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Traitement PrEP : comment ça marche ? Est-ce vraiment efficace ?

Traitement PrEP : comment ça marche ? Est-ce vraiment efficace ?

Le traitement PrEP est un traitement préventif contre le VIH. Déjà bien démocratisé, 30 000 personnes en France sont sous PrEP. Mais peut-être vous demandez-vous comment fonctionne cette solution ? La PrEP peut-elle remplacer le préservatif ? Est-elle suffisamment efficace ? On vous explique tout.

Rappel : qu’est-ce que le VIH ?

Le VIH est le virus de l’immunodéficience humaine. Il s’agit d’une infection sexuellement transmissible très grave puisqu’elle détruit petit à petit les défenses immunitaires du patient. Toute personne sexuellement active peut contracter le VIH ; les hommes homosexuels ne sont pas les seuls concernés. D’ailleurs, le virus se transmet aussi par le sang, bien que la voie sexuelle soit la plus courante.

L’infection par le VIH commence par une phase qui est soit asymptomatique, soit similaire à un syndrome grippal. De cette façon, l’infection passe souvent inaperçue. Elle n’est pas diagnostiquée et, du coup, elle n’est pas traitée convenablement. Ensuite, le virus reste dans l’organisme et l'affaiblit durant plusieurs années. Pendant toute cette période, le patient n’a pas de symptôme mais transmet le virus autour de lui lors de rapports sexuels non protégés. Enfin, lorsque le système immunitaire est rompu, c’est la phase finale de l’infection qui se déclare : le sida (syndrome de l’immunodéficience acquise). Les malades du sida sont sujets à de nombreuses pathologies opportunistes qui, bien souvent, entraînent la mort du patient.

Le diagnostic précoce de l’infection est l’un des enjeux principaux dans la prévention du VIH. Plus la pathologie est connue tôt, plus la prise en charge sera efficace. S’il n’est pas possible de guérir d’une infection par le VIH, il existe tout de même un traitement : la trithérapie (combinaison d’antiviraux). Celui-ci permet d’améliorer la qualité de vie des personnes séropositives et de ralentir l’évolution de l’infection vers le sida.

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Qu’est-ce que le traitement PrEP ?

PrEP signifie Prophylaxie Pré-Exposition (ou Pre-Exposure Prophylaxis en anglais), autrement dit traitement préventif avant exposition au virus. Ce traitement consiste à prendre un médicament antirétroviral pour éviter une contamination par le VIH.

Le traitement PrEP permet de rester séronégatif, même en cas d’exposition au virus du VIH. Pour les populations à haut risque de contraction de l’infection, ce traitement médicamenteux est une belle avancée. Toutefois, il faut le suivre scrupuleusement pour qu'il soit efficace.

À qui est destiné le traitement PrEP ?

Rappelons d’abord que ce traitement s'adresse aux personnes n’ayant pas le VIH. La PrEP n’est pas un traitement curatif pour les personnes séropositives.

Le traitement PrEP est en fait conçu pour les personnes n’ayant pas toujours des rapports protégés et faisant partie des populations à haut risque de contraction du VIH. Il peut donc s’agir :

  • d’hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes ;
  • de personnes transgenres ;
  • d’usagers de drogues en intraveineuses avec partage de seringues ;
  • de travailleurs et travailleuses du sexe ;
  • de personnes originaires de régions à forte prévalence (par exemple d’Afrique subsaharienne) ;
  • ou de personnes ayant plusieurs partenaires sexuels.

Précisons que ces catégories de personnes ne sont pas des critères de sélection. Ce n’est pas parce que vous ne vous reconnaissez dans aucune catégorie que vous n’aurez pas accès à la PrEP. La prescription se fait au cas par cas, en fonction de la situation de chacun.

De quoi est composé le traitement PrEP ?

La PrEP se compose de deux molécules actives contre le VIH : l’Emtricitabine et le Ténofovir disoproxil. Elles sont administrées par un seul comprimé réunissant les deux molécules.

Le nom commercial de la PrEP en France est Truvada.

Comment prendre la PrEP ?

La PrEP se prend par voie orale. Il convient d’avaler un comprimé avec un grand verre d’eau.

Concernant la posologie, deux schémas existent :

  1. La prise en continu : le patient prend 1 comprimé par jour, toujours à la même heure. Un décalage de deux heures maximum est cependant admis.
  2. La prise ponctuelle (PrEP à la demande) : le patient prend 2 comprimés entre 24 et 2 heures avant le rapport sexuel, puis 1 comprimé le lendemain et 1 comprimé le surlendemain.

Le choix du schéma dépend de la situation de chacun et du sexe de la personne (on privilégie le schéma continu pour les hommes par exemple). Votre médecin pourra vous conseiller la meilleure solution pour vous.

De plus, il est important de noter que le schéma ponctuel exige davantage de rigueur dans la prise des comprimés. Il faut les prendre exactement aux mêmes heures.

Bon à savoir : être sous PrEP s’accompagne toujours d’un suivi médical régulier. Par exemple, il vous faut réaliser une sérologie VIH, de l’hépatite C (VHC) et des autres IST tous les 3 mois. En effet, il est important de conserver un résultat de sérologie HIV1 et HIV2 négatif. De même, les vaccins contre l’hépatite A et l’hépatite B (VHB) sont fortement recommandés.

Le traitement PrEP est-il efficace à 100% ?

Concernant l’efficacité du traitement PrEP, les études démontrent qu’il n’y a eu aucune transmission du virus chez les personnes qui prennent correctement le traitement.

Toutefois, puisque le risque 0 n’existe pas, il est recommandé de coupler cette méthode avec le port du préservatif afin d’être pleinement protégé.

La PrEP présente-t-elle des effets secondaires ?

Généralement, la prise de la PrEP n’a pas d’effets secondaires lourds. Mais comme tout médicament, la PrEP peut présenter quelques effets indésirables légers dans les premières semaines du traitement : nausées ou maux de tête par exemple.

Toutefois, dans des cas très rares, un effet secondaire de la PrEP peut être une insuffisance rénale chez certains patients.

À lire aussi : quelles sont les 4 IST les plus fréquentes ?

Comment se procurer le traitement ? Faut-il une ordonnance ?

Il y encore peu de temps, la première prescription de PrEP devait forcément se faire par un médecin exerçant dans un service hospitalier qui prend en charge les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) ou dans un CeGIDD hospitalier.

Mais depuis avril 2021, n’importe quel médecin prescrire et renouveler la PrEP : médecin généraliste de ville, CeGIDD, établissement médico-social, etc. Cela permet de faciliter l’accès à la PrEP et, donc, de favoriser la protection contre le virus de l’immunodéficience humaine.

Pour récupérer votre traitement PrEP en pharmacie, il faudra présenter une ordonnance. En effet, la prescription médicale est obligatoire pour ce médicament.

Enfin, sachez que la sécurité sociale prend en charge le prix de la PrEP.

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La PrEP remplace-t-elle le préservatif ?

Comme nous vous le disions, la PrEP est très efficace, mais elle ne dispense pas du port d’un préservatif pour plus de sécurité. De plus, si le traitement protège du VIH, il n’a aucune efficacité sur les autres IST ! Le préservatif est donc la seule solution pour se protéger de toutes les infections génitales.

Dans le couple, un autre cas de figure existe. Lorsque la charge virale devient indétectable chez la personne séropositive (grâce à une trithérapie efficace), le virus ne peut plus se transmettre. Ainsi, le partenaire n'est plus exposé, il ne peut pas contracter le VIH. Lorsqu’un test IST a été fait (et qu’il est revenu négatif), les partenaires peuvent alors avoir des relations sexuelles librement, sans préservatif ni traitement PrEP.

PrEP ou TPE : quelles différences ?

TPE signifie Traitement Post-Exposition. Il s’agit d’une trithérapie anti-VIH à prendre après une exposition au virus afin de bloquer l’infection. C’est un traitement à suivre pendant 1 mois et à commencer le plus vite possible ! Idéalement, le TPE doit être administré dans les 4h suivant le rapport sexuel, ou au plus tard dans les 48h. Plus le patient prend le TPE rapidement, plus celui-ci sera efficace.

En cela, le TPE et la PrEP n’ont pas le même objectif et ne s'adressent pas aux mêmes personnes.

Quelle est la meilleure solution pour se protéger du VIH ?

La meilleure solution pour se protéger du VIH et des autres IST (chlamydia, syphilis, herpès génital, papillomavirus, trichomonase, etc) est le préservatif. Il s’agit de la protection la plus efficace mais il faut faire attention à l'utiliser correctement. Vous devez porter le préservatif masculin du début à la fin du rapport sexuel, qu’il s’agisse de pratiques vaginales, anales ou bucco-génitales. Les professionnels recommandent tout autant le préservatif féminin. Les rapports sexuels non protégés, lorsque vous ne connaissez pas avec certitude la situation de votre partenaire, sont à prohiber.

Ensuite, une autre arme efficace pour freiner la propagation du virus est le dépistage. Il est important de se faire dépister car de nombreuses IST, y compris le VIH, sont silencieuses. Il ne faut donc pas attendre d’avoir des symptômes pour agir ; auquel cas, vous passerez probablement à côté d’une infection. Le dépistage est important pour vous puisqu’il permet un diagnostic précoce et une prise en charge médicale plus efficace. Mais il est aussi important pour les autres puisqu’il permet de freiner la circulation du virus.

De nos jours, il est très facile de se faire dépister. Vous pouvez vous rendre dans un CeGIDD afin de réaliser un dépistage gratuit et sans ordonnance de toutes les IST. Concernant le virus du sida, il existe des tests VIH en pharmacie. Ils permettent de réaliser un auto-dépistage à la maison, en toute discrétion. Ces autotests VIH ont rendu le dépistage du virus accessible à tous.

Enfin, la PrEP est aussi une très bonne solution pour se prémunir d’une infection par le VIH. Elle permet de protéger efficacement les personnes les plus vulnérables face au virus. Toutefois, elle ne s’adresse pas à tous et nécessite de poursuivre le port du préservatif en parallèle.

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