L’impact du Coronavirus, sur le quotidien des Français(es)

Alors que la France est, depuis peu, considérée comme étant au « stade 2 » de l’état d’alerte face au Coronavirus qui sévit dans le monde entier, l’ensemble du pays se prépare à passer au « stade 3 », celui de l’épidémie, prévoyant davantage de restrictions.

Si les mesures pour limiter les risques de propagation se succèdent : fermeture des écoles, interdiction de rassemblement de plus de 5 000 personnes, restrictions pour les voyages non nécessaires… L’application des règles d’hygiène sanitaire n’évoluent pas pour autant. Si la dernière enquête de l’Ifop, en date du 31 Janvier 2020, mettait en exergue le fait que près d’un Homme sur trois ne se lavait pas systématiquement les mains après être allé aux toilettes, qu’en est-il aujourd’hui ? Quel impact ce nouveau virus qui fait trembler les Français(es) a-t-il réellement sur leur quotidien, notamment sur leur comportement d’hygiène, d’achat et sur leur mobilité ? Enfin, en pleine période électorale municipale, l’inquiétude nationale pourrait-elle impacter sur le taux de participation aux prochaines élections municipales ?

Réalisée par l’Ifop le 5 mars 2020, auprès d’un échantillon représentatif de 1.008 personnes, âgées de 18 ans et plus, cette enquête montre que la propagation de ce virus et la panique générale qui règne actuellement a effectivement eu un impact sur la fréquentation de certains lieux publics, et sur les comportements d’hygiène des Français(es) ainsi que leurs rapports aux autres.

La désertification de certains lieux publics

Le Coronavirus, de par le climat d’inquiétude qu’il fait régner, a un impact sur la fréquentation des lieux publics considérés dans l’imaginaire collectif comme des lieux de promiscuité et/ou de contacts physiques susceptibles de favoriser la propagation du virus.

C’est ainsi, qu’au total, un Français sur quatre (25%) a déjà évité récemment de se rendre dans des lieux publics pour ses loisirs ou ses achats (ex : magasin, restaurant, bar, sport…) à cause du Coronavirus, et ils sont presque autant (24%) à envisager de les éviter prochainement. Parmi les lieux de vie les plus impactés on retrouve les bars (21%), les lieux d’activités de groupe (ex : sports collectifs) ou encore les restaurants asiatiques (14%).

3. Charles.co - Ifop - Focus sur l'évitement de certains lieux publics pour ses loisirs ou ses achats

Les plus précautionneux se situent majoritairement au sein de l’agglomération parisienne puisqu’ils sont 36% à déjà avoir évité des déplacements pour leurs loisirs ou leurs achats.

On constate toutefois un impact plus limité sur les déplacements professionnels (9% chez les actifs occupés) et ceux liés à des motifs médicaux chez les professionnels de santé (9%) ou dans une pharmacie (4%).

L’impact sur les comportements d’hygiène et les rapports avec les autres

Malgré le martèlement des messages de prévention sanitaire depuis plusieurs semaines, force est de constater que les mauvaises habitudes des Français(es) en matière d’hygiène corporelle restent très similaires à celles que l’ifop avait pu relever fin janvier avant l’éclatement de la crise.

Les Français appliquent à peine plus qu’avant les bons gestes de prévention : ils sont seulement 72% à se laver systématiquement les mains après être allés aux toilettes (+1 point par rapport au 31 janvier), 54% avant de passer à table (+5 points) et 47% après avoir pris les transports (+2 points).

Question: Très franchement, à l’heure actuelle, est-ce que … ?

De même, seuls un quart des Français déclarent se laver les mains systématiquement après s’être mouchés (25%) et 42% à penser à se couvrir avec un bras ou un mouchoir lorsqu’ils toussent ou éternuent ou à cracher dans un mouchoir unique, preuve que les messages de préventions diffusés depuis plusieurs semaines n’ont pas réellement d’impact.

En ce qui concerne le contact physique avec autrui, le respect des règles sanitaires est, là encore, peu, voire pas du tout respecté par la majorité des Français(es) : seul un quart d’entre eux (25%) déclarent adopter les “bons comportements”, c’est-à-dire de ne pas serrer la main aux inconnus pour se présenter, et seuls 9% déclarent ne pas faire la bise à leurs proches.

5. Charles.co - Ifop - Focus sur les risques pris par les francais lors des rites de salutation

Fortement influencés par les règles de politesse de base, les Français(es) restent encore fortement attachés à leurs traditions salutaires, quitte à s’exposer aux risques de contamination : 85% continuent de serrer la main à leurs proches (dont 26% systématiquement), et 75% continuent de serrer la main aux inconnus pour se présenter (dont 11% systématiquement).

Tout comme la traditionnelle bise, qui reste encore un rite de salutation bien ancré dans les mœurs : 91% des Français continuent de la faire à leurs proches (dont 31% de manière systématique).

Des habitudes que les jeunes de moins de 25 ans ne sont pas près d’oublier, puisqu’ils sont globalement plus nombreux (87%) à continuer de serrer la main aux inconnus pour se présenter ou les saluer (contre 64% des seniors), et 63% à continuer de faire la bise aux inconnus (contre 23% des seniors).

Une disparité que l’on retrouve également au niveau géographique : 53% des habitants du Sud-Ouest continuent de faire la bise aux inconnus pour se présenter ou se saluer, contre seulement 34% des Franciliens.

L’impact du Coronavirus sur les comportements d’achat

La multiplication des cas de Coronavirus ces derniers temps fait ainsi souffler un vent de panique au sein de l’hexagone, qui se manifeste par des comportements d’achats inhabituels de la part des Français : 26% ont déjà effectué des achats de prévention. Parmi les denrées les plus plébiscitées, on retrouve les stocks de savon ou gel hydro-alcoolique pour les mains (18%), de produits alimentaires (11%), de masques de protection (8%) et des stocks de médicaments et autres produits pharmaceutiques (7%).

Question: Depuis l’éclatement de l’épidémie de Coronavirus en France, est-ce que vous ou un membre de votre foyer a acheté plus qu’à l’accoutumée … ?

Les personnes les plus concernées par ces achats sont globalement les jeunes de moins de 25 ans (45%), les habitants de la région parisienne (30%) les personnes ayant des proches ayant déjà fait l’objet d’une mesure de confinement ou de quarantaine (49%), et celles qui déclarent éviter des déplacements de loisirs ou d’achat (49%).

Pour autant, on observe aucun impact potentiel sur la dématérialisation de certains comportements tels que les achats en ligne. En effet, la grande majorité des Français (82% en moyenne), n’envisage ni plus ni moins qu’auparavant de faire leurs courses sur internet, d’effectuer une téléconsultation avec un médecin ou de se faire livrer à domicile leurs médicaments.

7. Charles.co - Ifop - Coronavirus et comportements des Français

Un impact inattendu sur les prochaines élections municipales

Chose plus surprenante encore, il apparaît que le Coronavirus pourrait également avoir un impact sur la participation des citoyens Français aux prochaines élections municipales. En effet, près de trois électeurs sur dix (28%) déclarent être susceptibles de ne pas se rendre dans un bureau de vote durant les prochaines élections municipales à cause des risques de transmission.

1. Charles.co - Ifop - Impact du coronavirus sur la participation aux élection municipales

Le point de vue de l’expert : François Kraus Directeur du pôle Politique/Actualité à l’Ifop

L’analyse détaillée des résultats montre que cette démobilisation n’affecterait pas de manière similaire toutes les catégories de l’électorat. Les électeurs les plus susceptibles de ne pas se rendre aux urnes sont surreprésentés chez les habitants de la région parisienne (25%), les cadres et professions intellectuelles supérieures (28%) ainsi que chez les jeunes de moins de 35 ans (23%) et les étudiants (29%). À l’inverse, les seniors, pourtant les plus exposés aux risques de transmission, sont moins nombreux (11%) que la moyenne (16%) à être « certains » de ne pas aller voter à cause du virus.

Enfin, politiquement, les électeurs de la droite s’avèrent les moins susceptibles de s’abstenir pour ce motif (23% à 25% des électeurs des candidats LR et DLF à l’élection présidentielle de 2017), contrairement aux électeurs situés aux deux extrêmes de l’échiquier politique qui sont beaucoup plus nombreux que la moyenne (28%) à déclarer qu’ils ne comptent pas aller voter à cause du virus (31% des électeurs lepénistes, 30% des électeurs mélenchonistes).

À propos de Charles.co : Charles.co est une plateforme de santé dédiée aux hommes. Créée en Avril 2019 par Simon Burellier et Olivier Algoud, la plateforme Charles.co intègre information et téléconsultation avec un médecin spécialiste pour aider les hommes à résoudre leurs problèmes de santé sexuelle en toute confidentialité et sécurité.

Vous pouvez retrouver l’infographie ainsi que l’enquête réalisée par l’Ifop dans son intégralité.