Manque de désir : comment y remédier ?

éjaculation rétrograde

Dans le milieu médical, un manque de désir est appelé « trouble du désir sexuel hypoactif ». Ce trouble de la libido, parfois associé à une aversion sexuelle, affecte autant les hommes que les femmes.

Notre objectif est donc de définir clairement le trouble du désir – car « manquer » de désir n’est pas forcément pathologique selon les périodes de la vie, les situations, les contextes ou les partenaires – en précisant la nature du diagnostic et les traitements possibles.

Entre appréhensions ou difficultés liées à la prise en charge, Charles fait le point.

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Manque de désir : diagnostic du trouble du désir sexuel hypoactif et de l’aversion sexuelle

Il existe deux troubles du désir sexuel répertoriés dans la littérature scientifique et le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, quatrième édition.

Il s’agit du trouble du désir sexuel hypoactif et de l’aversion sexuelle.

Le trouble du désir sexuel hypoactif

On définit le trouble du désir sexuel hypoactif comme « des fantasmes sexuels déficients persistants ou récurrents (ou absents) et un désir d’activité sexuelle ».

Il est intéressant de noter dans cette définition la volonté de la personne a avoir des relations sexuelles : seulement, le désir est défaillant – voire absent.

C’est donc la notion de souffrance qui permet au médecin d’établir un diagnostic.

Il devra à l’aide de son ou sa patiente, porter un jugement de carence ou d’absence de désir sexuel (libido), en prenant en compte des facteurs qui peuvent affecter le fonctionnement sexuel : l’âge et le contexte de vie de la personne par exemple.

L’aversion sexuelle

On définit l’aversion sexuelle comme « une aversion extrême persistante ou récurrente et l’évitement de tous (ou presque tous) les contacts sexuels génitaux avec un partenaire sexuel ».

Cette aversion est délimitée selon son apparition et sa fréquence :

  • À vie : depuis tout le temps
  • Acquise : l’aversion est arrivée après une première période sans difficulté particulière
  • Généralisée : elle se produit tout le temps
  • Situationnelle : selon des partenaires, les contextes, les situations, etc.
  • En raison de facteurs psychologiques et en raison de facteurs combinés

Enfin, pour qu’un patient soit diagnostiqué avec un trouble du désir (ou une dysfonction sexuelle), il doit exister un problème psychophysiologique, le problème doit causer une détresse marquée et/ou des difficultés interpersonnelles.

Un détail qui a aussi son importance, ce trouble devra être différencié d’un dysfonctionnement sexuel induit par une substance ou une condition médicale particulière.

[Vidéo] : Les causes d’une baisse de libido

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Manque de désir : quelles sont les causes ?

La fréquence ou la période où est apparue le trouble du désir oriente partiellement le médecin dans la compréhension du problème.

Par exemple, si ce trouble sexuel existe depuis toujours ou non, s’il est généralisé ou situationnel, les causes recherchées ne seront pas les mêmes.

Un trouble du désir ou une aversion sexuelle présente depuis toujours (à vie) est donc souvent due :

  • À des problèmes d’identité sexuelle : identité de genre, orientation ou paraphilies (pratiques « malsaines »)
  • Ou à une mauvaise éducation sexuelle et/ou des antécédents traumatiques : famille trop conservatrice, anomalies du développement lors de la croissance sexuelle ou encore abus sexuels pendant l’enfance/l’adolescence

À l’inverse, des difficultés dans une nouvelle relation peuvent par exemple conduire à un trouble de la libido acquis ou situationnel : il intervient après une période sans difficultés particulières (trouble acquis) ou selon les situations (trouble situationnel).

Comment diagnostiquer une baisse de libido ou un manque de désir ?

Le diagnostic médical visera à déterminer si le manque de désir est en lien avec des facteurs médicaux (maladies, troubles psychiatriques, etc.) et/ou des traitements.

Mais il existe de multiples problèmes interpersonnels ou dus à une combinaison de facteurs ; d’où l’importance de bien s’orienter pour établir un diagnostic en vue du meilleur traitement.

On a remarqué aussi souvent une baisse de libido en lien avec de nombreux troubles psychiatriques, notamment chez les personnes atteintes de schizophrénie ou de dépression majeure.

Parmi les médicaments psychiatriques pouvant entraîner une baisse de libido, nous retrouvons plusieurs classes d’antidépresseurs : 

  • Les inhibiteurs sélectifs du recapture de la sérotonine, 
  • Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline
  • Antidépresseurs tricycliques, 
  • Les inhibiteurs de la monoamine oxydase et antipsychotiques

Donc, un bilan complet est nécessaire lorsqu’on veut traiter un trouble du désir, afin d’écarter une cause médicale ou un éventuel traitement rentrant en conflit avec la libido.

Cet examen requiert dans la majeure partie des cas des analyses de laboratoire (afin de contrôler les taux en testostérone notamment).

Les causes médicales pouvant affecter la libido

Parmi les nombreuses conditions médicales pouvant affecter la libido, on retrouve :

  • Une maladie de la thyroïde
  • La maladie d’Addison
  • La maladie de Cushing
  • Des lésions du lobe temporal
  • Une maladie coronarienne
  • Une insuffisance cardiaque
  • L’insuffisance rénale
  • Des accidents vasculaires cérébraux

Il est important de rappeler aussi que le vieillissement naturel peut diminuer le désir sexuel.

Manque de désir : les traitements

La psychothérapie est une approche courante visant à comprendre et traiter un trouble du désir sexuel.

La psychothérapie

Souvent, une dysfonction sexuelle est causée par des conflits inconscients non résolus. Le traitement visera donc à sensibiliser le ou la patiente à ces conflits et à leur impact dans leur vie.

Toutefois, la psychothérapie à elle seule ne suffit généralement pas, d’où l’importance de l’a combiner avec d’autres approches.

La thérapie de couple est une autre approche intéressante qui a prouvé ses résultats. La relation sera traitée dans son ensemble, et le dysfonctionnement sexuel compris comme un aspect de la relation conjugale.

L’objectif de cette approche est de rétablir une communication ouverte entre les partenaires.

Le thérapeute assigne des devoirs au couple, et les résultats sont discutés lors de la séance suivante. Le couple n’a par exemple pas le droit de se livrer à un comportement sexuel autre que celui assigné par le thérapeute.

Les devoirs commencent par des exercices visant à (ré)apprendre les caresses, afin de favoriser l’intimité et la compréhension du cycle de la réponse sexuelle ; il s’agit de retrouver des émotions pas uniquement en lien avec (l’atteinte de) l’orgasme.

Le couple progresse ainsi dans ses relations sexuelles avec l’encouragement à diversifier ses pratiques, sans nécessairement atteindre l’orgasme.

La thérapie cognitivo-comportementale

Cette approche permet de traiter l’anxiété, la dépression et d’autres troubles psychologiques. Le but sera pour le patient de comprendre les mécanismes qui l’amènent à des pensées automatiques négatives.

Ces pensées négatives entraînent des sentiments négatifs, puis des comportements dysfonctionnels.

L’objectif est donc de recadrer des croyances fausses et irrationnelles à travers des échanges avec un thérapeute.

Le patient devra se concentrer sur ses pensées négatives, des attentes irréalistes et le comportement du partenaire. Ce dernier peut aussi être responsable d’une diminution du désir, notamment si une stimulation physique est insuffisante ou mal appropriée.

Généralement, la thérapie implique les deux partenaires.

Associées à cette thérapie sexuelle, la thérapie psychodynamique et psychanalytique donnent aussi de bons résultats. Toutefois, les troubles du désir permanents et généralisés sont toujours plus difficiles à traiter.

Pharmacothérapie

Plusieurs hormones ont été étudiées pour le traitement des troubles du désir. Par exemple, le remplacement des androgènes est un traitement possible du trouble du désir sexuel hypoactif.

Chez certains patients souffrant d’hypogonadisme (une variation du développement sexuel résultant d’une perte de fonction au niveau des ovaires ou des testicules), la réintroduction d’androgènes exogènes affecte :

  • La fréquence des fantasmes sexuels
  • L’excitation
  • Le désir
  • Les érections spontanées pendant le sommeil et le matin
  • L’éjaculation
  • Les activités sexuelles avec et sans partenaire
  • Les orgasmes par le coït et la masturbation

Malheureusement, la preuve de l’efficacité de la testostérone chez les hommes souffrant d’un trouble du désir sexuel est en conflit. Certaines études ne montrent aucun bénéfice, tandis que d’autres études montrent certains avantages. 

Par exemple, une étude d’O’Carroll et Bancroft a montré que les injections de testostérone avaient une efficacité pour l’intérêt sexuel, mais que malheureusement, cela ne s’est pas traduit par une amélioration de leurs relations sexuelles. 

Les effets secondaires du traitement substitutif par androgènes

Par ailleurs, le traitement substitutif par androgènes comporte de nombreux effets secondaires. Chez les femmes, la supplémentation en testostérone peut provoquer :

  • Une prise de poids
  • L’élargissement du clitoris
  • Une pilosité du visage
  • L’hypercholestérolémie
  • Les changements du risque de cancer du sein à long terme et des facteurs cardiovasculaires 

Chez les hommes, les effets secondaires comprennent :

  • L’hypertension artérielle
  • L’élargissement de la prostate

Quels sont les médicaments ou les aliments qui peuvent améliorer la libido ?

Certains médicaments peuvent être utilisés pour augmenter le désir en raison de leurs profils de récepteurs. 

Par exemple, l’amphétamine et le méthylphénidate peuvent augmenter le désir sexuel en augmentant la libération de dopamine.

Nous savons que le bupropion (un inhibiteur de la recapture de la noradrénaline et de la dopamine) augmente la libido.

Les aphrodisiaques

Les pays arabes utilisent l’ambréine (un constituant majeur de l’ambre gris) depuis des siècles pour augmenter la libido.

L’ambréine contient de l’alcool triterpénique et augmente la concentration de plusieurs hormones, dont la testostérone.

D’autres prennent la peau et les glandes du Crapaud commun (bufo bufo) : ils contiennent de la bufoténine (et autres bufadiénolides), une forme hallucinogène de la sérotonine.

Le ginseng (Panax ginseng) est utilisé aussi depuis longtemps dans la médecine traditionnelle chinoise comme stimulant sexuel. Puissant antioxydant, il améliore la synthèse de l’oxyde nitrique dans l’endothélium des corps caverneux du pénis.

Enfin, la cantharidine (« la mouche espagnole ») stimulerait la sexualité et augmenterait le plaisir sexuel.

Les herbes aphrodisiaques

Nous pouvons citer :

  • Les racines tubéreuses de Chlorophytum borivilianum (aussi appelées musli safed)
  • La Mondia whitei, une plante africaine 
  • Le tribulus terrestris 
  • Le safran (ou crocus sativus
  • La noix de muscade
  • Le palmier-dattier (ou dattier) .
  • La Maca 
  • Le Yohimbe (ou pausinystalia yohimbe

Des aliments aphrodisiaques ?

Enfin, nous pouvons aussi citer des aliments plus communs mais tout aussi connus pour leurs bienfaits :

  • L’ail, qui peut améliorer le flot sanguin dans les organes génitaux
  • Le chocolat noir : il facilite la production de phényléthylamine et de sérotonine, les hormones du « bonheur » ; cela favorise donc globalement la libido
  • L’avocat : riche en minéraux, en acides gras mono-insaturés et en vitamines B6, il améliore les niveaux d’énergie et donc la libido
  • Ou encore les huîtres, riches en zinc et favorisant la production de testostérone.

En conclusion : quelques conseils hygiéno-diététiques contre le manque de désir

Si vous souhaitez « booster » votre libido, nos derniers conseils peuvent être judicieux, en plus de conseils hygiéno-diététiques :

  • Une alimentation plus saine, équilibrée : évitez l’alcool ou la consommation de tabac

La surconsommation d’alcool entraîne à long terme une réduction du flux sanguin vers le pénis et augmente le risque de dysfonction érectile. De manière générale, tout ce qui n’est pas bon pour le cœur, n’est pas bon pour la sexualité ; particulièrement pour l’érection.

En effet, l’accumulation de graisse au niveau abdominal a une fâcheuse tendance à transformer la testostérone en œstrogène.

L’excès de sucre (une étude récente incrimine le pop-corn, les boissons gazeuses, sodas, etc.) présente les mêmes désavantages pour la libido.

  • Une pratique physique régulière : cela permet la sécrétion d’hormones (l’endorphine, la dopamine, l’adrénaline et la noradrénaline) propices au bien-être et donc à la libido
  • Profitez de la luminosité et de l’ensoleillement : cela peut stimuler les sécrétions de testostérone
  • L’importance du sommeil : un sommeil sain et récupérateur est nécessaire pour toutes les sécrétions hormonales
  • Cherchez à évitez ou diminuer le plus possible les sources de stress ou d’anxiété
  • Profitez de la campagne : les villes regorgent de perturbateurs endocriniens ou de toxiques environnementaux 
  • L’utilisation de compléments alimentaires (phytothérapie) : certaines plantes, comme le tribulus terrestris et le zinc stimulent la libido. Demandez conseil à votre médecin pour vous aider à choisir vos compléments : beaucoup de « produits miracles » circulent sur le net sans aucune fiabilité, avec des promesses trop alléchantes

Ces méthodes naturelles favorisent la libido et permettent de l’entretenir : ce sont des gestes indispensables.

Cependant, et comme nous l’avons détaillé dans notre article, un manque ou une absence de désir peut avoir de nombreuses causes : si cela gêne votre sexualité, nous vous recommandons d’avoir un diagnostic médical plus approfondi.

Sources

[Vidéo] : Comment consulter sur Charles.co ?

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