Qu’est-ce que l’érotomanie ?

érotomanie

Un sujet complexe que nous abordons aujourd’hui : l’érotomanie. Comment expliquer au mieux cette étrange psychose, sans tomber dans les clichés ?

De Clerambault délimite pour la première fois les caractéristiques de ce syndrome à partir de 1885. Mais on retrouve aussi des descriptions de cette pathologie dès l’antiquité chez Hippocrate.

Populairement appelée érotomanie, ce syndrome est caractérisé par l’illusion (l’idée) d’être aimé.

Retour sur cette psychose qui peut être à l’origine d’une souffrance dévastatrice.

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L’érotomanie : le désespoir amoureux

Les cas d’étude clinique rapportent majoritairement des femmes érotomanes ; dans des cas plus rares, des hommes.

Le patient est alors persuadé d’être aimé par un individu qu’il considère d’un niveau social et/ou professionnel supérieur.

En développant un processus délirant et élaboré sur cette personne, le patient éprouve l’incapacité à échapper aux « griffes affectives » de l’être aimant.

Et ces symptômes peuvent durer très longtemps : de quelques semaines à quelques mois dans la forme récurrente. Avant de remplacer cette psychose sur un autre individu.

On rapporte aussi dans la littérature, des personnes atteintes de ce syndrome pendant plus de 25 ans… Avec des conséquences désastreuses pour la personne qui se croit aimée, et son entourage.

Le diagnostic de cette psychose est par ailleurs compliqué. On parle parfois de « véracité paranoïde », de « trouble paranoïde », ou encore de « schizophrénie paranoïaque ».

De par la nature démesurée de ce processus délirant qui affecte la personne, son expérience totale de la vie, avec des illusions de persécution, de mégalomanie, de grandeur ou encore de jalousie, il semble justifié de parler d’une réaction schizophrénique, de type paranoïaque.

De plus, cette autodépréciation, en plus des illusions qu’elle cause, provoque des comportements anormaux – voire dangereux.

L’érotomanie ou le syndrome de Clerambault

Un psychiatre français, De Clerambault, décrit en 1921 un syndrome qu’il nommera « psychose passionnelle ».

Mais il utilise aussi d’autres termes pour décrire ce syndrome : « syndrome de l’amant fantôme », « réaction de transfert érotique psychotique », « amour délirant » ou encore « mélancolie érotique ».

Le patient s’identifie alors comme « l’objet d’amour » et conserve son innocence. C’est bien lui qui se sent persécuté, malgré le fait que la situation se retourne le plus souvent, et que le patient commence à écrire des lettres et à harceler la personne qui est censée l’aimer.

De Clerambault évoque aussi des croyances délirantes que le patient intègre progressivement dans son schéma psychotique.

Par exemple, il pense que son admirateur/admiratrice ne peut pas être heureux/heureuse sans elle (même s’il/elle est déjà marié.e) et n’accorde aucun crédit aux divers refus de l’individu en question.

Cela renforce même son sentiment et sa psychose.

Cette conduite paradoxale est souvent rationnalisée par le patient comme étant de l’orgueil ou de la timidité de la part de l’être aimant.

Et on retrouve aussi l’idée que son rang social ou professionnel l’empêcherait de dévoiler ses sentiments.

L’érotomanie « fixe » ou « récurrente »

La littérature à ce sujet divise deux formes d’érotomanie : une « fixe » et une « récurrente ». La forme fixe est censée être la plus sérieuse, car l’illusion est constante et peut durer toute la vie du patient.

Le plus souvent, cette forme d’érotomanie survient chez des patients mal intégrés socialement, tout en étant indépendants, imprévisibles et timides.

Ils ont tendance à avoir peu de relations sexuelles ou d’expérience, se sentent parfois inférieures aux autres.

Il s’agit principalement de femmes érotomanes.

Dans cette forme « fixe », cette femme choisit généralement un « amant » considéré comme ordinaire.

Dans la deuxième forme d’érotomanie, la « récurrente », les délires sont plutôt courts mais intenses ; et reviennent dans le temps.

Les personnes ont tendance à sélectionner leurs « amoureux/amoureuses » qui sont considéré.es comme puissant.es et proéminent.es.

Contrairement aux patients du premier groupe, ils sont plutôt en bonne santé, actifs sexuellement, impulsifs et plus agressifs. Ils pensent être aimés pendant plusieurs mois, avant de renoncer à cet « amant/amoureuse », pour en choisir un.e nouveau/nouvelle.

Cette illusion servirait en fait de défense contre une faible estime de soi, un rapport conflictuel à la sexualité et l’agression du monde extérieur.

Existe-t-ils des traitements de l’érotomanie ?

Les traitements s’avèrent et se sont avérés le plus souvent inefficaces. Toutefois, de rares cas ont retrouvé leur « santé mentale ».

Certains évoquent « une adaptation satisfaisante » de leurs patients après un traitement initial à la chlorpromazine 100 mg (un antipsychotique), puis au décanoate de fluphénazine 50mg (un autre antipsychotique) toutes les deux semaines.

C’est un traitement possible de la schizophrénie, avec le trifluoperazine.

Par ailleurs, la chimiothérapie, les thérapies à base d’électrochocs ou les psychothérapies axées sur la perspicacité se sont révélées inefficaces.

Les délires finissent toujours pas revenir, et se retrouvent ensuite plus résistants à tous les traitements.

Les traitements antipsychotiques sont donc globalement inefficaces, tout comme les psychothérapies. Pire encore, des patients peuvent devenir dangereux, avec des tentatives de meurtre sur « l’amoureux/amoureuse » ou une personne de sa famille.

On rapporte aussi des tentatives de suicides.

Ces évènements sont particulièrement susceptibles de se produire lorsque le patient arrive au stade du ressentiment ou de la haine, qui remplace l’amour, et les avances répétées infructueuses.

L’hospitalisation est donc parfois nécessaire.

Que faut-il retenir sur l’érotomanie ?

Ce délire psychotique est encore mal compris. Précisément parce que les érotomanes sont très rares : on en dénombre une centaine depuis les premiers cas réellement observés et décrits dans la littérature psychiatrique.

Le diagnostic reste compliqué, et les traitements sont encore délicats.

Si la forme « pure » ou « fixe » reste inchangée suite à son apparition soudaine, elle ne comporte pas d’idées de grandeur ou de persécution.

Cette forme d’érotomanie doit être comprise comme l’ensemble de la psychose, sans présence d’hallucinations, et la personne existe en fait dans un état de conscience « clair ».

L’autre forme par contre, l’érotomanie « récurrente », existe en association avec des troubles psychiatriques – dans la majeure partie des cas, une schizophrénie paranoïaque.

L’histoire de la psychiatrie du XXème siècle a pu combiner des traitements antipsychotiques à des thérapies électro-convulsives, en plus d’une psychothérapie de soutien.

Si cela a permis à certains patients de reprendre leur fonction ou leur activité, le processus délirant demeurait toujours présent.

On est alors en droit de se demander si ce genre de traitement comportait un réel bénéfice, et quels étaient ses dégâts sur les patients…

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Un commentaire sur “Qu’est-ce que l’érotomanie ?

  1. BAH Abdoul says:

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