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Quand réaliser une endoscopie digestive ?

Quand réaliser une endoscopie digestive ?

L’endoscopie digestive est un examen souvent pratiqué en hépato-gastroentérologie (plus de 2,8 millions d’examens selon le livre blanc de l’hépato-gastroentérologie de 2020). Seul un spécialiste formé au maniement de l’endoscope peut réaliser l'examen. L'endoscopie peut être indiquée dans un but diagnostique ou thérapeutique. Dans un cas comme dans l’autre, l’endoscopie digestive paraclinique n’est faisable que sur prescription médicale. Découvrez ici les raisons pouvant motiver une telle prescription.

Endoscopie digestive : qu’est-ce que c’est ?

L’endoscopie digestive est un examen médical qui donne accès à la visualisation de l’intérieur du tube digestif. Pour cela, l'hépato-gastro entérologie (HGE) introduit dans le tube un câble souple muni d’une lampe et d’une caméra. Ce câble constitue une partie de l’appareil dédié à la réalisation de l’endoscopie : l’endoscope.

En fonction de la portion du tube digestif qui doit être observée, le tuyau peut s'introduire par l’une des deux extrémités. Il s’agit de la bouche et de l’anus pour lesquels les appareillages qu'on utilise sont distincts. En fonction de l’état du patient, l’examen endoscopique peut se réaliser au cours d’une hospitalisation ou en ambulatoire (hors cadre d’hospitalisation).

La médecine distingue deux types d’endoscopies digestives : l’endoscopie digestive haute (ou fibroscopie) et l’endoscopie digestive basse. Pour chacun des deux types, les indications et les actes posés au cours de l’examen varient.

Quand réaliser une endoscopie digestive haute ?

Encore connue sous le nom d’endoscopie gastro-duodénale, la fibroscopie sert à observer la partie supérieure de l’appareil digestif. Celle-ci comprend l’œsophage, l’estomac et le duodénum (portion initiale de l’intestin grêle juste après l’estomac). Cet examen paraclinique se réalise à jeun, en partant de la bouche, sous anesthésie locale ou générale. Il peut aussi être qualifié de gastroscopie lorsqu’il est centré sur l’estomac.

Fibroscopie : quelles sont les indications ?

L’endoscopie digestive haute peut être demandée pour le diagnostic positif ou étiologique d’un trouble digestif. Par exemple, ce dernier peut se manifester par des douleurs abdominales résistantes aux traitements habituels. L’examen peut aussi être indiqué face à une anémie (suspectée d’origine digestive) ou dans une optique interventionnelle. Dans ce dernier cas, il permet de poser des gestes chirurgicaux mineurs. Ces derniers peuvent être :

  • des biopsies (prélèvements de la paroi digestive) ;
  • des gestes hémostatiques (au niveau de petits vaisseaux sanguins saignants) ;
  • l’ablation d’une tumeur bénigne ou d’un corps étranger (arête de poisson, etc.).

L’examen fibroscopique permet par exemple de poser le diagnostic de gastrite (inflammation de la paroi gastrique), d’ulcère œso -gastro-duodénal, de varices œsophagiennes, de tumeurs digestives bénignes ou malignes, etc.

Fibroscopie : y a-t-il des contre-indications ?

Même si le médecin a de bonnes raisons de recommander une endoscopie digestive haute, certaines situations rendent l’examen irréalisable. Il s’agit de l’insuffisance respiratoire grave, des troubles graves du rythme cardiaque et des troubles sévères de la coagulation sanguine. Outre ces trois contre-indications, certaines observations du professionnel de santé peuvent le pousser à vous déconseiller l’examen.

Fibroscopie : quelles précautions prendre ?

En tant que patient examiné, il est important que vous fournissiez toute information concernant vos traitements actuels ou pathologies dont vous souffrez. Par exemple, si vous êtes allergique à certains produits, votre gastroentérologue doit en être informé pour prendre les dispositions nécessaires.

De même, si votre examen doit se dérouler sous anesthésie générale (AG), vous aurez à passer par la case consultation pré-anesthésique. Cette dernière a lieu 8 à 10 jours avant la fibroscopie. Elle permet d’être sûr que votre organisme est prêt à recevoir une anesthésie générale. Si la consultation révèle des failles, il faudra les ajuster convenablement avant de reprogrammer l’endoscopie.

L’examen fibroscopique se faisant à jeun, l’équipe soignante vous fera savoir à partir de quel moment vous devez arrêter de manger. Cela implique aussi que vous ne devez ingérer aucune boisson et aucun médicament. Le tabac est également proscrit durant les 6 heures précédant l’intervention parce qu’il a tendance à augmenter les sécrétions gastriques.

Quand réaliser une endoscopie digestive basse ?

À l’opposé de la fibroscopie, l’endoscopie digestive basse sert à observer l’intérieur du côlon et du rectum. Communément appelée coloscopie, elle nécessite l’introduction du coloscope dans l’anus.

Coloscopie : quelles indications ?

Encore connu sous le nom de vidéocoloscopie, on indique cet examen face aux signes d’une affection intestinale :

  • présence de sang dans les selles ;
  • diarrhées chroniques inexpliquées ;
  • douleurs chroniques résistantes aux traitements habituels, etc.

L’endoscopie digestive par voie basse peut aussi être demandée pour le dépistage ou la résection d’une lésion cancéreuse ou précancéreuse. Il s’agit par exemple des polypes (lésions généralement bénignes, mais précancéreuses) et du cancercolorectal qui se développe souvent à partir d’un polype.

Coloscopie : des contre-indications ?

Tout comme pour la fibroscopie, l’examen coloscopie ne peut se réaliser sous certaines circonstances :

  • le patient n’est pas apte à recevoir une anesthésie générale ;
  • le côlon est en pleine cicatrisation (suite à la résection d’un polype de grande taille par exemple) ;
  • le patient souffrant d’une maladie incompatible avec l’insertion d’un coloscope dans le côlon (colite aiguë, suspicion de perforation ou d’occlusion intestinale, sigmoïdite, etc.).

On contre-indique aussi l’endoscopie digestive par voie rectale lorsque le patient panique. S’il ne parvient pas à se calmer, on peut lui proposer une alternative : coloscopie virtuelle ou coloscanner. Cet examen a la particularité de ne nécessiter ni anesthésie générale ni insertion d’un tube par l’anus.

Coloscopie : quelles précautions prendre ?

À l’instar de la fibroscopie, la vidéocoloscopie nécessite que le spécialiste soit mis au courant de toute médication en cours ou pathologie. La consultation pré-anesthésique est également obligatoire et détermine la compatibilité ou non du patient avec une anesthésie générale.

La réalisation de la coloscopie se précède d’un régime sans résidus durant les deux jours précédant l’examen. Ce régime aide à ce que le côlon et le rectum soient vides et leurs parois propres. Une préparation colique est également prescrite au patient pour évacuer les matières fécales présentes dans le tube digestif.

Cette préparation provoque des diarrhées normalement indolores pour vider complètement l’intestin. Tout comme l’endoscopie par voie haute, la coloscopie se fait à jeun. Vous ne devez donc pas boire, manger ou fumer suivant le délai prescrit par le médecin. Il est vraiment important de suivre ces recommandations à la lettre. Autrement, la partie basse du tube est s'encombre durant l’examen qui est alors plus long et moins précis. Dans 10 à 20 % des cas en France, le gastroentérologue n'a pas le choix que de reprogrammer la coloscopie.

En ce qui concerne le régime sans résidus, les professionnels de santé se chargent de vous faire part des détails. De façon globale, les aliments suivants sont exclus :

  • café turc, sodas et boissons alcoolisées ;
  • céréales complètes, fritures et charcuteries ;
  • légumes et leurs préparations en contenant ;
  • viandes à fibres longues ou tendineuses (pot-au-feu) ;
  • fruits et leurs préparations en contenant (mix, jus, confiture, yaourt aux fruits).

Le lait ainsi que ses dérivés peuvent aussi être proscrits par l’hépato-gastroentérologue. A contrario et sans avis médical contraire, les aliments suivants sont autorisés : viandes et poissons maigres, œufs (sauf les œufs au plat), féculents, pain blanc ou biscottes, sucre blanc, eau non gazeuse, etc.

Quand réaliser une endoscopie digestive d’urgence ?

Dans certains cas, l’endoscopie digestive doit se faire dans un délai très restreint en raison de l’état de santé du patient. On parle alors d’urgence endoscopique. Celle-ci implique la réalisation d’une endoscopie digestive dans un délai de 12 heures. Les heures non ouvrables, le week-end ou les jours fériés ne doivent pas constituer un frein à l’examen.

L’hémorragie digestive haute

Lorsqu'on présume haute l’origine d’une hémorragie digestive, le délai de réalisation de la fibroscopie est de 24 heures. Toutefois, l’urgence endoscopique n’est plus si le patient présente un score de Glasgow- Blatchford inférieur, s’il n’y a pas d’indication à une endoscopie ou si la sortie du patient est possible.

Le délai passe à 12 heures si le patient présente :

  • une hémorragie digestive intra-hospitalière ;
  • une hypertension portale suspectée ou confirmée ;
  • des signes d’instabilité hémodynamique persistante ;
  • une contre-indication à l’interruption des anticoagulants.

Dans tous les cas, la décision finale revient au spécialiste.

L’ingestion de corps étrangers

Ici, l’endoscopie digestive doit être immédiate (réalisée dans les 2 heures) si l’œsophage est complètement obstrué. Il en est de même si ce sont des objets comme les piles, les batteries de bouton ou des corps pointus qui encombrent l’œsophage.

Le délai est ramené à 24 heures :

  • s’il n’y a pas d’impaction alimentaire obstructive dans l’œsophage ;
  • s’il y a des objets de plus de 6 cm de longueur dans le duodénum ;
  • mais aussi s’il y a des objets aimantés dans le duodénum ou en amont ;
  • si les objets présents dans l’œsophage sont non pointus ;
  • s’il y a des objets pointus dans l’estomac.

Il n’y a généralement pas d’urgence endoscopique dans la majorité des autres cas. Ceux-ci peuvent tout de même nécessiter une extraction.

Le cathétérisme biliaire

En ce qui concerne cette éventuelle urgence endoscopique, il n’y a pas de consensus scientifique sur le délai. Il revient donc au personnel soignant de prendre une décision en fonction des données dont il dispose.

La colite ischémique

La colite ischémique n’entre pas réellement dans le cadre d’une coloscopie d’urgence. En effet, le délai recommandé est de 48 h si la maladie est suspectée à n’importe quel stade. Toutefois, la rectosigmoïdoscopie peut être urgente (délai non précisé). Pour cela, il faut être dans une forme grave, en absence de complications sur le scanner et l’endoscopie doit conditionner la chirurgie en urgence.

En dehors de ces affections, l’urgence endoscopique peut se présenter en cas d’exsufflation colique (délai non précisé) ou de volvulus du sigmoïde (délai de 12 h).

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