Viagra et coronavirus : le Viagra peut-il aider les patient.e.s atteint.e.s du COVID-19 ?

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Par le Dr Gilbert Bou Jaoudé, Médecin sexologue et directeur scientifique de la plateforme Charles.co

Le Viagra peut-il aider les patient.e.s atteint.e.s du COVID-19 ?

Certains verront à cette question une blague de mauvais goût – ou une nouvelle information farfelue…

Et pourtant, le Viagra comme traitement du COVID-19, est l’une des pistes sérieuses sur laquelle travaillent actuellement plusieurs experts.

Viagra vs coronavirus : quelles bases scientifiques ?

Le sildenafil (Viagra) est découvert dans les années 90 et commercialisé pour la première fois en 1998.

Il a comme principal effet d’aider les petites artères du corps à mieux fonctionner, en leur permettant notamment une meilleure ouverture.

Le sang rentre alors plus facilement dans le pénis, améliorant ainsi l’érection.

Le sildenafil a été la première molécule d’une classe de médicaments qu’on appelle Inhibiteurs de la PhosphoDiEstérase 5 (IPDE5). D’autres molécules ont ensuite fait leur apparition : le tadalafil (Cialis) le vardenafil (Levitra) et l’avanafil (Spedra).

L’efficacité de cette classe de médicaments est basée sur toute une cascade de phénomènes biologiques complexes ; et en particulier sur l’amélioration de l’effet du Monoxyde d’Azote (NO).

Ce gaz a un rôle essentiel dans le bon fonctionnement des cellules artérielles, non seulement au niveau du pénis, mais aussi dans toutes les artères du corps. L’effet et le rôle du NO sont tellement importants, qu’on a récompensé ces découvertes par un Prix Nobel de Médecine (Louis J. Ignarro)

Par ailleurs, le sildenafil et le tadalafil (viagra et cialis), grâce à leur effet via le Monoxyde d’Azote, sont des molécules officiellement accréditées.

On les utilise depuis de nombreuse années.

Notamment, comme traitement des maladies cardio-respiratoires graves. Par exemple : contre l’Hypertension Artérielle Pulmonaire (HTAP), ou bien chez les enfants nés avec des malformations cardio-respiratoires, ou encore dans certains cas de fibroses pulmonaires

En effet, grâce à leur impact positif sur la microcirculation sanguine dans les poumons, les IPDE5 sont efficaces pour améliorer l’état des personnes (hommes et femmes) atteintes de maladies pouvant altérer le système vasculaire des poumons.

Et c’est hélas le cas de la maladie COVID-19.

Viagra vs coronavirus : où en sont les recherches ?

Une première utilisation du monoxyde d’azote (NO) lors de l’épidémie du SRAS

En fait, l’utilisation du monoxyde d’azote (NO) dans des syndromes respiratoires graves d’origine virale, date de l’époque de l’épidémie du SRAS en 2004.

Une équipe de chercheurs Belges (université de Louvain) avait alors montré qu’en administrant le NO sous forme gazeuse aux patient.e.s atteint.e.s du SRAS, on pouvait améliorer significativement leurs symptômes et éviter de devoir les mettre sous assistance respiratoire.

Mais à l’époque, l’épidémie du SRAS avait été vaincue en moins d’un an. Les travaux n’ont donc pas été développés davantage.

Le monoxyde d’azote de nouveau d’actualité

Ce n’est qu’avec l’arrivée récente de la pandémie du Coronavirus (qui peut atteindre les poumons comme le SRAS et entraîner un risque de détresse respiratoire), que le NO a de nouveau été testé.

En ce moment, une étude clinique est en cours aux USA et quelques pays européens. On espère pouvoir démontrer que l’administration d’un gaz de NO aiderait les patient.e.s atteint.e.s de COVID-19.

Etant donné que le Viagra (et les autres médicaments de la classe IPDE5) :

  • A un effet basé sur celui du NO (il accentue l’effet du NO)
  • Qu’on l’utilise depuis de nombreuses années dans les services de réanimation (y compris pédiatriques) pour améliorer l’état des patient.e.s sous respirateur et les aider à s’en passer

Il était alors logique de tenter son utilisation chez les patient.e.s atteint.e.s du COVID-19.

L’étude qui est actuellement en cours concerne surtout les patient.e.s atteint.e.s de formes légères à modérées. L’objectif est de leur éviter le passage en détresse respiratoire (et donc d’éviter de se retrouver sous ventilation artificielle).

Viagra vs coronavirus : que retenir ?

Comme toujours, il faut attendre les résultats définitifs des études pour pouvoir affirmer que le Viagra est un traitement efficace contre le COVID-19.

L’histoire de cette molécule et son utilisation déjà très courante dans les services de réanimation, laissent cependant supposer son utilité – au moins chez certain.e.s patient.e.s atteint.e.s du COVID-19.

En revanche, on peut affirmer un point : si vous êtes un utilisateur des médicaments de l’érection, il n’y a aucune contre-indication médicale à les interrompre dans cette période de Coronavirus.

Il suffit de respecter les règles d’indications et de contre-indications habituelles.

Et pour savoir ce que vous pouvez faire ou ne pas faire dans votre vie sexuelle, pour ne pas transmettre ni « attraper » le Coronavirus à cause des relations sexuelles, je vous invite à lire mon article détaillé sur ce sujet avec des consignes claires et adaptées à toutes les situations

A propos de Charles.co

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Un commentaire sur “Viagra et coronavirus : le Viagra peut-il aider les patient.e.s atteint.e.s du COVID-19 ?

  1. rafik kouider rahmani says:

    question = la vasodilatation induite par le sildenafil peut favoriser un eoudeme pulmonnaire

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