Qu’est-ce que l’asexualité ? Est-ce un trouble ?

Asexualité

L’asexualité désigne chez quelqu’un l’absence d’attirance sexuelle, que ce soit pour quelqu’un d’autre ou pour soi-même. Parfois, on parle aussi d’un désintérêt général pour le sexe ; plus rarement comme une absence d’orientation sexuelle.

L’asexualité est en fait souvent considérée comme une orientation sexuelle en elle-même ; la notion d’attirance ou de désir sexuel n’existe cependant pas.

Il est pourtant important de différencier l’asexualité de l’abstinence sexuelle (ou du célibat), qui résulte souvent de valeurs morales, de croyances personnelles ou religieuses.

Enfin, une personne asexuelle peut avoir des relations sexuelles, sans éprouver de désir ou d’attirance ; il existe plein de raisons pour lesquelles une personne asexuelle a des rapports sexuels : la volonté d’avoir des enfants, dans le cadre d’une relation intime, pour satisfaire son/sa partenaire…

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Asexualité, sexualité et identité

L’asexualité ne signifie pas l’absence de désir de créer des relations romantiques (sans rapports sexuels)

Les sentiments sont bien distincts de l’attirance sexuelle. On peut considérer ce genre de relation, comme des relations platoniques.

On considère l’attirance d’une personne asexuelle, qui désire tout de même avoir des relations romantiques, de plusieurs façons :

  • L’attirance hétéroromantique : c’est une attirance romantique pour une personne d’un sexe différent (l’hétérosexualité, sans l’attirance sexuelle)
  • Une attirance homoromantique : il s’agit de l’attirance pour une personne de même sexe (homosexualité sans attirance sexuelle)
  • L’attirance biromantique : il s’agit de l’attirance pour les deux genres (ou plus) et pas nécessairement en même temps (aspect romantique de la bisexualité)
  • Le panromantisme  est une attirance pour toutes les personnes, indépendamment de leur sexe (pansexualité sans attirance sexuelle)
  • Et enfin, une personne n’éprouvant aucune attirance romantique (et sexuelle) est considérée comme aromantique

Les personnes asexuelles se définissent de plusieurs manières. Pour certaines, l’absence d’attirance sexuelle a toujours été leur norme ; pour d’autres, elle traverse des périodes, notamment lorsqu’on se questionne sur sa sexualité, ou qu’on l’explore.

Enfin, puisqu’une personne asexuelle considère son asexualité comme une identité sexuelle, il n’y a pas de test pour savoir si on est assexuel.le ou non.

Ce terme est surtout utilisé pour permettre à des gens de se reconnaître et de se rencontrer

Asexualité : quelle sexualité ?

Nous ne rentrerons pas dans des débats trop scientifiques, car la science n’a pas finit d’en démordre.

Cependant, nous pouvons nous demander quelle forme prend la sexualité d’une personne asexuelle.

L’asexualité n’est pas définie comme l’absence de toute pratique sexuelle.

En réalité, il est très difficile d’établir des normes : il existe autant de sexualités différentes chez les asexuel.les que chez les autres identités sexuelles.

Par exemple, une personne asexuelle peut avoir une relation sexuelle uniquement par curiosité, certain.es se masturbent alors que d’autres n’en éprouvent pas l’envie.

En fait, on dissocie la masturbation de l’attirance sexuelle ; la masturbation est comprise comme un besoin physiologique, et non comme une sexualité refoulée.

La notion de plaisir est même parfois totalement absente et la masturbation est juste mécanique 

Enfin, certaines personnes asexuelles acceptent les relations sexuelles pour faire plaisir à leur partenaire, d’autres y sont fondamentalement opposées

Différents types d’asexualité ?

On considère deux types de personnes asexuelles :

  • Les personnes demisexuelles : elles n’éprouvent aucune attirance sexuelle pour personne, sauf si un fort lien émotionnel est créé entre elles
  • Les personnes graysexuelles : elles éprouvent peu d’attirance sexuelle ou seulement dans des situations particulières

Asexualité et orientation sexuelle : que dit la science ?

D’abord, il est important de souligner que l’asexualité n’est pas considérée comme un trouble ou une pathologie : une personne asexuelle ne renonce à rien, puisqu’il n’y pas d’élan pour le sexe.

Une personne asexuelle peut donc très bien vivre sans attirance sexuelle et c’est un état durable, différent de l’abstinence, qui résulte d’un choix.

Par ailleurs, l’asexualité ne figure dans aucun classement des pathologies psychiatriques ; l’asexuel.le se reconnaît simplement dans une existence sans sexualité.

Pour des chercheurs, le problème vient surtout du fait de ranger l’asexualité dans la case des orientations sexuelles ; ce qui ne veut pas dire qu’on la définit comme un trouble ou une pathologie.

Simplement, ils estiment que l’absence d’attirance sexuelle rentre en contradiction avec l’idée d’identité sexuelle ou d’orientation sexuelle, puisqu’il n’y a pas de sexualité à proprement parler.

Nous n’insisterons pas plus sur cette question de l’orientation sexuelle, car les chercheurs ont encore tous des avis différents sur la question.

En conclusion

En dernier lieu, nous parlerons des personnes qui deviennent asexuelles au court de leur vie, naturellement, car les rapports sexuels sont absents.

C’est en fait une réponse physiologique tout à fait normale.

Lorsqu’on prend du plaisir sexuellement, on a plutôt envie de renouveler cette expérience ; lorsqu’on ne connaît pas ses sensations, ou qu’on ne prend pas de plaisir, et qu’on en vient à se priver de sexualité, on peut petit à petit diminuer son appétit sexuel et son désir – jusqu’à ce qu’il s’éteigne.

Le problème étant moins la vie sexuelle que la préservation des relations affectives et romantiques.

Car beaucoup de personnes asexuelles souhaitent vivre en couple, et l’abstinence de relations sexuelles peut être une vraie difficulté pour leurs partenaires.

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