La sexletter #2, par Charles.co et Claire Alquier

Plaisirs solitaires
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Le mot, par Charles.co

Au milieu de ce brouhaha sanitaire, Charles.co et la sexologue Claire Alquier prennent soin de votre santé sexuelle. Le thème de la semaine ? Les plaisirs solitaires

Longtemps diabolisés, ils sont aujourd’hui plus acceptés dans la société même si les préjugés ont encore la vie dure. Histoire, conseils et anecdotes : vous saurez tout sur la masturbation.

Les plaisirs solitaires, par Claire Alquier

« Jouer au billard anglais », « ne se lire que d’une main », « jouer de la mandoline » ou encore « secouer son grain de café », voilà quelques expressions abracadabrantes qui nous amènent à notre sujet du jour

Vous l’aurez sûrement compris : nous allons parler de plaisir solitaire, d’onanisme, ou encore d’auto érotisme… Bref, de cette pratique plus connue sous le terme de « masturbation ».

On parle bien de se donner du plaisir en stimulant ses organes génitaux ou d’autres zones érogènes, avec ses mains ou divers objets et accessoires prévus (ou farfelus) à cet effet. Mais connaissiez-vous l’origine du mot masturbation ? Il vient du latin manus qui signifie la main, et stuprare qui signifie polluer.

Se masturber donc, littéralement, cela signifie “se polluer avec la main”.

D’emblée, nous étions en bien mauvaise posture… et tout logiquement, le plaisir solitaire fut largement diabolisé pendant plusieurs siècles.

Penchons nous sur la diabolisation de la masturbation, retraçons ensembles quelques étapes clé de cette sexualité trop souvent sous-estimée. 

Masturbation et société : un début de relation houleux

Tout bascula le jour où John Marten, un médecin anglais, publia anonymement au début du 18ème siècle, un tract dénonçant la masturbation comme étant la « mère de tous les dangers » qui ferait perdre tout flux vital aux hommes et aux femmes qui en sont adeptes. 

Si à l’époque, on jugeait déjà de certaines pratiques immorales en les punissant (la sodomie ou l’adultère par exemple), le plaisir solitaire restait pratiqué dans le secret. 

Grâce à d’autres médecins et penseurs se ralliant à la cause, la team anti masturbation s’employa à “éradiquer ce mal”, faisant preuve d’une belle imagination pour y parvenir. De “la tape sur les doigts” aux interventions chirurgicales sur le clitoris ou l’urètre, en passant par le piège à pénis avec des pointes, tous les moyens étaient admis ! 

Au fil des années, les croyances autour des méfaits de la masturbation vont bon train et dépassent les frontières (ne vous inquiétez pas, les français se sont aussi illustrés en ce sens). Si l’on se masturbe, on risque donc de “devenir sourd”, “aveugle”, de développer diverses pathologies (tuberculose, hystérie, épilepsie, dépression…), de perdre ses dents, ses cheveux, d’être couvert de pustules…

Bref, de belles promesses !

Quand la masturbation avait la vie dure…

Pendant près de trois siècles donc, cette innocente masturbation est le parent pauvre d’une sexualité déjà taboue, et est perçue comme un vice moral qui porte atteinte à la santé globale.

Fun fact, s’il en est, c’est aussi un des premiers sujets touchant à la sexualité où l’homme et la femme se retrouvent observés et jugés de manière à peu près égale. 

Les conséquences de la pratique en solitaire sont perçues comme dangereuses pour la santé, même si elles sont toujours un peu plus graves chez les femmes (quand même).

Pour ces dernières, la masturbation, en plus de les rendre malades et de les mener à une mort douloureuse, démontre d’une perversité certaine, les femmes n’ayant normalement, rappelons-le : ni désir, ni plaisir. On expliquera aussi le rejet du plaisir solitaire par la perte d’énergie vitale et l’épuisement qu’il engendrerait.

Rappelons en effet que pendant très longtemps, les rapports sexuels n’étaient réservés qu’à une seule chose : faire de beaux enfants.

On part de loin n’est-ce pas ? 

Heureusement, les paroles se libèrent et les représentations évoluent, et il est enfin l’heure en 2020 de l’assumer haut et fort : la masturbation, c’est bon ! 

La masturbation : un espace d’exploration et de découvertes

Aujourd’hui, heureusement, les effets positifs de la masturbation sont non seulement connus, mais aussi admis. Se donner du plaisir : 

Les effets bénéfiques de la masturbation !

  1. Diminue le stress

  2. Aide à mieux dormir

  3. Stimule l’activité cardiaque et donc muscle le cœur

  4. Aide à la sécrétion des hormones du “bien-être” : sérotonine, ocytocine.

    Ainsi que d’autres hormones qui ont des vertus antidouleurs (endorphine), et favorisent l’apaisement… (Pour faire un petit point sur les bienfaits de l’orgasme, n’hésitez pas à (re)lire notre dernière newsletter !)

[Pour aller plus loin et les bénéfices de la masturbation pour la santé, nous vous renvoyons vers cet article !]

Outre ces aspects bénéfiques pour la santé, figurez-vous que les possibilités offertes par les plaisirs solitaires sont extrêmement vastes. Par exemple, la masturbation peut ne pas être que génitalisée, attention spoiler : le corps tout entier est une zone érogène potentielle.

Donc l’ensemble du corps peut être source de plaisir. Nous pouvons caresser l’espoir (oui, je l’ai fait exprès) qu’en explorant, qu’en laissant notre fantasmatique s’exprimer, qu’en faisant appel à notre créativité, on invente et ré-invente notre plaisir, de sorte à épanouir toujours un peu plus notre sexualité.  

Concrètement, comment s’y prendre ? 

Avec la masturbation nous pouvons varier les plaisirs : il y a de nombreuses manières différentes de se donner du plaisir.

Avec ses mains bien sûr, avec des accessoires aussi, et globalement en mettant à l’oeuvre tous nos autres sens. L’excellente nouvelle est que tous les outils de plaisir nous sont accessibles : il y a pléthore de sextoys et autres accessoires dévolus à cet effet (des qui vibrent, qui aspirent, dès qu’on peut pénétrer, des qui peuvent nous pénétrer, des qui chauffent, des qui refroidissent, des parfumés…).

Tout est possible, du moment qu’on en a envie. Et le premier des outils, c’est notre imagination

Parfois un peu endormie, elle peut être redoutable si on la convoque. La bonne nouvelle (ici aussi !), c’est qu’elle s’alimente : par la lecture par exemple (il y a beaucoup de biblio érotico-pornographiques allant de la littérature classique aux bandes dessinées), par l’audio-érotique, ou encore par les images (l’imagerie pornographique mériterait d’y consacrer un sujet à elle seule, attention teaser, cela viendra peut-être bientôt…).

Quelques unes des clés pour s’aventurer dans cet espace d’exploration et de découvertes pourraient être la curiosité et l’envie de se faire du bien.

La masturbation n’est pas une “sous-sexualité” !

Si la masturbation n’est pas (mais alors pas du tout) une “sous-sexualité” réservée aux célibataires (frustré.e.s), elle offre en plus la possibilité de mieux se connaître soi-même, et donc la capacité de se développer et créer des outils pour mieux jouir.

Accessoirement, et ce sera mon dernier argument : le fait de mieux maîtriser ce qui nous fait plaisir nous permettra aussi de mieux le communiquer à nos partenaires… C’est même une pratique que l’on peut concrètement partager !

Il ne devrait pas y avoir de norme en matière de masturbation, pas de mode d’emploi, trop enfermant. Chacun.e peut le faire à son rythme, et selon ses envies.

C’est un acte charnel envers soi-même qui peut évoluer dans le temps et nous amener vers l’exploration d’autres sources de plaisir. Evidemment si votre rapport à la masturbation vous fait souffrir, de quelque manière que ce soit, n’hésitez pas à en parler à un.e spécialiste. <3 

Le sexiez-vous ? champions du monde !

Plaisirs solitaires

C’est un japonais qui détient ce record de la plus longue masturbation. (À ne pas tenter chez vous)

masturbation

Créé aux Etats-Unis en 2000 :  les participants se masturbent et récoltent de l’argent pour la recherche et pour des oeuvres de charité, en plus banaliser la masturbation !

Plus rapide que l’éclair ! Pour rappel, une voiture circule à 50km/h en ville…

À tester chez vous, si le cœur vous en dit

Julia Roberts

En tête à tête avec moi-même

Lors d’un atelier en petit groupe sur les plaisirs solitaires, nous avons eu la chance de recevoir un joli témoignage d’une des participantes. Elle nous expliquait qu’elle se prévoyait régulièrement un petit moment à elle

La soirée consistait à se prévoir un repas gourmand, un (ou deux) verre(s) de vin, une série qui lui changeait les idées et la détendait, et un moment où elle prenait le temps de caresses. Cela aboutissait presque toujours à un orgasme, et si jamais il se faisait un peu capricieux, la satisfaction d’avoir pris une soirée de plaisirs rien que pour elle, était pleine et intacte. 

Vous l’aurez compris, il n’y a pas de recette magique toute prête à reproduire, mais bel et bien une quantité infinie d’ingrédients, à décliner et à varier, selon l’humeur, selon l’envie du moment !

Les ingrédients pour un plaisir solitaire

Voilà ce qui pourrait vous servir d’ingrédients de base, avec lesquels tout sera possible : 

  • mettre en silencieux ou éteindre son téléphone, en bref, faire en sorte de ne pas être dérangé.e
  • créer un contexte favorable à la détente : une douche bien chaude, un bain délassant, un soin, une musique agréable, une lumière tamisée, des bougies… (liste non exhaustive)
  • s’autoriser les choses qui nous font plaisir : un bon repas, un film, de la lecture, un podcast… (pas de limite là non plus !)
  • aller à la rencontre de son corps et oser se caresser, avec ou sans accessoires, avec son imagination, avec une lecture inspirante, un audio érotique ou un film coquin (tout ce qui vous inspirera)

L’idée est de prévoir un temps pour soi, de s’autoriser un moment spécial sous le signe du plaisir : sexuel certes, mais aussi sensuel. Celui qui vient des sens : goûter, sentir, regarder… 

Se faire du bien, s’accorder un plusieurs plaisirs… c’est à la portée de tous.tes. Alors n’hésitez plus, faites-vous plaisir !

Des chiffres et du sexe

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