Tout savoir sur l’hymen : croyances, anatomie et anomalies

Vaginisme

La présence de l’hymen, sans rupture, est le signe de la virginité pour beaucoup de cultures conservatrices. Et cette notion de virginité entretient un lien étroit avec la fierté et l’honneur féminin.

Les conséquences de ces croyances sont nombreuses pour les jeunes filles, qui subissent les préjugés autour d’un l’hymen vierge.

Pourtant, l’hymen d’une jeune fille n’est que partiellement fermé. Et ce n’est pas obligatoirement la pénétration qui vient élargir son orifice. 

Il n’est donc pas un indicateur de virginité.

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Croyances autour de l’hymen

L’hymen est une fine membrane qui ferme partiellement l’ouverture vaginale externe.

Même aujourd’hui, de nombreux mythes perdurent concernant son anatomie. Ils reposent majoritairement sur les croyances et un manque de connaissances scientifiques.

Dans les cultures conservatrices, l’hymen est censé représenter la virginité, lorsqu’il n’est pas « déchiré ». Une jeune fille devra donc conserver son hymen « intact » jusqu’au mariage. Dans certaines cultures, si une femme n’est pas vierge lors de la nuit de noces, elle peut apporter la honte et le déshonneur à sa famille.

Ce sont même certains membres de la famille qui commettent des crimes à l’encontre de ces jeunes filles.

Le mari peut décider de tuer sa femme, s’il n’observe pas de saignement à la suite d’un rapport sexuel avec pénétration. C’est donc souvent les saignements qui sont la preuve traditionnelle de la virginité.

Cette ignorance de la structure de l’hymen peut donc conduire à de la violence et ce qu’on qualifie de « crimes d’honneur ». On recense également chez ces jeunes filles des problèmes psychologiques, et parfois même des idées suicidaires.

Le rôle du médecin est donc primordial, pour expliquer l’apparence des organes génitaux : il doit être familier des conditions normales de la pré-puberté, de l’anatomie génitale féminine et de la configuration hyménal.

Hymenaios, le dieu du mariage

Le terme d’hymen renvoie à la mythologie grecque classique et le dieu du mariage : Hymenaios (ou Hyménée).

Souvent considéré comme une « membrane vierge », ce concept a pris toute son ampleur dans les cultures occidentales, depuis l’époque où on souhaitait que les femmes restent vierges avant le mariage.

À l’époque moderne, certains pays à l’attitude plus libérale à l’égard de la sexualité, changent ce point de vue sur l’hymen.

Dans la culture islamique, ce concept est toujours prédominant de nos jours. De même que dans les cultures conservatrices : la présence d’un hymen non-déchiré est censé être le gage de virginité et d’honneur pour la famille.

Que dit aujourd’hui la science ?

Déjà, que l’hymen est une fine membrane (muqueuse) fermant partiellement l’orifice vaginal. Et qu’il représente un reste embryonnaire, provenant du sinus urogénital. Par ailleurs, selon les femmes, sa forme est très variable.

Lors de la puberté, son élasticité augmente, de sorte que la pénétration est possible (masturbation, tampon, pénis etc.) sans rupture et sans saignement.

L’hymen ne peut donc pas être une indication précise de virginité : chez certaines femmes, même la pénétration ne le déchire pas complètement. Et les saignements ne sont donc pas systématiques.

Anatomie de l’hymen

L’hymen est un mince repli de la muqueuse située dans l’orifice génital. Il est perforé (là aussi cela peut prendre plusieurs formes chez les femmes) pour permettre l’évacuation des menstruations.

Son ouverture varie en diamètre : il peut être du diamètre d’une tête d’aiguille ou d’un à deux doigts. Mais chez certaines femmes, l’ouverture est perforée par de multiples petits trous. Sa configuration varie donc beaucoup d’une femme à l’autre.

À la naissance, la forme de l’hymen est généralement annulaire (forme d’anneau), semi-lunaire ou concave.

Quelle est sa taille  ?

Les premières études qui ont évalué la taille normale de l’hymen chez une jeune fille pré-pubère se sont concentrées sur la taille de l’ouverture.

Le diamètre de l’ouverture transversale de l’hymen était par ailleurs un des indicateurs d’abus sexuels fréquemment utilisés.

Malgré tout, la taille normale du diamètre de l’hymen n’est pas clairement établie : certaines études suggèrent cependant qu’un diamètre supérieur à 4 mm est trop large, et le signe d’un abus sexuel sur un enfant.

D’autres estiment que le diamètre de l’hymen peut être de 8 mm en l’absence d’abus sexuels.

Ces confusions sur les valeurs « normales » des diamètres d’ouverture de l’hymen ont conduits d’autres médecins à se focaliser sur la taille du tissu hyménal.

La quantité de tissu présent entre le bord hyménal et le vestibule chez les jeunes filles semblerait d’au moins 1,0 mm de large. Cependant, ces valeurs diffèrent selon l’âge de la jeune fille, le type d’hymen, la position de l’examen, l’état de relaxation ou encore la coopération de l’enfant.

La structure de l’hymen

L’hymen est principalement composé de tissu conjonctif élastique et collagène, recouvert sur ses deux surfaces par un « épithélium pavimenteux stratifié ».

Il s’agit de tissus constitués par des cellules (juxtaposées ou jointives), sans présence de fibres ou de substance fondamentale (par opposition avec les tissus conjonctifs).

Il n’y a aucune trace non plus de kératine (famille de protéines utilisées comme élément de structure).

Par ailleurs, l’épithélium est plus épais au niveau du bord de l’hymen attaché. S’agissant des fibres nerveuses, elles sont seulement présentes au bord de l’hymen. Et il ne comporte pas non plus de cellules nerveuses.

De même qu’il n’y a aucune trace dans l’hymen d’un élément musculaire ou glandulaire. De sorte qu’il n’est pas vascularisé, il est peu probable qu’il saigne, même en cas de déchirement.

Les changements de l’hymen liés à l’âge

Malgré l’absence de différence significative dans la configuration de l’hymen selon l’origine ethnique, il varie fortement selon l’âge.

Chez les nouveau-nées, l’hymen est vasculaire et l’épithélium assez épais. Lors de la pré-puberté, et à cause d’un manque d’œstrogène, le tissu hyménal devient mince et friable. Il n’y a donc pas de distension avant la puberté.

Pendant la puberté, il devient redondant et plus épais. Il a également tendance à se déplier à cette période.

On remarque également que l’hymen gagne en élasticité pendant l’adolescence. Une adolescente sexuellement active, pour cette raison, ne présentera pas forcément de traumatisme.

Pendant la grossesse, l’épithélium de l’hymen s’épaissit encore et devient très riche en glycogène. Enfin, à la ménopause, l’épithélium devient mince, sous l’effet de la privation d’œstrogènes.

Le développement de l’hymen

Il faut comprendre l’embryologie de l’hymen, pour comprendre sa nature, son rôle, et les anomalies qui peuvent survenir.

Alors que le sexe de l’embryon est déterminé lors de la fécondation, les organes génitaux externes se construisent qu’après la 7ème semaine du développement embryonnaire.

Les canaux génitaux commencent par se développer à partir de 2 canaux : le canal de Müller et le canal (ou conduits) de Wolff.

Ces deux canaux fusionnent ensuite pour former le canal utérin (le sort de ces canaux dépend du sexe génétique de l’embryon). Si le sexe est féminin, les canaux de Müller se développent en un utérus, les trompes de Fallope et le vagin.

Plus tard, la plaque vaginale est canalisée de façon centrale, en laissant des cellules périphériques qui formeront l’épithélium dans le vagin.

Pendant la période périnatale, l’hymen se rompt ensuite. Il reste comme un mince repli de muqueuse à l’intérieur du vagin.

Les anomalies

Quelles sont les anomalies possibles de l’hymen ?

Les polypes hyménales et les étiquettes

Ils correspondent à des projections allongées du tissu de l’hymen, dépassant de l’hymen. Ils sont fréquents à la naissance et très petits (moins de 5 mm). La plupart se résolvent spontanément et on les observe rarement après l’âge de 3 ans.

Les crêtes et les bandes hyménales

Cette anomalie congénitale est parfois observée sur la partie externe ou la surface interne de l’hymen. Les crêtes peuvent aussi être localisées sous l’urètre. On retrouve ces anomalies chez près de 86% des nouveau-nées.

Avec le vieillissement, l’hymen devient moins redondant et les crêtes externes se résorbent généralement d’elles-mêmes. À 3 ans, on observe 7% de ces anomalies chez les enfants.

Les encoches hyménales

On définit une encoche comme une entaille de forme angulaire (ou en forme de V) sur le bord de la membrane hyménale.

On observe ces entailles chez 35% des nouveau-nées. Là aussi, elles diminuent avec l’âge, lorsque l’hymen grandit.

Les encoches superficielles disparaissent donc au fur et à mesure.

Hymen non perforé

C’est un phénomène très rare qui toucherait 0,1 % des nouveau-nées. On peut détecter cette anomalie pendant la période néonatale, moins souvent pendant l’enfance. Un hymen non perforé sera par contre remarqué à l’adolescence, avec le début des règles.

Le traitement visera à ouvrir l’hymen chirurgicalement (hymenectomie). C’est une opération très simple, qui donne de bons résultats.

Mais pour des raisons socioculturelles, cela peut représenter un problème chez certaines filles, qui voient leur hymen « détruit » et son symbole de virginité.

Il existe une autre méthode alternative utilisant le cathéter de Foley pour préserver l’hymen. Toutefois, cette chirurgie conservatrice, avec une simple incision et des points de sutures, nécessite un suivi pour exclure la réapparition de l’hymen.

Fonction de l’hymen

L’hymen n’a pas de fonction biologique connue et sa rupture n’a aucune conséquence médicale.

Cependant, ses conséquences psychologiques (et la signification culturelle en tant que signe de virginité féminine) sont importantes.

Dans de nombreuses sociétés, la virginité des épouses avec un hymen intact est fortement désirée, et même exigée.

Une autre hypothèse à la fonction de l’hymen, est qu’il fonctionne en protégeant le vagin de la contamination par des matières fécales et autres, en particulier au début de la vie.

La rupture de l’hymen

L’hymen est généralement rompu lors d’un rapport sexuel. Cette rupture apparaît sous la forme de bords irréguliers et étroits au niveau de la blessure.

Avec le temps, les marges angulaires déchiquetées semblent lissées. Dans la majeure partie des cas, la pénétration n’entraine pas de lésions des tissus visibles. L’hymen guérit donc complètement.

De nombreux médecins s’accordent à dire que le saignement de l’hymen lors de sa rupture n’est pas systématique.

Les autres causes de rupture hyménale peuvent comprendre :

  • L’insertion vaginale d’objets tels que des tampons et des doigts
  • Des activités sportives vigoureuses
  • Les interventions chirurgicales et les chutes sur des objets tranchants

Reconstruction de l’hymen

La reconstruction de l’hymen (hyménoplastie)  est une procédure visant à rétablir sa capacité à saigner lors d’un rapport sexuel, pendant la nuit de noces.

Cette chirurgie est indiquée dans certaines communautés pour protéger une jeune femme de représailles violentes.

L’hyménoplastie est également parfois nécessaire pour des victimes de viol.

Cette opération est généralement réalisée la veille du mariage. Elle consiste à rapprocher les frontières libres des restes de l’hymen, en utilisant des sutures fines et résorbables, afin d’obtenir une occlusion partielle.

Si les restes sont insuffisants, un petit rabat de la muqueuse vaginale est replié sur la paroi vaginale postérieure, en se rapprochant de la paroi antérieure, sous la forme d’une bande en travers de l’anneau hyménal.

La question de la virginité et de la chasteté

La virginité est le fait de ne jamais avoir eu de rapports sexuels. Il a été remarqué que la description « vierge » elle-même montre la subordination des femmes aux hommes.

Le terme latin « virgine » combine le mot « vir », qui signifie « homme » et « genere » qui signifie « engendrer» ou « procréer».

Par ailleurs, les religions juives, chrétiennes et musulmanes attachent toutes de l’importance considérable à la virginité avant le mariage.

En fait, la virginité est plus un état psychologique, qu’une résultante physique d’un hymen intact, car certains hymens sont suffisamment élastiques pour permettre la pénétration, sans se déchirer.

Tandis que la chasteté est un statut de vertu morale.

En conclusion

Les conceptions de la virginité portent beaucoup d’idées fausses. Bien que les jeunes hommes connaissent les règles, ils sont nombreux à ignorer que l’hymen est normalement perforé pour la sortie de ces règles.

Par ailleurs, une pénétration pénienne violente, entraînant des lacérations mineures de la paroi vaginale (plutôt que celle de l’hymen) semble être responsable des “draps tachés de sang”.

L’hymen est donc un mince vestige embryonnaire, qui se referme partiellement pour former l’orifice vaginal.

Et il n’est pas une indication précise de la virginité. Il peut être rompu lors d’un rapport sexuel.

Cependant, certains hymens sont élastiques, ce qui permet d’avoir des rapports vaginaux sans se blesser. En même temps, il peut être accidentellement cassé par l’utilisation de tampons ou par des exercices sportifs intenses.

Sources

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