Chemsex : des risques pour la santé ?

Chemsex

On a écrit beaucoup de chose sur le chemsex, particulièrement ces derrières années. Mais qu’est-ce que signifie vraiment ce terme ?

Chemsex désigne un ensemble de pratiques plutôt nouvelles, qui ont lieu principalement dans les milieux homosexuels : des hommes ayant des rapports avec d’autres hommes (HSH).

Ces pratiquent mélangent sexe, le plus souvent en groupe, et la consommation de drogues.

Mais ce phénomène n’est pas nouveau – les hétérosexuels le font depuis des siècles –, alors pourquoi le chemsex est-il si singulier ?

Petit retour sur cette pratique qui comporte un certain nombre de dangers.

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Pourquoi le chemsex est-il différent des autres pratiques mélangeant sexe et substances récréatives ?

Le fait de consommer des drogues ou de l’alcool, de manière récréative, notamment lors de rapports sexuels, concerne tous les individus et toutes les catégories sociales.

Mais il y a une petite spécificité avec le chemsex : les drogues consommées pour stimuler l’excitation tournent principalement autour de 3 substances. Il s’agit :

  • Du GBL : un sédatif liquide avec des effets d’euphorie ; plus connu sous le nom de GHB lorsqu’il se transforme dans le corps.
  • La méphrédone, un stimulant pas cher qui augmenterait l’endurance. 
  • Et la métamphétamine en cristaux, qui stimule l’excitation des utilisateurs.

Apparition du chemsex et ses utilisateurs

On désigne souvent par « chemsexer » un adepte du chemsex ; on estime l’apparition de ces pratiques à un moment clé de la lutte contre le VIH.

Malgré tout, cette lutte a bénéficié de l’émergence du traitement comme prévention (TasP, qui permet a un séropositif traité du VIH de ne plus le transmette) et dans les mêmes temps, de la mise en place d’un traitement post-expositon : la PreEP.

L’enquête Apaches réalisée par l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanes (OFDT)

Réalisée en 2018, cette étude nous a apporté un certain nombre d’informations.

Son objectif était de permettre une meilleure prévention et une réduction des risques pour les personnes impliquées par le chemsex.

(Si vous pratiquez le chemsex, vous pouvez à tout moment consulter un médecin pour éviter de prendre des risques.)

Cette étude montre notamment, que les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH), consomment plus de psychoactifs que les autres populations d’usagers. Mais le point le plus important est que cette consommation est très souvent liée à leur sexualité – qu’il s’agisse des pratiques sexuelles ou de l’identification sociale.

Un dispositif Trend (Tendances récentes et nouvelles drogues) de l’OFDT avait permis d’identifier les différents usagers de drogues et leurs pratiques sexuelles : d’un côté les « clubbers », qui consomment des drogues à un usage festif (ecstasy principalement) avant d’éventuelles relations sexuelles ; et de l’autre, les « chemsexers » ou les adeptes des « plans chems ».

Ces derniers consommant des produits – le plus souvent stimulants – directement lors de contextes sexuels.

Toutes ces observations ont soulevé différents points importants : les liens entre la sexualité, la socialisation, et la perception des populations qui se sentent opprimées ou jugées.

Parmi les chemsexers : une diversité de parcours et d’usagers

Si le chemsex concerne principalement les hommes ayants des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH), les parcours et la diversité des usagers sont tous différents.

En effet, les origines sociales des « chemsexers » sont très variées : l’étude Apaches souligne la diversité des populations HSH. Mais établir des statistiques est toujours compliqué : notamment parce que des profils peuvent ne pas apparaître à leur juste niveau dans une enquête.

Par exemple, les hommes éloignés des médias et des communautés ; les minorités dans les minorités : les « trans », les personnes stigmatisées trop jeunes ou trop vieilles, et bien d’autres.

Cependant, l’enquête a prêté une intention particulière entre les variations de la vie et leur influence sur la consommation de drogues.

Le chemsex intervient-il à des périodes spécifiques de la vie ?

Les entretiens consacrés à cette étude ont mis en évidence la corrélation entre des moments clés d’un parcours de vie, et la prise de substances psychoactives.

  • Ces moments peuvent être positifs : réussite sociale, personnelle, autonomie suite à des périodes dans des milieux oppressants, le fait de réchapper à la mort…
  • Pour d’autres, ces évènements sont problématiques : une rupture amoureuse, une déception, ou d’autres « accidents » de la vie…

Autrement dit, les usagers du chemsex, qu’ils soient positifs ou négatifs, ne jugent pas leurs pratiques comme une fatalité ou une contrainte dangereuse ; et le chemsex touche tous les milieux sociaux.

On retrouve même l’idée que le chemsex est une pratique désirable et désirée chez certains. Le chemsex met donc en évidence la condition complexe des HSH aujourd’hui.

Chemsex : une communauté marginalisée et stigmatisée

Nous savons que les discriminations sont nombreuses pour toutes les minorités de genre ou de sexe dans nos sociétés ; mais, comme nous l’avons vu, selon les évènements (positifs ou négatifs), il y a autant d’usagers du chemsex que de conditions sociales.

La condition sociale n’est donc pas un facteur prédominant : les chemsexers viennent de tous les milieux. Par contre, l’homosexualité est un facteur prédominant qui semble entretenir un lien avec cette pratique du chemsex.

Il y a d’un côté, la stigmatisation, les préjugés et les discriminations qui planent sur la communauté homosexuelle tous les jours ; renforçant son isolement ou sa vulnérabilité. Et de l’autre, l’amélioration des liens communautaires valorisants (variables dans le temps et sur les individus).

C’est pour cette raison que les réseaux de rencontres sont nombreux et aussi importants : en tant qu’amorce de socialisation, dans les bars, les clubs, mais aussi lors d’organisations (centres LGBT, associations, marches des fiertés).

  • Rappelons ce point important : les individus et les communautés marginalisés ont plus de chances de souffrir de toxicomanie ; et ce, pour de nombreuses raisons. Qu’il s’agisse d’homophobie institutionnelle, d’un abandon familial, d’une mauvaise sensibilisation aux risques, les minorités HSH subissent.

Pour autant, il ne faut pas faire un raccourci dangereux entre le monde de la fête et la toxicomanie. Dans tous les cas, si vous éprouvez des difficultés liées à une consommation excessive de drogues ou d’alcool, il est préférable de consulter un médecin : ils seront à même de vous écouter, sans aucun jugement.

Les ambivalences du chemsex

Les témoignages de l’enquête Apaches

Les témoignages de l’enquête réalisée permettent également de nous renseigner plus précisément sur ces pratiques :

  • Par exemple, on retrouve des usagers faisant du chemsex sans le savoir : souvent par éloignement des communautés ou des relais. Ils ne connaissent donc pas le terme ou ce qu’il induit, ou sont dans une sorte de déni (le chemsex concerne « les autres ».
  • D’autres utilisent des substances psychoactives pour « atténuer » le rapport sexuel, en le dissolvant dans des produits et des usages érotisés. Chez certains, les drogues permettent aussi d’assumer des situations difficiles (orientation sexuelle, peur du risque de VIH, parcours de migration etc.).

Cette pluralité d’expériences rapportée par l’étude Apaches démontre toute l’ambiguïté du chemsex : mais ces pratiques sont bien destructrices et dangereuses.

Les dangers liés au chemsex : liens entre VIH et chemsex

En plus du risque d’IST, il existe des réels risques cliniques – neuropsychologiques ou sociaux – aux usagers du chemsex.

Les données épidémiologiques sont alarmantes sur les risques du chemsex pour la santé sexuelle. Les entretiens ont mis en évidence la contiguïté (le lien) entre les expériences chemsex et le VIH : du côté des séropositifs et aussi des séronégatifs.

  • En effet, des témoins séronégatifs ont expliqué comment ils se « protégeaient », en recherchant des partenaires à charge virale indétectable ou sous PrEP ; d’autres comment l’avancé de la protection biomédicale a pu favoriser une (re)prise de substances.
  • Des personnes séronégatives sont devenues séropositives à cause d’échange de matériel (seringues etc.)
  • Parfois l’information de la PrEP a été connue d’une personne lors d’expérience chemsex : ce qui alerte les instances de prévention et les autorités sanitaires quand au faible niveau d’information.

De manière générale, cette ligne de partage entre séropositivité et séronégativité évolue, et avec elle la notion de risque : le risque du VIH est déplacé aux IST, mais avec des risque d’overdose en plus.

De plus, l’étude Apaches a montré que le chemsex ne peut pas être isolé des autres spécificités des HSH :

  • En termes d’expositions aux risques du VIH et des IST
  • Et que le chemsex s’inscrit pleinement dans la condition des HSH : entre plaisir et risque, isolement et socialisation, fuite et intégration…

Chemsex : que faut-il retenir ?

Le phénomène chemsex reste difficile à quantifier, tant il se pratique partout : applications pour rencontres, commandes de produits sur internet…

Il est très facile d’avoir recours au chemsex aujourd’hui – et les autorités sanitaires mettent en garde des risques réels de ces pratiques.

Pour autant, un traitement comme la PrEP a permis à de nombreux « chemsexers » de se protéger du VIH ; mais non des autres IST. Ce déplacement de risque reste donc inquiétant ; notamment parce que la prise de drogues dans ces pratiques inclut de nouveaux risques pour la santé en générale.

Rappelons quelques règles simples si vous pratiquez le chemsex :

  • Vous devez connaître vos limites
  • Soyez informé des médicaments que vous prenez
  • Prenez des traitements préventifs comme la PrEP (lorsqu’ils sont disponibles) en gardant à l’esprit que vous êtes vulnérable aux IST.  
  • Ne partagez jamais votre matériel à usage de drogues


Consultez ce site pour davantage de précisions et n’oubliez pas que vous pouvez décider, avec l’aide d’un médecin sexologue, de la meilleur stratégie afin de pas prendre de risque pour votre santé.

Sources

  • Stella Xuan Hoang. “Étude sur la pratique du “ Chemsex ” au sein de la file active d’hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) vivant avec le VIH suivis au CHU de la RéunionMédecine humaine et pathologie. 2017. ffdumas-01676257

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