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Stomie digestive : indication, fonctionnement, évolution

Stomie digestive : indication, fonctionnement, évolution

En France, 80 % des patients stomisés ont reçu une stomie digestive. Cette dernière se définit comme un abouchement à la peau d’une partie du tube digestif. Indiquée pour traiter une maladie ou soulager des symptômes, elle peut être permanente ou temporaire. Elle se décline sous plusieurs formes en fonction de l’affection en cause.

La stomie digestive est un geste chirurgical ayant un impact important sur le patient, mais aussi sur son entourage. Il est donc intéressant de disposer des bonnes informations pour une qualité de vie optimale. Découvrez ici les indications, le fonctionnement et l’évolution d’une stomie digestive.

Quelles indications pour une stomie digestive ?

Les indications d’une stomie digestive varient en fonction du type de stomie prescrit.

L’œsophagostomie

Cette stomie digestive consiste à aboucher l’œsophage proximal à la peau cervicale gauche (au niveau du cou). On l'indique généralement chez les patients présentant une lésion caustique de l’œsophage nécessitant une œsophagectomie partielle (ablation d’une partie de l’œsophage).

Le chirurgien pratique l’œsophagostomie dans le but de conserver une bonne partie de l’œsophage. Une fois suturée à la peau, cette dernière est utilisée plus tard pour une chirurgie reconstructive. L’œsophagostomie peut aussi être demandée en cas de brûlures graves de l’hypopharynx. En fin d’intervention, la personne opérée présente un court moignon œsophagien extériorisé en stomie à l’aide d’une sonde. Cela permet de recueillir et de vider la salive émise par le patient au cours de la journée.

La gastrostomie

Cette intervention chirurgicale vise à aboucher l’estomac à la peau abdominale. Destinée à l’alimentation du patient, elle est indiquée en cas de cancer du larynx, de l’oropharynx ou de l’œsophage. Elle peut aussi être réalisée chez une personne étant dans l’incapacité de s’alimenter par voie naturelle.

Par ailleurs, la gastrostomie s’avère parfois nécessaire chez les personnes ayant subi une opération abdominale majeure. Elle sert d’alternative à la sonde naso-gastrique de longue durée. Cette stomie digestive peut se réaliser par voie endoscopique ou par laparotomie (sous anesthésie locale ou générale).

Il est important de savoir qu’un patient ayant reçu une gastrostomie présente des risques de :

  • sepsis pariétal ;
  • reflux de liquide acide ;
  • brûlures cutanées péristomiales ;
  • désunion stomiale avec risque de fuite de liquide gastrique dans la cavité péritonéale.

L’ajustement de l’appareillage ou une correction chirurgicale peuvent alors s'envisager pour remédier à ces complications.

La jéjunostomie

Le jéjunum désigne la partie de l’intestin situé entre le duodénum (après l’estomac) et l’iléon. Cette forme de stomie consiste à mettre à la peau abdominale le jéjunum proximal. L’abouchement se fait généralement entre la première ou la deuxième anse intestinale pour favoriser une alimentation entérale hypercalorique.

Cette intervention chirurgicale est souvent indiquée en cas de dénutrition due à un cancer œsophagien ou gastrique ayant nécessité une résection chirurgicale. La jéjunostomie intervient également chez les patients cachectiques (fonte du tissu adipeux et des muscles) souffrant d’une maladie de Crohn. La stomie permet d’instaurer une nutrition hypercalorique.

En outre, les situations où une alimentation perorale est impossible ou insuffisante peuvent nécessiter une jéjunostomie.

L’iléostomie

Cette opération consiste en l’abouchement de l’iléon terminal (dernière partie de l’intestin grêle) à la peau abdominale. Le plus souvent provisoire, elle est réalisée :

  • en cas de maladie inflammatoire du côlon ;
  • pour la protection d’une anastomose digestive ;
  • en cas de perforation intestinale ou de traumatismes abdominaux graves.

L’iléostomie permet l’évacuation des selles avant qu’elles atteignent la partie malade ou affectée de l’intestin. Une fois cette partie guérie, le circuit normal se rétabli. On utilise un protecteurcutané pour éviter que la peau soit en contact avec les matières fécales qu'émet la stomie. De même, les périodes de pertes importantes doivent être accompagnées d’une surveillance minutieuse de la perte d’électrolytes et des apports de liquides. Cela permet de prévenir une potentielle déshydratation.

La colostomie

La colostomie désigne la mise à la peau d’une partie du côlon (transverse, sigmoïde). Pouvant être latérale ou ventrale, elle est majoritairement temporaire. Dans ce cas, elle est indiquée pour protéger une anastomose colorectale basse ou à la suite d’une résection sigmoïdienne. Les colostomies définitives sont généralement liées à une amputation abdomino-périnéale.

La création d’une colostomie entraîne une perte de la continence. Autrement dit, le patient stomisé ne contrôle plus ses selles et gaz. Ceux-ci sont spontanément émis par la stomie. Selon la partie du côlon où se situe la colostomie, les selles recueillies peuvent être semi-liquides, pâteuses ou moulées.

Comment fonctionnent les stomies digestives ?

Afin que la stomie réalisée joue correctement son rôle, il est essentiel de procéder à son appareillage (généralement centré autour de la poche de stomie). Pour ce dernier, l’infirmier stomathérapeute ou l’équipe soignante aide le patient à faire le choix idéal en fonction du type de stomie digestive et des caractéristiques propres à la personne stomisée.

Il faudra par exemple prendre en compte votre morphologie, votre type de peau et vos activités. Avec un minimum d’entraînement, vous pouvez vous occuper de votre appareillage sans l’aide d’une tierce personne. Cela vous permet de garder votre indépendance.

La santé mentale avec une stomie digestive

Souvent difficile à accepter, la stomie est source d’inconfort et d’isolement pour le patient et pour son entourage. Cela est tout à fait normal puisque cette intervention entraîne une modification de l’image de soi, et ce, même quand elle est temporaire. Si vous êtes dans cette passe difficile, n’hésitez pas à discuter avec votre stomathérapeute.

Vous pouvez également consulter un psychologue qui vous offrira un appui psychologique. Enfin, des groupes de soutien vous permettent d’échanger avec d’autres patients et de recevoir des conseils utiles.

L’alimentation avec une stomie digestive

Sauf avis médical contraire, une stomie ne nécessite pas un régime alimentaire drastique. Au contraire, il permet à de nombreux patients de retrouver une alimentation plus équilibrée. En effet, dans de nombreux cas, les personnes ayant besoin d’une stomie ont longtemps été obligées de restreindre leur alimentation en raison de l’affection en cause.

Toutefois, l’organisme est tout de même un peu plus fragile et il faut donc faire un peu plus attention. Premièrement, une attention particulière doit être portée à l’hydratation. Il est possible que la stomie digestive court-circuite la réabsorption de l’eau qui doit normalement être assurée par le côlon. Aussi, certains aliments doivent être consommés avec plus de précautions.

En effet, ces derniers risquent d’être source de gaz, de constipation ou d’une grande quantité de matières fécales. Les générateurs potentiels de gaz sont les :

  • légumineuses (pois, flageolets, etc.) ;
  • crucifères (choux, etc.) ;
  • boissons gazeuses ;
  • échalotes et sodas ;
  • oignons et ail ;
  • œufs, etc.

Les constipants potentiels sont le riz, les sodas, les carottes cuites, les bananes et fruits secs. Enfin, les produits qui peuvent induire une grande quantité de selles sont ceux qui sont riches en fibres, les légumes, légumineuses et céréales complètes ainsi que les fruits crus.

Le sport et les vêtements avec une stomie digestive

Les activités physiques sont peu limitées par la stomie digestive. Mais il faut d’abord s’assurer que le chirurgien a donné son feu vert. Pour un bon soutien, vous pouvez vous servir d’une ceinture de protection spécialement conçue à cet effet. Même la natation est possible, à condition d’adapter l’appareillage et de ne pas passer plus de 30 minutes dans l’eau.

Par ailleurs, il vaut mieux éviter les sports avec des contacts physiquement potentiellement violents. Il s’agit par exemple du rugby et des sports de combat qui peuvent provoquer des traumatismes au niveau de l’abouchement. En outre, vous êtes libre de vous habiller comme vous voulez avec votre stomie digestive. Il est recommandé d’éviter les ceintures et les vêtements susceptibles de serrer l’abouchement et l’appareillage.

La vie de couple avec une stomie

Être stomisé(e) ne vous rend pas inapte aux relations sexuelles, sauf avis médical contraire. Le plus important reste la cohésion entre votre partenaire et vous. Si vous avez des doutes ou appréhendez la situation, n’hésitez pas à en parler avec votre stomathérapeute ou votre psychologue.

Par ailleurs, avoir une stomie digestive n’est pas un frein à la grossesse. Il faudra juste en discuter avec votre personnel soignant pour adapter l’appareillage aux modifications qu’engendre une gestation.

Comment une stomie digestive peut-elle évoluer ?

Quelles qu’elles soient, les suites d’une stomie digestive peuvent être simples ou marquées par des complications.

Les suites simples

De façon naturelle, l’aspect de la stomie se modifie au fil du temps. Cela indique simplement que le processus normal de maturation de l’abouchement se poursuit. En postopératoire (juste après l’intervention), la stomie est œdémateuse (enflée), avec un calibre important et une couleur rouge violacé.

Après 3 à 6 semaines, le calibre se réduit et l’œdème se résorbe. Cela implique une adaptation de l’appareillage. La réduction du calibre sera progressive donc l’adaptation du matériel aussi.

Les complications

Les complications peuvent être précoces (survenant quelques heures ou jours après l’opération) ou tardives (survenant jusqu’à plusieurs années après l’intervention). Voici les complications précoces possibles :

  • l’hémorragie ou la suppuration (émission de pus) ;
  • l’éviscération (extériorisation des viscères abdominaux) ;
  • la nécrose de la stomie (aspect cyanosé/bleu puis noir) ;
  • la désinsertion de la stomie (qui peut être totale ou partielle) ;
  • l’occlusion intestinale (caractérisée par une reprise tardive du transit intestinal) ;
  • la rétraction complète ou partielle de la stomie (cette dernière se réintègre dans l’abdomen).

La survenue d’une fistule colique est également possible. Cette complication se manifeste généralement par une fuite de liquide digestif. Si le moindre signe vous inquiète suite à une stomie digestive, n’hésitez pas à avertir le personnel soignant. Quant aux complications tardives, elles peuvent prendre la forme :

  • d’une sténose (réduction anormale du calibre de la stomie) ;
  • d’un saignement (signant une récidive de la maladie causale) ;
  • d’un prolapsus stomial (invagination côlo-colique extériorisée) ;
  • d’une dermite de contact (irritation de la peau par les effluents) ;
  • d’une éventration (passage des anses intestinales à travers une zone de faiblesse de la paroi abdominale).

Le bourgeon charnu, l’occlusion secondaire, le pyoderma gangrenosum et la tête de méduse sont d’autres complications tardives potentielles.

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