sexuels – tels que des douleurs lors de l’éjaculation – rapprochez-vous d’un médecin spécialiste. Il existe aussi des associations de patients souffrants de ces symptômes, tels que l’Urology Care foundation ou l’AQDC (l’Association Québécoise de la Douleur Chronique).

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