La sexletter #8, par Charles.co et Claire Alquier

La sexletter #8, par Charles.co et Claire Alquier

Le mot par Charles.co

Bonjour à tous et à toutes, aujourd'hui, nous allons parler de plaisir. Ce plaisir après lequel nous courrons. Qu'il soit gustatif, ludique, social ou sexuel, la vie aurait-elle du sens sans ce fameux plaisir ? 

Pour cette nouvelle newsletter, la sexologue Claire Alquier fait le point sur les zones de notre corps qui peuvent nous faire du bien : les zones érogènes.

Et tout ne se passe pas sous la ceinture, loin de là. Seriez-vous capable de citez les douze zones érogènes qui, en moyenne, font de votre corps, un vecteur de plaisir ? 

On vous souhaite une bonne lecture et surtout une excellente journée.


Petit traité des zones érogènes, par Claire Alquier

Une zone « érogène » est une partie du corps susceptible de provoquer et/ou de participer à une excitation sexuelle. C’est une zone riche en capteur sensoriels (mais pas que), et très sensible au toucher (ainsi qu’à d’autres types de stimulations, on le verra un peu plus bas).

Il existe plusieurs types de zones érogènes (oui, nous allons aussi développer ceci, patience, ça n’est que l’intro !). Encore une fois dans cette newsletter, vous verrez qu’il n’y a pas de règle, ni de vérité immuable.

Aussi, mon premier conseil sera, autant que faire se peut, garder en
mémoire que tout le monde n’est pas réactif aux mêmes zones ni aux mêmes stimulations.

Et que le corps recèle de multiples trésors, sources de plaisir possibles pouvant éveiller et alimenter le désir et l’excitation.

Commençons par le commencement.

Déjà, il existe plusieurs types de zones érogènes. Chic alors ! Voilà une perspective réjouissante !

  • Les zones érogènes primaires : ce sont les zones sexuelles. Et lorsqu’elles sont stimulées, elles peuvent mener jusqu’à l’orgasme. Straight to the point.
  • Les zones érogènes secondaires : leur stimulation va participer à celle des zones sexuelles. Un peu comme un travail en équipe, voyez, chaque membre a son importance et sa place dans la team (que ferait l’attaque sans la défense ?). Elles permettent de favoriser, d’alimenter, d’augmenter excitation et plaisir, sans pour autant être indispensable pour atteindre la jouissance.
  • Les zones érogènes potentielles : je les aime aussi beaucoup celles-là, car elles représentent finalement le corps tout entier, et donc la possibilité pour chacun.e de trouver les siennes.

En théorie donc, toutes les parties du corps sont susceptibles de provoquer des sensations de plaisir qui peuvent participer à la stimulation des autres
zones érogènes.

Mais (il y a toujours un mais !), la compréhension de tout ceci, de nos particularités, de notre propre corps, de notre manière de fonctionner… et bien, cela demande un peu de travail et un peu de temps.

Aussi, il appartient à chacun.e d’explorer, de tester, pour déterminer
quelles sont les zones qui lui sont agréables. Et le point positif à retenir, c’est que comme tout travail : on apprend, on progresse, et on se perfectionne (ah, finalement, c’était un “mais” plutôt cool).

Allez hop, back to school !

Une zone érogène n’est pas forcément sexuelle, mais toute zone sexuelle est érogène. Il est très important de pouvoir décentrer le plaisir des organes sexuels uniquement.

Déjà parce qu’il peut arriver qu’on ne soit pas dans le mood de se faire chatouiller les zones érogènes, et surtout parce qu’on peut voir plus grand : cela peut être le corps tout entier qui peut être utilisé comme outil de plaisir (plus de possibilités, plus de combinaisons !).

Chaque zone érogène demande une stimulation particulière, car nous sommes tou.s.tes différent.e.s. Là aussi, il faut donc trouver la manière dont on aime être touché.e, stimulé.e , et si cela diffère d’une personne à une autre, cela peut aussi bien changer aussi au cours de sa vie.

Par ailleurs, la sensation de plaisir ou d’excitation, ne va pas se limiter à la seule zone sollicitée. En effet, cela va avoir des répercussions sur d’autres zones particulièrement sur les zones sexuelles, c’est ce qu’on appelle la notion de résonance (on est donc toujours sur notre idée de travail d’équipe !).

S’il y a des zones identifiées et acceptées socialement, dont on entend plus volontiers parler : reins, nuque, pieds, mains, creux poplités… Rappelons encore une fois que TOUT le corps peut être érogène.

En plus, le bénéfice secondaire à ceci, est que si la zone est érogène sur la
personne qui reçoit, l’excitation de la personne qui donne peut être tout à fait éveillée : on prend du plaisir et de l’excitation aussi en en donnant.

Travaux pratiques :

On peut tout à fait s’amuser avec nos zones érogènes. On parle bien de n’importe quelle catégorie, pourvu qu’on soit allé à leur rencontre. Une bonne manière pour repérer ses zones érogènes, seul.e ou accompagné.e peut être de créer un contexte favorable à la détente et de se recentrer sur ses ressentis : musique, verre de vin, respiration, un bon bain, dans le noir ou même les yeux bandés (permet une concentration sur ses sensations, un
lâcher prise et une attention sur d’autres sens que la vue)…

Bref, sentons-nous libre d’utiliser ces outils et d’en imaginer d’autres !

Petits tips “plaisir en plus” : une zone érogène peut être frustrée, très utile pour faire monter l’excitation. Et c’est une zone qui peut aussi être surprise : y aller, arrêter, y revenir quand l’autre ne s’y attend pas. On s’amuse !

Si on ne sent “rien” (ce qui peut arriver), pas de panique. C’est parce que la/les zone.s sont endormies. Donc il faut les éveiller tranquillement, et pour ce faire, on conseillera de stimuler les zones et terminaisons nerveuses régulièrement.

De tenter peut-être plusieurs stimulations pour voir ce qui fonctionne sur quelle zone. Et surtout d’y aller doucement (mais sûrement) : y revenir régulièrement est la meilleure astuce pour parvenir à l’animer.

Persévérance est mère de toutes les vertus qu’ils disaient. Et bien “ils” n’ont pas tort. Il a trois réactions qui permettent de repérer qu’une zone n’est pas éveillée :

  • la zone est en sommeil profond, complètement endormie, il ne paraît y avoir aucune sensation,
  • la zone est un peu nerveuse et peut provoquer agacement, tension, voire douleur, la zone est coquinette et est plutôt chatouilleuse.

Passé ce premier constat, la première étape est d’identifier la zone à travailler. Évidemment nous partons du principe que la personne a bien décidé et consenti à mener cette enquête érogène, et que c’est un travail qui s’engage en toute détente.

Pour les éveiller et provoquer des sensations, il faudra une stimulation claire (ça ne veut pas dire brutale ou douloureuse hein), mais le toucher très léger, redoutablement efficace quand la zone est déjà éveillée, peut ne rien produire quand on a déjà l’impression de ne rien sentir.

Il faut être patient.e pour éveiller certaines zones, y passer du temps, accepter que cela en prenne. On peut jouer avec certaines nuances de températures, de la vibration, du tapotement, du pincement, du mouillé, des matières…

Liste non exhaustive, vous le savez ! Attention toutefois à ne pas saturer la zone d’information : on peut tout essayer bien sûr, mais pas nécessairement en même temps.

Et avec les encouragements du conseil de classe !

L’objectif est plutôt d’arriver à une « carte du tendre » ou “cartographie érogène”, avec des zones qui procurent de plus en plus de plaisir, avec des zones variées que l’on peut choisir en fonction de ce dont on a envie au moment où l’on engage un instant de plaisir.

Une zone peut être sensible un jour, mais ne le sera pas forcément le lendemain. Et ça n’est pas grave ! Et on reste bien à son écoute ainsi qu’à celle de son/sa partenaire, une zone non éveillée peut être douloureuse.

Et on ne veut pas faire/avoir mal, comme cela peut parfois arriver surtout au niveau des zones primaires. Donc on y va tranquille. Et comme les zones secondaires et potentielles sont nos alliées, on peut aussi tout à fait envisager de les stimuler et d’oublier un peu les zones sexuelles.

Notre corps possède de multiples ressources, qu’il s’agit de découvrir, en toute tranquillité !

Prenez soin de vous et de vos petites zones !

Le sexiez-vous ? Je ne suis pas toujours la zone que vous croyez ! 


Le classement des zones érogènes des hommes diffère peu de celui des femmes.

Les pieds sont mal classés dans les zones érogènes, tant côté homme que côté femme.

 Classement des zones érogènes féminines, la bouche et les lèvres sont en 3ème et 4ème position.

À tester chez vous, si le cœur vous en dit

La grande quête des zones érogènes

Vous vous souvenez de cette scène dans Friends où Monica simule l'orgasme devant Chandler pour l'éduquer sur les zones érogènes des femmes ?

D'après elle, les femmes auraient 7 zones érogènes (Chandler en est très très surpris), mais les scientifiques s’accordent pour dire que ce chiffre dépasserait les douze.

Car une zone érogène, qu’est ce donc ? On l’a vu un peu plus haut, c’est une zone qui correspond à une partie du corps sensible (de “un peu” à “beaucoup”) à certaines stimulations. 

Mais revenons à Monica : pour expliquer ses zones érogènes et surtout la multitude de possibilités existantes pour en jouer, elle numérote chaque zone, puis montre à un Chandler parfaitement hébété diverses combinaisons de ces fameux numéros.

Finalement, ce qui est chouette dans cette scène, c’est que l’on comprend qu’il peut être intéressant de prêter attention à diverses zones du corps et qu’il n’y a pas de bouton magique tout prêt !

À vous d'enfiler votre plus belle tenue d'explorateur et de partir en quête de vos zones érogènes et celles de votre partenaire ! 

Des chiffres et du sexe